Pourquoi les présidentielles américaines ne fascinent plus le monde arabe

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le monde arabe n’est plus aussi passionné par le spectacle des élections présidentielles qu’il était avant 2008. Excepté les hauts responsables des pays  arabes y compris certains haut fonctionnaires zélés qui vont jusqu’à participer financièrement aux campagnes de leurs candidats favoris, la classe moyenne et surtout la jeunesse n’a vraiment plus rien à cirer de ce cette course au capitole que certains pétrodollars affectionnent plus que les courses de Formules 1, de chameaux  ou de canassons. Bien évidemment le tsunami du « Printemps arabe » - et son effet boomerang sur le lanceur - sont pour beaucoup dans cette perte de passion des jeunes arabes pour ce scrutin dont l’éclat a déjà été écorné en septembre 2001 quand les deux tours du Twin center s’effondrèrent comme un château de cartes. Le monde découvrit alors que la puissante Amérique peut être frappée mortellement au cœur de son QG. Le deuxième coup aussi mortel survint avec l’annonce de la crise des subprimes qui outre ses conséquences dévastatrices sur l’économie mondiale a montré que le pays de l’Oncle Sam est un colosse d’argile.  Une réalité incompatible avec l’image idéale véhiculée depuis l’après guerre par les médias, en particulier le cinéma à gros budget. Bref, la légende des Etats Unis d’Amérique est en passe de se terminer ou du moins est dans une mauvaise passe. Une très mauvaise posture si bien que les insultes que s’échangent les deux candidats, Obama et Romney, peinent à ranimer l’intérêt non seulement des Arabes mais aussi des Américains, plus préoccupés par les sujets de l’heure : l’emploi, le coût de la vie, l’accès au logement, l’éducation et les soins médicaux et j’en passe… Seule l’annonce du décès de Neil Armstrong a pu faire revivre pour quelques instants les années de gloire d’une certaine Amérique.


Comme l’on s’y attendait la chaîne Aljazeera, la plus grande ambassade des Etats-Unis dans le monde arabo-musulman, a volé au secours du « big brother ». La « CNN arabe » a  mis les petits plats dans les grands et mobilisé ses meilleurs reporters pour couvrir la course à la Maison Blanche. Dans l’espoir de redonner un peu d’éclat à cette morne compétition. Et aussi de booster chaque fois que cette chaîne en aura l’occasion le candidat Obama qui par son opposition à une frappe de l’Iran est la meilleure assurance-vie pour l’Emirat pétrolier du Qatar, propriétaire de Aljazeera TV et dont la totalité des exportations pétrolières et gazières transitent par le détroit d’Ormuz que les mollahs de Téhéran menacent de fermer en cas d’attaque de ses installation nucléaires.

Publié dans Focus

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