Modernisme sans conscience n’est que ruine de l’âme

Publié le par Karim El Maghribi

Modernisme sans conscience n’est que ruine de l’âme
 
Depuis ces cinq dernières années, la vie politique marocaine s’est certes animée. Mais elle ne s’est point dépassionnée. Tout le contraire ! Elle ressemble de plus au cirque où les acrobates côtoient chaque jour les clowns et les fauves les prestidigitateurs.

 

Par-ci un fauve qui cherche à avaler un zèbre, par-là un magicien qui te fait miroiter une vie en rose et entre les deux des maestros de l’acrobatie qui passent du coq à l’âne en ne retombant pas toujours sur leurs pieds…
Et le peuple dans tout ce bazar ? Il n’a même  pas le droit au rôle de spectateur puisqu’il n’a pas choisi de regarder le spectacle ni contribué à sa mise en place ou en scène. Il est là par défaut. Pris à témoin malgré lui.
Bref la démocratie type « cause toujours...tu m’intéresses » est en cours d’installation. Et pour de bon.
Un parti qui se veut moderniste critique une anomalie gouvernementale et étale ses griefs dans la presse, mais rien ne se passe au bout du compte. Comme si lever des lièvres ou critiquer suffisent et sont des fins en soi.
En même temps la société marocaine mute pour s’adapter à la nouvelle donne. Les coordinations improvisées poussent comme des champignons loin de syndicats (en perte de vitesse et de crédibilité) et des services de sûreté. La contestation monte chaque jour d’un cran mais « tout va bien Madame la Marquise » estiment les pouvoirs publics.
C’est vrai que le risque d’un embrasement général de même nature qu’en juin 1981 quand Casablanca sombra dans le chaos à cause de la « vie chère » est encore très improbable. Mais le pire est là. A nos portes. Il est insidieux et insaisissable ; car les intellectuels qui sont le baromètre d’une société vivante et bien portante ont déposé les armes. Le risque c’est que la famille qui est la cellule de base de la société marocaine continue de muter, un processus qui beaucoup voient comme une preuve de modernisme mais qui est en réalité une inexorable avancée vers l’inconnu. Car aujourd’hui aucun sociologue ni politique n’est en mesure de dire ce que sera le Maroc dans dix ans.
D’ailleurs, pour être honnête, personne n’a jamais pu répondre à cette question. Dans un pays musulman où chaque lendemain peut être le dernier, la futurologie à la vie dure mais la société marocaine a toujours pu éviter l’irréparable grâce à ses codes secrets.
Avec ce qui est en train de se passer ces codes vont cesser de fonctionner et le pays deviendra ingouvernable, sauf si les bases d’une réelle autonomisation des régions à l’allemande ou à l’espagnole sont jetées dès maintenant. Une décentralisation élargie qui respecte les spécificités culturelles et sociales de chaque région.

 

Publié dans Edito

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condor79 16/12/2009 09:36


Hello bonjour , nous avons les mêmes problèmes chez nous, mêmes causes , mêmes effets.
salutations
condor79