Maroc politique : En attendant, dodo !

Publié le par Karim El Maghribi

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Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement sans majorité

 

Les marches de protestation de l’opposition dont désormais prennent part les ânes et mulets le disputent aux gesticulations et déclarations tonitruantes d’opposants qui n’ont aucun programme à mettre sous la dent sauf d’accuser le parti du chef du gouvernement Benkirane, tantôt de rouler pour l’internationale islamiste tantôt de chercher à paupériser les couches vulnérables. Ce dernier rétorque en plus comique ! « L’opposition sent le pourri » clame le secrétaire général du PJD chaque fois que l’occasion lui est offerte de vociférer en dénonçant « les crocodiles et les démons » qui travaillent à sa perte.


Voici en raccourci ce qu’est devenue la vie politique  au Maroc.  C’est toute la vie politique nationale qui est devenue un cirque. Et pendant ce temps le chômage des jeunes diplômés et les fermetures d’usines ne cessent d’augmenter.


Hassan II qui avait qualifié un jour le parlement marocain de cirque avait également dit que « n’était dans l’opposition que celui qui était contre les institutions. » Aujourd’hui cette opposition ou ce qui en reste-ou plutôt ce qu’elle est devenue- n’est plus contre les institutions. Dieu merci ! Le temps des complots contre le régime est révolu même si le vide a été rempli par les franchisés ou les apprentis-sorciers d’Al Qaeda. Mais cette opposition institutionnelle, comme c’est souligné précédemment, n’a vraiment rien à proposer, pas même une motion de censure qui n’a jamais eu autant de chances de passer que depuis la défection de cinq ministres de l’Istiqlal qui ont privé la coalition Benkirane de 60 députés en démissionnant il y a quelques mois (61 députés exactement si l’on compte le nouveau député istiqlalien de la circonscription de Moulay Yacoub où le PJD a laissé des plumes, lors de la partielle de jeudi dernier).


Mais l’opposition hésite à franchir le pas, même si ses dirigeants dépourvus de mandat populaire crient le contraire. En effet, pour tout député de l’opposition qui se respecte, des élections anticipées sont synonymes de suicide ou de scier la branche sur laquelle il est assis. Contrairement aux congressmens républicains qui ont cloué Obama au pilori en refusant de voter la loi sur le budget de l’Etat fédéral parce qu’ils sont sûrs qu’en cas de retour aux urnes ils remporteraient  la victoire les doigts dans le nez, les élus de l’opposition marocaine ne sont pas sûrs - mais-pas du tout - du retour sur investissement…


Pire : non seulement ils manquent de courage mais ils sont en plus pingres ! Certains  élus de la chambre haute ont catégoriquement refusé de contribuer pour 900 dirhams (90 euros) au Fonds de solidarité nationale prévu par la loi de Finances !


Cependant, dire que l’opposition n’a pas de propositions ce n’est pas tout à fait vrai. Je l’avoue. Un programme alternatif existe bel et bien. Il comporte deux articles. Article 1 : on veut la place du chef. Article 2 : libérez[nous d']Anouzla !

 

L’honneur est sauf !

Publié dans Focus

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