Pèlerinage œcuménique à Auschwitz

Publié le par Karim El Maghribi

Auschwitz
A l’occasion du 66e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz par l'Armée Rouge, le Projet Aladin (une association internationale qui œuvre pour la réconciliation entre juifs et musulmans par l'éducation, la connaissance de l'histoire, le dialogue et le respect mutuel), a organisé en partenariat avec l'Unesco et la Mairie de Paris un déplacement sur le site d’Auschwitz-Berkenau en Pologne où la barbarie humaine s’est illustrée dans sa pire image : celle de la négation pure et simple de la vie.

Outre M. André Azoulay, plusieurs personnalités marocaines ont fait le déplacement, une sorte de pèlerinage contre l’oubli, notamment l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'Unesco, Mme Aziza Bennani, le président du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), M. Driss El Yazami, les Maires de Casablanca, Rabat, Fès et Meknès, respectivement MM. Mohamed Sajid, Fathallah Oualalou, Abdelhamid Chabat et Ahmed Hilal.

Des intellectuels ont été aussi du voyage tels que le philosophe et islamologue Abdou Filali Ansari, le poète et écrivain Abdelatif Laabi, le politologue Mohamed Tozy, l'universitaire Jamaa Baida, le directeur de la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, Driss Khrouz, et le directeur du Festival de Fès de la culture soufie, Faouzi Skalli.

Etaient également du voyage d'éminentes personnalités internationales comme MM. Gerhard Schroder, ancien Chancelier allemand, Stepjan Mesic, ancien président croate, Ely Ould Mohamed Vall, ancien Président mauritanien, Mevlut Cavusoglu (Turquie), Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, ainsi que des représentants des chefs d'Etats de l'Egypte, du Pakistan, de la Turquie et les maires de 12 cités d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient.

Ce déplacement de 150 personnalités musulmanes, chrétiennes et juives, conduit par la Directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, et le Maire de Paris M Bertrand Delanoë, vise à rappeler la barbarie du nazisme et du fascisme, rejeter le négationnisme, et appeler les responsables politiques, religieux et intellectuels de tous les pays à endiguer les nouvelles formes de haine et d'intolérance.

Mardi 1er février, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi Mohammed VI, Président la fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les Cultures et co-fondateur du Projet Aladin pour la Shoah, a fait une déclaration dont voici les idées-forces :

« Pendant l'holocauste, le Maroc était un havre de paix et d'accueil pour les juifs marocains et une terre d'accueil pour les juifs persécutés en Europe » ;

Il s'est dit dans cette perspective « très fier de voir le Maroc écouté, entendu et respecté » ;

« Quand la barbarie était occidentale et européenne au moment du nazisme, c'est du Maroc et depuis d'autres pays de l'espace arabo-musulman que se sont allumés les clignotants de la modernité et les signaux d'humanisme qui avaient déserté le reste de la région » ;

« Les dérives actuelles de l'islamophobie en Europe doivent être combattues avec détermination et la même rigueur que l'antisémitisme » ;

« Il n'y a pas de lutte contre l'antisémitisme qui ne s'accompagne d'une résistance à l'islamophobie. »

En photo : MM. Azoulay et Mustafa Ceric (le Grand Mufti de Bosnie)
 

Publié dans Dialogue des cultures

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