Le forum Anna Lindh, maillon fort de la chaîne euroméditerranéenne

Publié le par europral.eu & menara.ma

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En faisant converger à Marseille 1.500 leaders de la société civile euro-méditerranéenne et plus d'une quarantaine de présidents des parlements de la région, la Fondation Anna Lindh a «redonné une immense énergie à la citoyenneté méditerranéenne», a affirmé à Bruxelles M. André Azoulay, Conseiller de S.M. le Roi et Président de la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures. 

Ayant pris la parole aux côtés de M. Martin Schultz, Président du Parlement Européen et de M. Saed Hayel Srrour, Président de la Chambre des représentants de Jordanie lors de la IXe session plénière de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée, M. Azoulay a qualifié le Forum Anna Lindh, qui vient de se réunir à Marseille (4-7 avril), «d'étape méditerranéenne sans précédent parce qu'elle a su mobiliser les parlementaires, la société civile et les grands responsables territoriaux pour débattre de la refondation du partenariat euro-méditerranéen, confronté simultanément aux profonds changements que connait la rive sud et à la prolongation de la crise économique dans l'espace de l'Union Européenne». 

Le nouvel agenda qui se profile dans cette perspective pour l'Union pour la Méditerranée devra prendre en compte l'universalité des valeurs de liberté, de démocratie et de dignité qui se conjuguent désormais de la même façon des deux côtés de la Méditerranée, a ajouté le Président de la Fondation Anna Lindh en appelant les 250 parlementaires, réunis dans l'enceinte du Parlement Européen, à se réapproprier ce débat dans leurs pays respectifs.

Forte du succès de son forum de Marseille, du soutien du Parlement européen et de l'Assemblée Parlementaire de l'Union pour la Méditerranée, la Fondation Anna Lindh va accélérer la mise en œuvre  de son programme pour contribuer à plus de cohérence entre le politique, l'économique et le culturel dans l'espace euro-méditerranéen, a souligné M. Azoulay en rappelant les chantiers ouverts par la Fondation sur la mobilité, les défis de la migration ainsi que sur la résistance aux amalgames et à la stigmatisation qui nourrissent extrémisme et peurs irrationnelles en Méditerranée.

 

Ci-après le discours de Martin Schultz :

 

 

Discours d'ouverture de la plénière de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée

Discours
Bruxelles -
12-04-2013
Affaires étrangères

(seul le texte prononcé fait foi)

Monsieur le Président Michel Vauzelle,  chargé de mission du Président de la République française pour la Méditerranée et Rapporteur du Forum des autorités locales de la Méditerranée,
Monsieur le Président de la fondation Anna Lindh, Cher André Azoulay
Monsieur l'Ambassadeur Al-Zoubi représentant la co-présidence de l'UpM,
Madame la Secrétaire générale adjointe de l'UpM
Madame la Directrice  de la Banque européenne d'investissement,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Chers Collègues,
Excellences,
Mesdames et messieurs,

Permettez-moi tout d'abord de vous ous souhaiter la bienvenue au Parlement européen, à Bruxelles, pour cette IXème session plénière de l'Assemblée parlementaire de l'union pour la Méditerranée.

Un an déja ! Oui, voilà un an qu'à Rabat j'ai pris pour le Parlement européen la Présidence de notre Assemblée, qu'à l'issue de notre réunion je transmettrai à la Jordanie qui l'assurera pour l'année à venir à l'issue de notre réunion de ce matin.

Le temps a passé bien vite et je voudrais ici saisir cette occasion pour vous dire ce que je retire de cette année de Présidence.

Je reviens de Marseille où, vous le savez, s'est tenu dimanche dernier, à mon initiative, le premier Sommet des Présidents des Parlements des paysmembres de l'Union pour la Méditerranée.

Au delà de la déclaration que nous avons adoptée à l'unanimité, il y a je crois une chose à retenir de ce sommet : c'est que, au Nord comme au Sud de la Méditerranée, s'exprime toujours un formidable besoin de continuer à travailler ensemble.

Et ce malgré la crise économique qui sévit en ce moment partout, les soubresauts politiques qui ont secoué la région ces dernières années et il faut bien l'avouer, le  désintérêt de nos gouvernements pour la région, du moins pour ce qui concerne ceux de l'Union européenne.

Comment dès lors répondre à ce besoin ?

Puisque je viens d'évoquer la crise économique, laissez- moi ici vous faire part d'un parallèle frappant qui m'est apparu entre ce qui se passe chez nous en Europe et l'avenir de la région méditerranéenne.

Vous connaissez les débats qui ont lieu au sein de l'Union européenne pour savoir comment sortir de la crise actuelle et les discussions qui ont entouré la préparation du budget européen pour les années à venir.

Faut-il continuer dans la voie de l'austérité au niveau des politiques économiques nationales et  se contenter d'un budget de l'Union plus modeste ?

Ou doit-on au contraire, comme je l'ai défendu, assurer la capacité de l'Europe à préparer son avenir en encourageant davantage les investissements et les politiques de croissance au lieu de politiques d'austérité?

Ce débat central je crois qu'on le retrouve finalement, presque à l'identique, au niveau de la coopération entre l'Europe et la Méditerranée.

Avec d'un côté une ligne dure, qui est un peu la ligne actuelle, et qui consiste à ne pas apporter les réponses et les moyens financiers qui s'imposent face aux formidables défis de la région méditerranéenne.

Et de l'autre une ligne plus ambitieuse qui consiste à dire que c'est précisément maintenant qu'il faut donner un nouvel élan à la coopération entre nos pays si on veut éviter à nos sociétés, des deux côtés de la Méditerranée, de rater le train de l'Histoire.

Mes chers collègues,

Je crois que c'est précisément parce que ces questions se posent en des termes très similaires que dans les deux cas, c'est à nous, Parlementaires, de tirer la signal d'alarme auprès de nos gouvernements et de nos opinions publiques, pour tenter d'inverser les tendances à l'oeuvre en ce moment.

Tout comme nous nous sommes souvent efforcés, ici au Parlement européen et au sein des Parlements nationaux des Etats Membres de l'Union européenne, de rappeler la nécessité de préserver les perspectives de croissance et l'avenir de la jeunesse européenne, c'est aussi à nous, Parlementaires des deux rives de la Méditerranée, de nous faire les porte-paroles de la cause méditerranéenne dans nos pays respectifs.

C'est peut être le message principal que je retiens de cette Présidence d'un an de notre Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée :

Qu'il nous revient à nous, malgré l'indifférence, malgré les incertitudes, malgré aussi les moyens limités de notre Assemblée, d'agir en tant que Parlementaires auprès de nos gouvernements et dans nos Parlements pour donner à la coopération euro-méditerranéenne les moyens qu'elle mérite.

C'est ce que nous, au Parlement européen, nous efforcerons de faire concernant en particulier le volet "coopération" du budget européen. J'en prends l'engagement ici et attend bien sûr de vous que vous travailliez en ce sens au sein de vos Parlements.

Comment, me direz-vous, devons nous procéder au juste et quelle forme donner aujourd'hui à cette coopération euro-méditerranéenne ?

Je crois que les débats que nous aurons aujourd'hui nous indiquent le chemin, ou du moins des voies possibles à explorer.

J'en vois trois :

1. Nous devons d'abord, mes Chers collègues, ne pas oublier que nous sommes l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée, et qu'il faut donc mettre au coeur de nos priorités les projets portés par le Secrétariat de l'UpM ! C'est là je crois notre meilleure raison d'être si on veut consolider cette dimension parlementaire de l'UpM que nous représentons.

C'est ce que nous nous sommes efforcés de faire au cours des derniers mois et avec succès je pense:

Une réunion du Bureau s'est tenue au Secrétariat de l'UpM, à Barcelone, le mois dernier afin de renforcer nos relations avec le Secrétariat et nous avons également nommé l'année dernière une personne de contact chargée pour notre Assemblée d'assurer la liaison entre nous et Barcelone.

Je me suis également efforcé au cours des derniers mois, avec leurs Présidents, de recentrer les activités des commissions de notre Assemblée sur les projets de l'UpM.

Cependant je ne peux que vous inviter, Chers Collègues, à poursuivre dans cette voie en vous mobilisant davantage pour les projets portés par le Secrétariat. Allez à Barcelone ! Saisissez vous de ces projets ! Aidez le Secrétariat de l'UpM dans vos capitales respectives à trouver des fonds pour financer ces projets !

Nous ne pouvons attendre : c'est cette année en effet, en 2013, que nous devons montrer que l'UpM peut répondre aux ambitions qui étaient les siennes en mettant en oeuvre des projets sur le terrain, comme nous en débattrons dans un instant.

Je suis confiant que vous entendrez ce message et je vous remercie vivement pour l'aide que vous pourrez apporter au Secrétariat de l'UpM dans ce domaine.

2. La deuxième voie, c'est de continuer à faire de notre Assemblée une instance de débats et de rencontres pour tous les acteurs de la coopération euro-méditerranéenne.

J'ai particulièrement insisté sur cet aspect au cours de ma Présidence. J'ai ainsi pu réunir  à Bruxelles au mois de novembre dernier la première rencontre inter-institutionnelle  en présence de la Co-Présidence de l'UpM, du Secrétaire Général, du Commissaire Füle et de la BEI.

Certaines de nos commissions ont également œuvré en ce sens, et je les en remercie.

Nous verrons par exemple tout à l'heure comment la commission politique et la commission des femmes se sont intéressées à la question de la représentation des femmes dans la vie politique à l'heure des transitions démocratique arabes où encore comment la commission "Energie" a porté elle-même des projets comme la campagne "Let's do it" ou les éco-villages.

C'est exactement je crois ce qu'on attend de nous : écouter, débattre et, peut, être proposer des initiatives sur les questions clefs pour l'avenir de la région.

Nous devons continuer dans cette direction car elle est gage pour nous d'une meilleure compréhension des enjeux et des développements dans la région, et donc de notre capacité à les influencer.

3. Enfin, il y a aussi une autre voie à suivre, peut être moins institutionnelle et laissant plus de place à vos initiatives, à vos idées, à votre créativité : c'est finalement de se demander ce que chacun de nous peut faire, à son niveau, pour faire avancer les choses.

Il sera ici je pense intéressant d'entendre tout à l'heure MM. Vauzelle et Azoulay nous parler des messages qu'ils ont entendus à Marseille et de ce que nous pouvons faire nous, au sein de notre Assemblée, pour les traduire en actes.

Dynamiser le dialogue interparlementaire pour consolider les Parlements nouvellement élus ?

Renforcer le rôle des Régions pour arriver à une coopération plus décentralisée ?

Inclure davantage les sociétés pour définir le cadre de nos relations et de notre coopération ?

Les idées ne manquent pas et je serai heureux d'entendre vos réflexions lors de nos débats.

Chers Collègues,

Voilà en quelques mots ce que je voulais partager avec vous ce matin.

Il reviendra bien sûr à la prochaine Présidence de définir ces priorités mais ce que je viens d'indiquer devrait, me semble-t-il, lui fournir des pistes intéressantes.

La Jordanie pourra en tout cas compter sur le soutien du Secrétariat de notre Assemblée, qui se met en place enfin. Il dispose en effet de Bureaux à Bruxelles et, grâce au premier budget de l'Assemblée qui sera soumis à votre approbation tout à l'heure, il pourra bientôt démarrer ses activités.

Nos débats de la journée nous permettrons de débattre de tout ce que je viens d'évoquer avec vous et je m'en réjouis.

Je vous remercie pour votre attention et, en déclarant ouverte cette IXème session plénière de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée.

Pour de plus amples informations:

europarl.president.press@europarl.europa.eu

Publié dans Dialogue des cultures

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