PAM sur le bec !

Publié le par M.S.

http://saidia.colonie-maroc.com/images/PAM-maroc.jpg

Ce sont cinq uppercuts costauds que le Parti de l’Authenticité et de la Modernité a reçu en pleine tronche en moins de deux semaines d’intervalle. Le premier crochet, le parti du tracteur l’a encaissé le 18 février dernier avec la libération surprise du président de la circonscription de Tabriquet (région pauvre de Salé), Jamaa El Moatassim,  affilié au PJD, un parti que le PAM et son géniteur Fouad Ali El Himma ne portent pas dans leurs cœurs. Mais pas du tout. Mieux : non seulement Jamaa El Moatassim est sorti de prison où il a été mis en détention provisoire depuis le 14 janvier pour « corruption, abus de pouvoir,  détournement et dilapidation de deniers publics, abus de confiance, falsification de documents officiels et administratifs,  création de groupes d'habitat en violation des normes en vigueur et participation », mais il a été nommé trois jours plus tard au Conseil économique et social, prévu par la Constitution de 1996. Ce sera le deuxième uppercut et les premières dents tombées.

 

Troisième coup de poing eu dessous du menton, le PAM le recevra le samedi 26 février suivant à Marrakech  quand  Abdelilah Benkirane, le Secrétaire général du PJD, dira à l’occasion d’une rencontre privée avec des amis que « si remaniement ministériel  il y a nous y serons ». Une mauvaise surprise pour le PAM qui non seulement abhorre le parti de la lampe mais compte sur son refus quasi catégorique de toute participation au gouvernement qui ne reflète pas sa vraie force numérique au parlement,  c’est-à-dire le PJD ne voudrait pas de ministères symboliques ou casse-tête - pour ne pas dire casse pipe - comme la Santé, le Logement, le Travail ou l’Education.

 

Quatrième poing sur la poire, le PAM en fera l’expérience, le lundi 28 février au soir, quand, à la surprise générale, le parti d’El Himma apprendra que l’invité de l’ex-marxiste léniniste repenti, Abdelhamid Berrada, pour son émission mensuelle « Mais Encore », diffusée par la chaîne 2M, elle-même ne sentant pas l’islamiste, n’est que Abdelilah Benkirane, le patron du Parti de la Justice et du Développement !

 

Le final  ou peut-être suite et pas fin : le jeune businessman Samir Abdelmoula, propriétaire de la société de transport maritime Comarit et ancien maire de Tanger estampillé PAM, vient tout juste de quitter le navire  PAM pour le PJD ! Aïe. Là ce cinquième uppercut sonne un peu comme celui d’un KO. La nouvelle, un ami l’a commentée en faisant allusion aux « rats qui quittent le navire dès la première tempête ».  Seulement les rats ont parfaitement raison quand ce sont de gros chats qui tiennent la barre.

 

Cette quintette en sol majeur d’uppercuts  ne manquera pas donc d’ébranler le parti fraîchement crée (et qui est parvenu à devenir en un temps record la première force politique sans jamais goûter à un scrutin législatif !), déjà secoué par les nombreuses défections de ses partisans. Maintenant, la question qui taraude pas mal d’esprits  est comment l’état major du PAM va s’y prendre pour garder ses troupes jusqu’à l’été 2012 surtout que malgré l’érosion du parti, ses chances de réaliser un score honorable demeurent intactes. Mais difficile de répondre à cette interrogation, d’autant  plus que les mauvaises langues évoquent déjà la fuite en France de Ilyass Omari, l’épouvantail de Fouad Ali El Himma chargé de terroriser le PJD et éventuellement toute formation politique dont la tête ne revient pas au PAM. Des mauvaises langues auxquelles n’échappent pas El Himma himself : selon les dernières nouvelles, l’ancien ministre délégué à l’Intérieur serait pressenti d’être ambassadeur à Paris ou à Ryadh. Une perspective à laquelle l’intéressé préférerait la garder des chèvres à Benguerir, toujours selon les mauvaises langues.

Publié dans On en parle

Commenter cet article