Moi Abdelkarim Chankou suis un dissident du polisario selon Le Reporter de Bahia Amrani !

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Alors que je sirotais un café à une terrasse d'une crémerie, ce vendredi en fin d’après-midi,  en  me demandant quels seraient les lauréats du Grand prix de la presse de cette année, un ami m’envoie un e-mail pour me dire qu’il ignorait que mon vrai nom était Najm Allal, un poète dissident du front polisario, et non Abdelkarim Chankou. Le comble !

 

D’abord j’ai pris le courriel pour une blague de mauvais goût, ensuite et après la lecture du texte et la visualisation de l’image jointe j’ai compris que c’était sérieux. Très grave même. De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une brève illustrée occupant tout de même un quart de la page 8 du numéro du 6 décembre 2012 du magazine hebdomadaire « Le Reporter », édité à Casablanca, consacrée au poète dissident du polisario, Najm Allal, qui selon l’auteur de l’entrefilet, non signé, se trouvait en Mauritanie, ce dont je me fiche éperdument mais que sa photo illustrative soit bizarrement la mienne, ça  je ne peux pas foutre du tout. Vous comprenez bien, j’ai tout de suite appelé la rédaction du magazine. Nada. Walou. Ça sonne dans le vide. Puis je décide d’appeler sur son portable le journaliste Nourredine Miftah, le directeur de l’hebdomadaire « Al Ayyam » et le président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux. Là aussi sans succès. Je refaits le numéro mais sans résultat.

 

J’appelle alors un ami qui me communique le numéro du portable de Mme Bahia Amrani (photo), la directrice de publication et la rédactrice en chef de Le Reporter. Là aussi pas de réponse. Puis décide de lui envoyer un SMS dont voici le texte exact : « Mme Amrani : quand on tient un journal qui fait des conneries on répond au téléphone. Je m’appelle Chankou, je suis journaliste depuis 20 ans mais je ne suis pas Najm Allal du polisario. » Quelques temps après, je reçois la réponse à mon SMS qui dit texto : « Bsr Mr Chankou. Nous avons passé votre photo à la place de celle de Najem Allal. Vous m’envoyez désolée. Sur Internet, elle était, m’a-t-on dit, juste à côté de celle de Najem. Cela vous autorise-t-il à être insultant ? Ce que vous appelez connerie est une simple erreur que toutes les rédactions font. Aujourd’hui même l’Economiste a publié 1 photo de Zouhair Fassi Fihri avec le nom de son collègue Kabbaj. En ce qui vous concerne, je vous présente toute mes excuses pour cette erreur de l’équipe, que je veillerai à rectifier dans le prochain numéro. Mais je ne suis pas tenue être à côté de mon téléphone, ni de répondre à tous les appels. Si vous voulez une réponse à tout prix, appelez la rédaction et pas sur mon portable dont je ne vous ai pas donné le numéro, puisque je ne vous connais pas. »

 

En tant que rédactrice en chef et directrice de publication

Mme Bahia Amrani n’était-elle pas tenue à vérifier

ce qui se publie dans son canard ?

 

Avant de passer à ma réponse quelques remarques. C’est vrai ma photo était à côté de celle de Najm Allal quand on a tapé le nom de ce dernier Google images, mais plusieurs autres photos apparaissent également à côté de la mienne et qui non seulement représentent le poète du polisario mais n’ont rien à voir ni de près ni de loin avec la mienne. Aucune ressemblance ! Mieux : l’une d’entre elle que nous reproduisons porte le nom du poète en arabe ! Donc de deux choses l’une : soit l’auteur- ou l’infographiste- ne savait pas lire soit ne connaissait ni ma personne ni celle du polisarien. Ce qui nous amène à poser cette question : en tant que rédactrice en chef et directrice de publication Mme Bahia Amrani n’était-elle pas tenue à vérifier ce qui se publie dans on canard ? Parait-il non. Mme Amrani non seulement n’est pas tenue à être à côté de son téléphone mais à côté de son équipe non plus ! Pourtant pour journal qui reçoit une subvention de 700.000 dirhams (environ 65 000 euros) par année, pris sur l’argent du contribuable, peut s’offrir le luxe de recruter un bon rédacteur en chef adjoint pour se charger de la besogne. Mme Amrani termine son premier SMS par « je ne vous connais pas ». Ce n’est pas cela qui me vexe moi qui la connaît depuis qu’elle officiait à Jeune Afrique et à Maroc Hebdo et surtout depuis qu’elle décroché un crédit Jeune Promoteur à la fin des années 1990 pour créer son journal alors que nombre de jeunes peinaient même à déposer leurs dossiers sur le bureau de Dar Addamane.

 

Ce qui me vexe c’est en tant que journaliste qui a fait de l’affaire du Sahara sa spécialité Mme Amrani ne semble ne pas connaître la troche de Najm Allal non plus ! Mon SMS de réponse : « Mme Amrani : Là il s’agit du polisario ! Vous mettez ma vie en danger. Avant j’ai téléphone à la rédaction. Mais personne. En tant que directrice vous êtes censée contrôler votre revue. Je saisis la justice. » J’avoue que je me suis un peu emporté ici. Mais sachant l’amour qu’ont les Marocains pour les polisariens qu’ils soient des dissidents ou pas je craignais de recevoir un coup de couteau à tout moment d’un inconnu. Mais ce qui m’a le plus énerve c’est que mois qui a écrit des centaines d’articles anti-polisario je ne m’attendais à tous sauf à voir ma photo prise pour celle d’un polisarien ! Deux réponses SMS expédiées cette fois fissa par l’intéressée : Un : « Faites comme bon vent vous plaira. Je garde le SMS précédent ou je vous ai présenté mes excuses et je ferai ce que je me suis engagée à faire dans le prochain, avec ou sans vos menaces. ». Deux : Et pour votre information [là elle se moque carrément de moi], à supposer qu’on vous confonde avec Najm Allal, c’est un simple poète, dissident du Polisario. Vous ne courez donc aucun danger ! » Comme si tous les inconnus qui arpentent les rues et les terrasses de café savaient que Najm Allal était un poète dissident du polisario !

 

Mon unique consolation dans cette histoire rocambolesque c’est que Le reporter après 7 ans de parution était resté inconnu par un grand annonceur ; ce qui me désole en même temps : Comment se fait-il qu’un journal qui est resté inconnu par un annonceur durant sept ans et qui de plus confond un journaliste marocains avec un membre du polisario arrive-t-il à obtenir une aide publique de 65.000 euros ? Conclusion-moralité : si demain un de mes amis lit un article dans un canard marocain sur Bachar Assad avec ma photo ou celle de Pelé à la place de la sienne, qu’il garde le scoop pour lui. Qu’il en soit remercié d’avance !

Publié dans Coup de gueule

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Jb depotence 24/03/2017 17:29

elle est quand même pédante la réponse de la dame. Le plus choquant je trouve, c'est le sophisme flagrant de l'argumentaire avancé. Justifier une erreur inqualifiable par le fait que les autres journaux en font aussi montre l'état de déliquescence d'une profession faisant peu cas de la déontologie inhérente à ce métier. Moi je dis que c'est prendre les lecteurs pour des cons

bonne journée

Jb Depotence

Karim El Maghribi 25/03/2017 02:46

100% d'accord