Le moteur franco-allemand sous haute pression

Publié le par Abdelkarim Chankou

Copie-de-Chankou-copie-3.jpgOn a toujours soutenu que le moteur de l’Union européenne est le binôme Paris-Bonn. L’actualité récente et en cours renforce cette vérité.  A peine sortie du marasme des subprimes américaines qui ont plongé le monde dans la plus grave crise économique depuis 1929 qu’un des anciens membres de l’ex CEE, la Grèce,  découvre sa vraie santé : une santé économique  plombée de mauvaise graisse et qui pour se remettre debout a besoin d’une perfusion de 150 milliards d’Euros  dont les Allemands ne veulent pas entendre parler (trop cher), certainement parce qu’ayant bien étudié la civilisation hellénique depuis ses origines ont fini par se convaincre que les Grecs excellent dans l’art de dépenser sans penser, comme quoi il faut toujours se méfier des dorures de Byzance  qui sont souvent des cache-misère. Last but not least et un malheur ne venant jamais seul, l’Agence de notation Standard & Poor's, sans doute craignant d’être encore  montrée du doigt, baisse brutalement la note d’Athènes, plongeant du même coup le cours de  l’Euro vers les abysses pour atteindre son niveau le plus bas face au dollar depuis un an. Mais ce n’est pas fini, les notes de Portugal et d’Espagne sont également revues à la baisse. Résultat : ces deux pays dont les économies ne tenaient que par la peinture (de l’immobilier) s’effondrent davantage.

Et pour couronner le tout, la Belgique qui s’apprête à présider l’Union européenne dans quelques semaines  plonge encore une fois dans la crise politique à cause de querelles interminables entre Wallons et Flamands : le gouvernement  Leterme en mettant un terme à sa fonction  donne sa démission et le Roi des Belges l’a accepte.

En bref : c’est la bérézina. Et je ne parle pas d’une Angleterre dont le premier ministre travailliste collectionne laborieusement les bons points en vue d'un scrutin législatif décisif, qui est totalement désindustrialisée « civilement » et qui ne vit plus que de l’armement moderne, du négoce et des opérations boursières.

Au milieu de son sombre tableau  clignotent deux points verts : la France et l’Allemagne. La première s’en sort grâce à sa politique extérieure intelligente et à sa classe politique imaginative et innovatrice, alors que la seconde s’en sort plutôt  grâce à l’agressivité de son commerce extérieur et à l’esprit du sacrifice de sa classe ouvrière. Mais que peuvent ces deux capitales face à une vieille Europe minée par l’indiscipline en matière de gouvernance et les nationalismes interethniques ? That’s the question.

En attendant une réponse ou plutôt de savoir  qui passe à la caisse ou à la casse une chose semble sûre : le rapprochement vers la rive sud de la Méditerranée est plus que jamais vital pour l’UE.

Publié dans Edito

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