La médecine du «mesquine» : Le Ramed, un flop comme l’AMO ?

Publié le par Karim El Maghribi

Chankou1.jpg

Après l’effet Ramid sur des tribunaux surchargés et manquant de tout, l’effet Ramed  sur des hôpitaux bondés de monde où le malade est invité parfois à dormir à même le sol ? Voilà une question- à jeu de mots*- qui résume bien toutes les interrogations que les Marocains n’ayant pas accès aux soins gratuits -ou à la portée de leurs  bourses- se posent ou ne cesseront de se poser.

 

En effet il y a un risque sérieux que ce nouveau sésame, appelé Ramed (Régime d'assistance médicale pour les économiquement démunis), soit un flop comme le fût un autre régime, en l’occurrence celui de l’Assurance Médicale Obligatoire (AMO) qui depuis son entrée effective en application, en 2005, a montré que non seulement il n’est pas obligatoire, mais pas du tout, mais qu’il est en plus hautement aléatoire ; c’est-à-dire que non seulement des dizaines de milliers de salariés n’en profitent pas ou n’en ont jamais bénéficiés mais que même les heureux élus qui ont une couverture AMO dont les primes sont pourtant payées régulièrement par les chefs d’entreprises, se voient remboursés souvent moins de la moitié du montant de leurs factures de soins quand ce n’est pas zéro dirhams si les médicaments prescrits ne sont pas des génériques usinés dans des laboratoires locaux par un procédé copier-coller des plus primaires ; ce qui rend leur effet aussi inefficace que placebo !


En tout cas souhaitons bon vent et bonne chance au Ramed et la jolie carte magnétique qui va avec, et prions pour ça ne soit pas une sorte de nouvelle poudre aux yeux ou un certain « Ramed 3ala al 3oyoun. »


En attendant, le Ramed obtient déjà une victoire. Une grande victoire contre les moqaddems et les choiukhs véreux (c’est déjà ça). La carte magnétique Ramed qui sera délivrée aux 8,5 millions des ayants droit (à revenu annuel inférieur ou égal à 5.650 DH par personne composant le ménage résidant au Maroc en milieu urbain) contre une contribution annuelle de 120 DH par personne (gratos pour les revenus  annuels inférieurs ou égal à 3.767 DH) les dispense une fois pour toutes du fameux certificat d’indigence jusqu’à alors indispensable pour se faire soigner dans un hôpital public. Sésame qui peut coûter chaque fois entre 20 et 50 dirhams de frais officieux selon le climat et la tronche du client.


C’est « vermeilleux » tout ça… Surtout que le Ramed nous permet aussi de savoir  qu’il y a quelque 9 millions de fauchés et sans le sou au Maroc. Une autre victoire contre la statistique aléatoire…

 

(*) On s'excuse M. Ramid d'avoir mêlé votre nom à ce billet. C'est sans arrière pensée.

Publié dans Coup de gueule

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article