Maroc : Le « Oui » à la nouvelle constitution aurait pu être plus massif

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Les chiffres officiels annoncés samedi 16 juillet par le conseil constitutionnel  et qui ont plébiscité le Oui à près de 98,5 % auraient-ils pu être plus significatifs encore de la mobilisation quasi unanime du peuple marocain pour l’approbation de la nouvelle loi fondamentale amendée ?

La réponse est sans équivoque  « Oui » ! Car les 98,49 % de suffrages positifs (contre 1,5 % de Non) ne représentent que 73 % des inscrits ; autrement dit 27 % de Marocains ayant droit au vote ne sont  pas allés - ou n’ont pas pu- aller voter ; soit par empêchement sérieux (maladie grave où présence dans un pays  dépourvu de représentation diplomatique marocaine au moment du vote) ; soit parce qu’ils étaient très loin de leurs bureaux de vote indiqués sur leurs cartes électorales le jour du scrutin. Et c’est là que le bât blesse.

 

S’agissant d’un vote référendaire qui plus est constitutionnel, donc nettement en dehors de la mêlée ou plutôt la mélasse politique, le ministère de l’Intérieur  aurait pu déroger à la règle en permettant aux Marocains qui se trouvaient au Maroc le jour du vote mais loin de leurs bureaux électoraux d’exprimer leur opinion ; d’autant que l’enjeu n’était  point  partisan ; donc le vote dans le lieu de résidence n’était pas absolument nécessaire. Mieux : non seulement le vote dans le lieu de résidence n’était pas nécessaire mais la marge de fraude, voter plusieurs fois, était quasiment nulle en raison du marquage à l’encre indélébile du votant et l’absence d’achat des voix dans un tel scrutin.

Ainsi par son incurie certainement involontaire, le ministère de l’Intérieur a privé au moins des centaines de milliers de marocains de voter, si l’on soustrait du compte les grands malades et ceux qui ont refusé sciemment d’accomplir leur devoir. C’est regrettable ; d’autant que ces citoyens privés de leur droit de vote sont considérés à tort comme des abstentionnistes  par la statistique.

Il faut savoir que la date du vote, le Premier juillet, annoncé tardivement n’a pas laissé beaucoup de temps à ceux qui ont anticipé leurs congés annuels ; du fait de la coïncidence du mois du ramadan avec le mois d’août.

Moralité : il ne faut pas toujours calquer  nos  modes de scrutin sur des modèles étrangers, fussent-ils séduisants.

 

 

Photo : Meeting pour le Oui de Abderrahman el Kouhen (au centre), SG du parti de la Réforme et du Développement, le 28 juin 2011, dans la commune de Tlite  (province de Tata).

Publié dans Edito

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