Le Mouvement du 20 Février déjà en perdition ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

 

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Jeunes, inexpérimentés, idéalistes mais sincères, les jeunes des différentes coordinations régionales commencent à perdre leur autonomie pour ne pas dire identité après une dizaine de marches plus ou moins réussies.

 

La cause de cette perte d’autonomie est celle que tout le monde savait, mais taisait. Même les concernés la taisaient ! Ce sont les vieux partis politiques qui ont passé à l’attaque après quelques semaines de danse du ventre pour séduire ce gisement de voix ou machine à élire.

 

Nos jeunes ont oublié qu’un vieux lion même édenté, sans griffes et vivant dans une cage reste toujours un lion. Et qu’un lièvre même jeune,  rapide et malin reste un lièvre.

 

Dès la naissance du Mouvement il y a près de trois mois, celui-ci a été noyauté par  des partis  d’extrême gauche comme centre-gauche. Rien qu’à Casablanca qui a connu une grande mobilisation de la jeunesse du 20 Février,  le va-et-vient de plusieurs membres du Mouvement entre la rue et le siège régional du Parti socialiste unifié, sis Rue d’Agadir, a été autant inquiétant que générateur d’interrogations.  L’image d’un Mohamed Bensaid Aït Idder, ancien patron du défunt parti de l’Action démocratique (OADP) et actuel président de la Gauche socialiste unifiée, un alliage de diverses gauches (qui a écrit un livre sur la résistance marocaine sans jamais citer certains témoins qui l’ont aidé), entrain de faire le baisemain à une  jeune fille du Mouvement du 20 Février  a été l’un des ses signes qui ne trompent pas : le Mouvement été vu par les vieux routiers de la politique comme une vague inespérée sur laquelle il fallait surfer pour rebondir et non comme un vivier d’idées nouvelles.

 

Gageons que les différentes sections jeunesses partisanes dont certaines sont présidées par des sexagénaires  vont s’alimenter dans les prochains jours de membres en vue, cooptés dudit Mouvement.

 

N’oublions que feu Abderrahim Bouabid avait tout juste 27 ans quand il avait intégré les rangs de l’UNFP. Le premier ambassadeur du Maroc indépendant en France et admirateur d’Edith Piaf disparaitra en  janvier 1992, un moment où l’USFP, née d’une scission  l’UNFP en 1975, amorçait son changement de cap...

Publié dans Edito

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