Maroc : comment l’Energie renouvelable peut coûter cher et rapporter de gros ennuis

Publié le par Croque cactus

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Cette préoccupation pour l’énergie propre est essentiellement européenne : Les Etats-Unis qui ne sont pas pourtant des manchots en matière de technologie énergétique propre ni les dernières victimes des ouragans et autres tempêtes dévastatrices  sEpoustouflant non ? Et même au  niveau européen l’unanimité ne semble pas faite. L’Allemagne, l’Etat le plus industrialisé et le plus riche de l’Union européenne, malgré le fait que l’écologie y soit une donne essentielle, est de moins en moins chaud pour les parcs d’éoliennes et de plates-formes photovoltaïque, simples comme hybrides ! Là également pour diverses raisons, qui vont de la puissance des lobbys associatifs écologiques jusqu’aux intérêts vitaux du pays. En effet,  « plus de la moitié des espèces végétales existantes dans le monde entier sont menacées de disparition et une espèce sur quatre du règne animal est en danger » écrit sur son site internet la World Wide Fund For Nature (WWF), l’une des plus grandes organisations mondiales de protection de la nature.

Quelle est donc cette relation entre les éoliennes, les panneaux solaires et le respect de la nature ? La réponse coule presque de source : Outre que les uns comme les autres génèrent une pollution visuelle dans l’espace qui les abrite, les turbines à vent constituent un danger permanent pour le vol d’oiseaux surtout migrateurs. De même, le dépassement d’un certain seuil mondial de production d’énergie renouvelable est de nature à menacer certaines monarchies du Golfe qui vivent de la rente pétrolière dont l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de l’or noir et grand débouché devant l’éternel pour l’armement allemand.

En ce qui concerne le Maroc, pays ou la facture énergétique pèse lourd dans la balance budgétaire, il semble que le royaume soit déjà tombé les pieds joints, les yeux fermés et les mains croisées dans le panneau des infrastructures à énergie renouvelable. Pas seulement par séduction. Mais aussi sous la pression grandissante des grands industriels des turbines éoliennes. Le Maroc comme d’autres pays en voie de développement ouvre ainsi son espace aux parcs éoliens (les premières tubines datent de la fin des années 1990) et aux plates-formes solaires.  Etant donné tout le tintamarre médiatique fait depuis ces dernières années autour des gaz à effet de serre, l’on peut dire sans médire que l’option marocaine pour l’énergie dite « propre »  tombe sous le sens. Toutefois, ce choix est loin d’être le bon. Pour diverses raisons dont nous exposerons deux principales.

Avant d’attaquer ces deux raisons, il n’est pas inutile de souligner la cherté du matériel éolien et photovoltaïque. Un ordre de grandeur et d’idée : Un contrat d'exploitation et de maintenance d'environ 400 éoliennes revient à près de deux millions d’euros par éolienne ; sachant que pour amortir l’investissement et surtout  pour baisser le prix au kilowatt (qui est supérieur à celui de l’électricité hydrique ou fossile) il faut des parcs de plusieurs centaines de turbines à vent. D’où une pollution visuelle et sonore (1) atroce et un danger réel pour les vols d’oiseaux dont les flamands roses qui doivent désormais composer avec les éoliennes de la petite lagune de Naïla à Akhfenir, près de la ville de Tarfaya, classée zone humide et protégée par la convention internationale RAMSAR de 6000 hectares. Une perspective à même de ficher des boutons roses aux ONG écologistes d’Allemagne dont l’entreprise Bosh, leader en matière d’éoliennes hybrides, s’est retirée de la course  au Maroc.

 
(1) A 300 mètres, l'intensité sonore d'une éolienne est d’environ 45 db,  proche de la puissance sonore d’une boîte de nuit (95 à 105 db) !

Publié dans Stratégie

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