Maroc : La lutte contre le Sida dans une mauvaise passe

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le virus du Sida devrait sabrer le champagne à la fin de cette année. Et pour cause !  Considéré comme pays à revenu intermédiaire par les institutions de Bretton Woods et de l’ONU, le Maroc se verra bientôt privé des aides que lui versent ces dernières organisations depuis un quart de siècle au titre des programmes de lutte contre le Sida. Une mauvaise passe  pour toutes les ONG et structures étatiques  spécialisées  dans la lutte contre le VIH.

 

Déjà que les deux  éditions précédentes de Sidaction ont été médiocres au niveau  de la récolte des dons notamment à cause de la crise financière internationale (devenue par la même occasion un  prétexte pour certains pingres pour ne rien lâcher) ont fragilisé le domaine de la lutte anti-Sida au Maroc que cette nouvelle estocade vient  en apporter le coup de grâce. Pire : le Sidaction 2010 qui se déroule du 6 au 31 décembre courant ne risque pas d’être meilleur au niveau du montant des dons ramassés. Surtout qu’au climat de  morosité générale  où baigne l’actuelle édition de Sidaction entre autres à cause d’une actualité  agitée, s’ajoute une campagne de sensibilisation  des plus timides. Ce qui augure d’un avenir incertain dans un pays où le nombre de malades  comptabilisés officiellement frise les 5300 (1580 en 1986) contre  les 30.000 de porteurs du virus (16.000 en 2005) ; ceci dans un conteste de montée alarmante de nouveaux cas de contaminations. Sans perdre de vue que le nombre des personnes qui se font dépister dans les ventres ad-hoc demeure très loin du minimum recommandé par l’Onusida.

 

Bref  rien de rassurant si bien que l’abstinence semble être l’unique parade contre l’inexorable avancée du mal quand on sait que les jeunes comme les moins jeunes rechignent à utiliser le préservatif.  Selon une source qui préfère garder l’anonymat une bonne partie des jeunes qui se risquent à un rapport sexuel hors mariage et non protégé avec un  partenaire professionnel espèrent acquérir une expérience avant le mariage ! 

 

D’ailleurs ce sentiment d’inquiétude est nettement perceptible dans les réponses du Docteur Hakima Himmiche lors d’une récente interview accordé à une revue casablancaise. Pour information cette dernière qui préside aux destinées de l’Association de lutte contre le Sida depuis 1989 part en retraite en fin d’année. C’est le Docteur Chankib Abdelfattah, Professeur de maladies infectieuses à la Faculté de médecine de Casablanca, qui lui succède.

Publié dans Edito

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