Presse féminine : Pourquoi « Citadine » paraît illégalement

Publié le par Karim El Maghribi

Presse féminine : Pourquoi « Citadine » paraît illégalement

Depuis avril 2012, une nouvelle entorse à la loi marocaine sur l’édition et la presse est venue enrichir le palmarès de cette publication, créée en 1994, à partir de presque rien et qui a entamé une vertigineuse descente aux enfers dès 2005, date où deux associés marocains de Abdellah Khizrane ont cédé leurs actions au Saoudo-yéménite Jamal Mohammed Ahmed Baamer, soit plus de 60 % du capital.



Presse féminine : Pourquoi « Citadine » paraît illégalement
Citadine, le magazine féminin de langue française, le seul rescapé avec Les cahiers du médecin du massacre qu’a subi la Sarl « Les Editions Lilas » qui avant 2008 publiait plus de sept titres, n’affiche plus les noms de ses cogérants comme le stipule l’article 10 du Code de la presse (voir l’encadré ci-dessous et la photo du numéro de février 2011). Citadine qui a retrouvé les kiosques en juin 2011 après un arrêt de 8 mois décidé unilatéralement par son patron le Saoudo-yéménite Jamal Mohammed Ahmed Baamer n’en est pas à sa première violation de la législation en vigueur.

Encouragé par une curieuse « bienveillance » des autorités à son égard mais qui ne profite pas à toutes les autres publications comme l’affaire du quotidien Le Soir Echos. (1) Le magazine féminin collectionne les entorses à la loi, et pas uniquement celle dont il est question ici mais aussi de la loi du travai. Pour épargner au lecteur son temps, égrenons maintenant ce long collier de perles qui contraste gravement avec la ligne éditoriale- si ligne éditoriale il y a- qui se veut moderniste. Aucun exemplaire de Citadine n’est remis à l'autorité gouvernementale chargée de la communication ni au tribunal de première instance comme le stipule l’article 8 du Code de la presse. Le nom du directeur de la publication n’est jamais affiché en première page comme le prévoit l’article 9 de la loi sur la presse.

Même les noms des propriétaires gérants ne sont pas affichés (et ce depuis le numéro de mars 2011) comme l’exige l’article 10. Encore moins le nom de la Sarl éditrice : Les Editions Lilas ! Les patrons qui détiennent la majorité du capital des Editions Lilas (inscrite à deux adresses différentes pour la CNSS !) sont des Saoudo-yéménites, n’ayant pas ni la nationalité marocaine ni la dérogation spéciale de publication, ce qui équivaut à une violation pur et simple des articles 12, 27 et 28 du Code de la presse. Et j’en passe des vertes et des pas mûres comme le fait que le magazine est imprimé chez Estudios Graficos Europoeos SA à Séville, ville où Jamal Baamer (portrait en bas ci-dessous) aurait de solides appuis.

 

(1) L'affaire le Soir Echos "Le Soir Echos" a régularisé sa situation par le transfert des actions de son associé étranger à un Marocain Le ministère de la Communication a indiqué, mercredi, que le journal le "Soir Echos" a régularisé sa situation depuis le 22 juin dernier en procédant au transfert des actions de son associé étranger à un autre actionnaire Marocain. Un communiqué de ce département explique que les services compétents du ministère avaient demandé aux responsables de l'entreprise éditrice du journal, après avoir constaté la participation d'un associé étranger dans son capital, de régulariser cette situation conformément à la procédure en vigueur et aux dispositions des articles 12 et 28 du Code de la presse et de l'édition. Le document relève que les responsables du journal ont donné suite favorable, et de manière "rapide et positive", à cette requête à travers le lancement de la procédure de transfert des actions de l'associé étranger à un participant Marocain, tout en informant les autorités concernées de cette décision en date du 22 juin 2012. Le ministère rappelle qu'il avait adressé au cours de cette année une correspondances à un groupe de publications pour régulariser leur situation conformément à l'article 27 du code de la presse et de l'édition, selon lequel "est réputé étranger au regard du présent Dahir, quelle qu'en soit la langue d'expression, tout journal ou écrit périodique qui est soit créé ou publié en tout ou en partie au moyen de fonds étrangers, soit dirigé par un étranger", y compris "Le Soir Echos". La même source ajoute qu'après avoir examiné le dossier de demande de ce journal d'obtenir le numéro de la commission paritaire de la presse écrite par une sous-commission technique composée de représentants de la Fédération marocaine des Editeurs de journaux et de représentants des départements gouvernementaux concernés, ladite sous-commission a constaté la participation d'un étranger dans le capital de la société éditrice, ce qui nécessite le recours de l'entreprise à la procédure d'autorisation et de publication en vertu d'un décret. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la mission quotidienne des services chargés de la révision des documents des entreprises éditrices, conformément au Code de la presse et de l'édition, (articles 12, 27 et 28) pour vérifier la nature de leur capital et la nationalité des actionnaires et responsables en charge de l'édition, et ce dans le cadre des attributions du ministère et du suivi des publications éditées au Maroc, tant nationales qu'étrangères, ajoute le communiqué.

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