Maroc : L’espoir euthanasié par l’arrivée du parti islamiste au pouvoir

Publié le par Karim El Maghribi

 

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Le pain, la réalité est têtue !

Montée crescendo de la contestation sociale civile, refus de l'exécution jugements rendus par les tribunaux, agression des forces de l'ordre et des ministres, augmentation en flèche des crimes de sang et crapuleux etc. Le Maroc entre incontestablement dans une ère de désobéissance civile violente et de siba qui ne disent pas leur nom. La raison en est simple : on a tué cet espoir qui a toujours survécu à l'incurie de tous les gouvernements civils d'avant novembre 2011. Depuis cette date, l'accès au pouvoir d'un gouvernement au parfum islamiste a tué cet espoir ; car les Marocains refusent que des hommes politiques portant la barbe et la marque de prière sur leurs fronts en affichant une dentition saine et éclatante leur mentent. Ils leur mentaient entre le 3 janvier 2012, date de la nomination du premier gouvernement Benkirane, et le 10 octobre 2013, jour de la nomination de la seconde copie, et bien sûr, après ! et ça continue encore. 

Le staff PJD, chef de file des deux versions gouvernementales, sait bien que les promesses électorales qui l’ont porté aux pouvoir resteraient des promesses et qu’elles ne verraient jamais le chemin de la réalisation. Où sont les mille dirhams que Benkirane a promis de verser mensuellement aux pauvres ? Où est passée l’indemnité de perte d’emploi ? Quid de la lutte contre la corruption et l’économie de rente … ? 

Si  Benkirane et ses compagnons ne savaient pas qu’ils débitaient des promesses en l’air, ils n’auraient jamais accepté de s’allier avec des partis dont ils ne partagent rien sur le plan idéologique. Cette alliance a pour but de garder sous la manche un alibi d’or qui servira à chaque fois que l’équipe Benkirane est interpellée sur ses réalisations. D’ailleurs Benkirane ne se prive pas de faire usage itérativement de ce joker en criant à qui veut l’entendre que si ses promesses  peinaient à trouver le chemin de la réalité c’était pour préserver l’unité de la coalition  qui n’est pas d’accord sur tout. Astucieux et mesquin! 

Mieux : Benkirane semble trouver un malin plaisir en distrayant la peuple avec des projets fantasmagoriques dans le but d’occulter les vrais problèmes que des chiffres têtus mettent en exergue. Il y a plus de 200.000 de jeunes chômeurs diplômés au Maroc et Benkirane préfère de continuer de faire diversion en squattant le débat public par son projet d'avancement de l'âge de la retraite. Alors que Benkirane ferait mieux de penser un peu à ces jeunes marocains, diplômés ou non, qui n'ont pas encore comptabilisé une seule heure de travail rémunéré ! Cette tranche de Marocains n’a rien à cirer de la retraite ni de son âge car elle n’a jais travaillé ni touché un sou et n’a pas la chance des ministres qui même avec une durée de service d’un jour sont assurées de toucher une retraité à vie d’au moins 30.000 dirhams, prix sir l’argent du contribuable (un sujet que les députés et ministres du PJD aiment passer sous silence).

Mieux encore et parlant de l’âge de la retraite, le chef du parti de la justice et du développement veut porter l'âge de la retraite à 65 ans alors que l'espérance de vie au Maroc est en moyenne de 71,22 (68,88 pour les hommes et 73,67 pour les femmes) alors qu’en France où la moyenne est de 81,50 (78,40 et 84,80), l'âge de la retraite a été porté seulement à 62 ans ! 

Au rayon des prix de consommation courante, c’est la flambée générale. Mais Benkirane ne voit le feu de l’incendie que dans la bouche de ses adversaires. Pour lui tout va bien Madame La Marquise !  Oublions l’histoire hilarante des prix de la banane dont les prix, selon Benkirane (toujours lui) n’ont pas été impactés à la hausse par l’augmentation des prix du gasoil et de l’essence (interview de Benkirane sur la télévision marocaine le 6 juin 2012) et voyons ce qui l’en est des prix du poisson. Bien que le prix de l’essence super, destinée à la pêche, ne soit pas subventionné par la caisse de compensation mais bénéficie de l’exonération de la TVA et de la TIC, les rumeurs qui courent ces jours ci sur une éventuelle augmentation de son prix, combinées à l’effet du mauvais temps qui a cloué plusieurs pêcheurs au sol, ont fait que les prix du poisson frais connaissent à Casablanca une hausse en flèche. Le kilo de la sardine d’El Jadida est passé de 15 dirhams à 25 dirhams, celui du merlan de 60 à 90 dirhams alors que le kilogramme du petit rouget a vu son prix majoré de 10 dirhams, à 40 dirhams au lieu de 30. 

Enfin  pour ce qui est de mes écrits jugés très durs envers Benkirane, je réponds à ces amis qui me demandant si j'ai une dent contre Benkirane : Non pas une dent mais tout un dentier ! Je m'explique : je tolère le mensonge en politique d'autant que la politique c'est fait pour. Mais mentir au nom de la religion, je déteste ça ; car dans ce cas il n'y a pas que le peuple qui perd mais la religion aussi, or la religion c'est l'assurance vie et médicale du démuni, c'est elle qui lui permet de garder espoir, de tenir le coup, de survivre quand les marchands de tapis déguisés en politiques l'oublient entre deux tours. Amen !

 

Publié dans Focus

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Le pédagogue 14/02/2014 12:55


Le pédagogue :


 


C’est quoi un parti « islamiste » ?


De quel « pouvoir » s’agit-il ?


La mascarade dite « politique » au Maroc permet à chaque parti, à tour de rôle », de s’adonner à la danse lascive, en rêvant de faire partie du « harem » du régime de
l’imposture, ne serait –ce que pour un court instant.


 


Le reste, ce n’est même pas de « la littérature »...