La culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié

Publié le par Avec SCSM

C’est quoi le bonheur ou le bien-être ? Avoir une belle villa, une belle voiture, un compte bancaire bien garni, un bon boulot et une bonne santé… ? Certes ce sont là les ingrédients de la félicité même. Mais des moments d’intense bonheur peuvent se vivre à la lecture d’un bon livre, l’écoute d’une bonne musique, la vue d’un bon film ou pièce de théâtre et surtout  au sentiment  d'être fier d'être soi-même, un sentiment que seule la culture procure. Car la culture est le sel du bien-être qui s’il se réduit aux seuls chiffres macro-économiques risque d’avoir un goût d’inachevé. Ne dit-on pas que « la culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié ? »* 

Invités du ministre français de la Culture, M. Frédéric Mitterrand, le Conseiller de Sa Majesté le Roi, M. André Azoulay et le Ministre de la Culture, M. Bensalem Himmich, ont participé ce week-end au Forum international d’Avignon consacré à la rationalisation et à l’optimisation des relations entre les mondes de la culture, de l’économie et des médias.

Trois cents personnalités venues de l’Union Européenne, d’Amérique du Nord et du Maghreb ont ainsi débattu pendant trois jours de « l’innovation culturelle pour construire la croissance de l’après crise à partir d’un nouveau modèle économique intégrant la création artistique et les industries de la culture comme espace de création de richesses ».

MM. André Azoulay et Bensalem Himmich ont mis en relief dans cette perspective l’émergence au Maroc d’une dynamique culturelle qui s’impose graduellement comme un facteur déterminant de cohésion sociale et d’attractivité territoriale dans plusieurs régions du pays.

Le débat en cours au Maroc sur la nécessité « d’aller au-delà de la seule lecture statistique et traditionnelle du PNB pour penser le monde de demain » a également contribué aux nombreux échanges du Forum d’Avignon autour de « l’urgence de remettre à niveau les indicateurs conventionnels de performance économique et sociale en les élargissant à la culture, au bien-être et à l’éducation ».

Evoquant le programme de la Fondation Euro-Méditerranéenne Anna Lindh, M. Azoulay qui est également membre du Comité stratégique du conseil culturel de l'UPM a souligné « la centralité de la diversité culturelle en tant que fondement stratégique de la légitimité de l’Union pour la Méditerranée » notant au passage que dans les 43 pays membres de cette Union, les industries culturelles génèrent actuellement des flux financiers et commerciaux supérieurs à 1 milliard d’euros et emploient plus de 6 millions de personnes.

La conjonction significative et heureuse de ces réalités économiques et sociales et de la centralité culturelle choisie par l’Union pour la Méditerranée doit inciter et encourager les Etats à se montrer moins frileux pour doter le secteur culturel des moyens et de l’attention qu’il mérite a souligné le Président de la Fondation Anna Lindh en rappelant que malgré les aléas politiques, cette institution demeure l’une des plus dynamiques de l’espace socio-culturel euro-méditerranéen.

(*) Edouard Herriot

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