Libérez Eskinder Nega, le journaliste qui a osé dénoncer la tyrannie en Ethiopie et qui risque la mort!

Publié le par D'après Jason & KEM

Eskinder Nega (Lennart Kjörling)

Il serait difficile de trouver un meilleur symbole de la répression des médias en Afrique que Eskinder Nega ! Le journaliste vétéran éthiopien, blogueur dissident, a été arrêté au moins sept fois par le gouvernement du Premier ministre Meles Zenawi [soutenu par des hommes puissants dont un magnat du pétrole] au cours des deux dernières décennies, et a été remis en prison le 14 septembre 2011, après avoir publié une colonne pour demander au gouvernement de respecter la liberté d'expression et la liberté de réunion, et de mettre fin à la torture dans les prisons.


Eskinder fait maintenant face à des accusations graves comme le terrorisme, et s'il est reconnu coupable, pourrait être condamné à la peine de mort. Il n'est pas seul : l'Ethiopie de Zenawi a déjà jeté sept journalistes dans ses géôles. Il y a plus de journalistes en Ethiopie qui ont fui le pays au cours de la dernière décennie que dans tout autre pays dans le monde, selon le CPJ.


Eskinder aurait facilement pu les rejoindre. En février 2011, il a été brièvement détenu par la police fédérale et a été sommé de cesser d'écrire des articles critiques sur le régime autoritaire en Éthiopie. Le message était clair: il est temps de partir. Eskinder a passé une partie de son enfance dans la région de Washington DC, et aurait pu retourner aux États-Unis. Mais rien de ça. Quand on se prénomme Eskinder ! (Alexandre)...


Il n'a pas fuit. Il a continué à publier des articles en ligne réclamant la fin de la corruption et la répression politique, et appelant la Sécurité à ne pas tirer sur des manifestants désarmés (comme elle le faisait en 2005 ), tout en espérant que  le printemps arabe fasse un détour au pays du Négus. Cette attitude lui vaudra de nouveau la prison où il pourrait faire ses vieux os au cas où il aurait échappé à la paine capitale.


Depuis lors, un groupe de journalistes et acteurs et militants des droits de l'homme ont organisé une pétition pour demander la libération de Eskinder et d'autres journalistes détenus injustement par le gouvernement de Zenanwi. Parmi les signataires, il y a les dirigeants du Club national de la presse aux États-Unis, les ONG Open Society, Human Rights Watch et le Committee to Protect Journalists [et aussi Reportrers Sans Frontières et Amnesty international...  Voir les liens en bas de page].


Les pétitionnaires comprennent également Maziar Bahari, le journaliste de Newsweek emprisonné par le gouvernement iranien pendant quatre mois en 2009 ; trois anciens correspondants de la BBC en Ethiopie; l'économiste américain William Russel Easterly, le directeur de la rédaction du Christian Science Monitor Marshall Ingwerson et bien d'autres personnalités.


La campagne comprenait également une lettre publiée dans The New York Review of Books, les contacts avec le Département d'Etat américain, des communiqués de presse et des intervieiws dans cles médias. Pourtant ça semble si difficile ! Eskinder est juste l'un des 179 journalistes emprisonnés dans le monde depuise le 1er décembre 2011, selon les données du CPJ [Committee to Protect Journalists : Ndlr].

 

En outre, l'Ethiopie eétant considéré comme un partenaire stratégique de l'Occident dans la lutte contre le terrorisme et l'instabilité en Afrique orientale, les gouvernements occidentaux ménagent Zenawi en fermant les yeux sur les violations des droits de l'homme.


Les gens m'ont demandé [Jason McLure] pourquoi nous devrions essayer d'aider quelqu'un qui aurait pu se sauver en fuyant le pays. C'est une bonne question. Je soupçonne que, même s'il devait être libéré demain, Eskinder resterait en Éthiopie et continuerait à écrire et publier en ligne, au risque d'être jeté de nouveau en prison.


Après tout, c'est un journaliste dont l'épouse, la journaliste Serkalem Fasil, a accouché alors qu'ils étaient ensemble en prison après les élections de 2005 [remportées indûment par le clan Zenawi]. Quand ils ont été libérés en 200, Serkalem et Eskinder ont été interdits de réouvrir leurs journaux. Pour survivre, ils ont loué leur maison dans le centre de Addis-Abeba pà une équipe de travailleurs de télécommunications chinois et ont déménagé dans un quartier pauvre de la périphérie de la ville.


Comme beaucoup de bons journalistes, Eskinder est têtu à a gros un défaut. :Clamer en  permanence  la liberté d'expression en Éthiopie. Ce qui peut sembler une tâche digne de Sisyphe ; mais si Eskinder est assez convaincu par ses principes pour risquer de longues années de prison - et peut-être la peine de mort - c'est notre obligation morale [nos journalistes et avocats de la liberté d'expression]   de se tenir à ses côtés.


 

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