La Turquie reconquit le Monde arabe

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou1.jpgAprès avoir longtemps dominé le Monde arabe, la Turquie ottomane remet ça. Cette fois la conquête turque se fait par le biais de l’image que véhiculent les médias internationaux en mal d’événement, une arme beaucoup plus féroce que l’épée.

Depuis que la Turquie des néo-ottomans, comme aime se définir le premier ministre AKP (parti islamiste) Recep Tayyip Erdogan, a essuyé une fin de non recevoir claire et ferme de la part de la France de Sarkozy quant à son adhésion à l’Union européenne, Ankara s’est mis à chercher à reconquérir le Monde arabe, surtout que l’Egypte, son traditionnel leader, est très affaiblie par les problèmes de succession et par la concurrence sans relâche que lui livre la puissante et riche Arabie saoudite qui veut garder son influence intacte au sein de la famille arabe.

Les néo-ottomans, drivés par la mouvance AKP, savent qu’en reprenant le contrôle du Monde arabe du moins par le truchement de ses peuples (que seule la Palestine réunit unanimement), ils pèseront lourd aussi bien face à l’Union européenne qui fait mine d’ignorer leur demande d’adhésion que face à l’OTAN où Ankara est présente mais sans réel pouvoir de décision.

Ankara dirigeant le Monde Arabe est une carte gagnante à 100 %. Jusqu’à l’arraisonnement musclé (et disproportionné pour ne pas dire irréfléchi) du premier navire battant pavillon turc de la flottille « Liberté » pour Gaza il y a 48 heures, et qui a fait 19 morts (16 Turcs) et plusieurs blessés, les dirigeants turcs ne savaient pas encore comment s’y prendre pour gagner le cœur des masses arabes, l’incident du 29 janvier 2009 où Erdogan avait claqué la porte de Davos après une
altercation avec le président israélien Shimon Peres et celui du feuilleton turc qui montre les soldats israéliens comme des fans du canardage des enfants palestiniens ayant fait long feu. Maintenant ils ont ce qu’ils cherchent et, passez moi l’expression, ça n’a pas coûté gros. Ankara d’AKP championne du Monde arabe, jamais Le Caire même du temps de Nasser et de sa Radio « La Voix des Arabes » n’en avait rêvé.
Merci à qui ?

Publié dans Edito

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