Peur sur La Mecque

Publié le par Karim El Maghribi

Ce n’est pas tellement le spectre d’une pandémie de grippe mexicaine qui hante les autorités saoudiennes à quelques jours du début des rites du pèlerinage, ni les bousculades meurtrières (devenues monnaie courante), encore moins les fréquents incendies non moins meurtriers qui chaque année endeuillent le cinquième pilier de l’Islam.

C’est l’éventualité cauchemardesque d’une agression iranienne ou houtie, ce qui revient au même, qui donne des insomnies au régime saoudien.

La guerre que livrent les rebelles houties de rite chiite au régime yéménite du colonel Abdellah Saleh depuis plusieurs semaines et qui fait de part et d’autre plusieurs centaines de morts et blessés sans compter les milliers de déplacés a en obligeant l’armée de l’air de saoudienne d’entrer en danse aux côtés des frères yéménites (officiellement pour défendre sa frontière contre les incursions houties), donné une bonne raison à ces rebelles d’ajouter l’Arabie sur leur liste de cibles à embêter.

Une perspective qui n’est pas pour déplaire au régime des mollahs qui officie à Téhéran. Lequel régime avait dès le renversement du Chah en 1979 tenté par le biais d’un groupe armé de s’emparer de La Mecque en pèlerinage en y faisant même des otages.
Acte qui aurait pris des proportions imprévisibles et incalculables si la CIA et les services de feu Hassan II n’avaient fait avorter dans l’œuf le terrible projet des terroristes à la solde de l’Iran.

Cette sombre perspective risque de se répéter dans quelques jours d’autant que Ryad qui a mobilisé de colossaux moyens de prévention ne pourra pas parer à 100 % contre une éventuelle attaque terroriste téléguidée par les mollahs iraniens. D’abord on ne peut pas fouiller tous les pèlerins. Puis il suffit qu’un énergumène malintentionné crie au bon moment au feu ou à la bombe pour que les pèlerins soient pris de panique et se piétinent entre eux.  Et avec 3 millions de fidèles le drame sera inévitable.

Pour réitérer son appui à Ryad, Rabat a demandé à deux porte-paroles officiels et de premier plan de conduire les pèlerins marocains à La Mecque. L’un parle au nom du gouvernement, en l’occurrence Me Khalid Naciri (qui est également ministre de l’information), l’autre est le syndic des patrons, à savoir le très pieu Mohamed Horani.

Le message de Rabat à l’adresse de sa sœur Ryad est clair. Nous politiques et hommes d’affaires marocains sommes avec vous. Pour le meilleur et pour le pire.

Publié dans Confidentiel

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