Les Marocains changeront-ils leurs habitudes alimentaires pour sauver leur pays ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou

 

Les Marocains sont-il prêts à se défaire de leurs habitudes ancestrales énergivores pour sauver l’économie de leurs cher (très cher) pays ? C’est la question qui s’affiche en filigrane chaque fois que la problématique réforme de la caisse de compensation s’impose au débat public.

Les Marocains, j’entends-cela va de soi-, les classes populaires, digéreront-ils des « nouveaux » mets dont le temps de cuisson où la quantité de gaz butane correspondante aura été réduite significativement ? Peut-être que oui, peut-être que non ? En tout cas, aucune enquête, du moins à notre connaissance, n’a été diligentée, à ce jour, par les pouvoirs publics pour sonder le degré de perméabilité des classes laborieuses à un tel effort pour ne pas dire sevrage. Même si le ministère « concerné » recourt de temps à autre aux services d’un bureau de sondages français pour connaître les tendances du moment  du Marocain de base.  Fermons cette parenthèse et passons fissa au plat de résistance ! Que voici. 

L’écrasante majorité des Marocains qui ne se nourrissent que pour reconstituer leur force de travail (théorique ou pratique) pourront-ils manger éternellement des tambouilles économes en énergie de cuisson, du genre omelettes et  pâtes au blé tendre à la sauce tomate ? Ou carrément se passer du gaz butane en n’avalant que de la boustifaille froide, je nomme ici mortadelles, sardines à l’huile et autres salades ? Si la réponse est affirmative cela va permettre peut-être bien de réduire sensiblement la contribution de l’Etat au titre de la compensation du gaz butane, soit plus de 40 milliards de dirhams dépensés en 2012 pour subventionner le gaz manager et les autres produits pétroliers (la bonbonne de butane  de 12 kg dont le prix réel est de 128 dirhams est vendue seulement  à 40 dirhams grâce à une subvention de 88 dirhams )*, mais il faudra alors « compenser » en augmentant le nombre des hôpitaux publics tout en en renforçant leurs budgets ; car la bouffe froide et rapide ça rend malade ! En effet, d’aucuns en conviennent, la chaleur ça tue les microbes. Et le premier antiseptique alimentaire au Maroc c’est le gaz butane ! Bactéricide mais aussi économique ; dans ce sens que pour pourvoir mastiquer des pois-chiches, lentilles, faillots et autres caillasses, il faut les bien attendrir. Le premier attendrissant des produits alimentaires au Maroc est le gaz butane ! Le produit miracle qui permet  surtout aux édentés de casser la graine sans se casser les dernières dents ! Certains objecteront qu’il y a le fameux bicarbonate qui ne coûte rien qui sert également à attendrir les légumineuses les plus résistantes… C’est bien vrai ! Mais malheureusement là aussi ce composé chimique a la fâcheuse faculté de ficher la chiasse. Et tout est dans faculté… Le ministre des campus universitaires ne démentira pas.

Tout cela est bon à croquer. Mais ça ne fait pas oublier l’urgente question : le gouvernement  est contraint se séparer de sa politique des grandes casseroles et innover. Innover c’est le mort d’ordre. Bon appétit à tous !

 

(*) Prix majoré dernièrement de 50 centimes

Publié dans Humeur

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