Sale temps pour les Marocains d’Espagne

Publié le par Karim El Maghribi

gob-mtas.gifAlors que Madrid étudie la possibilité de contrôler les envois d’argent par les immigrés vers leurs pays d’origine -comme le fait le Canada depuis longtemps- afin de réduire les effets de la crise qui sévit au pays des Ibères, une autre possibilité du même genre est déjà entrée en application : tout immigré marocain qui quitte désormais l’Espagne  pour une durée de plus de 15 jours sans permission doit rembourser la totalité des aides sociales qu’il aura perçues à titre de dédommagement  contre le chômage. En plus du payement d'une amende de 15.000 euros. Car, arguent les initiateurs de cette obligation, un chômeur reçoit des allocations de chômage pour l’aider à trouver un emploi, pas à faire du tourisme. Evidemment cette mesure fait beaucoup de bruit tant au Maroc que dans les milieux d’immigrés marocains en Espagne où ces derniers constituent la première force de travail extracommunautaire, affiliée au régime de sécurité sociale avec 227.000 inscrits sur une communauté estimée à quelques 700.000 immigrés. En effet la décision tombe au mauvais moment : Rabat vient tout juste de lancer l’opération Marhaba qui ouvre la saison des retours massifs des Marocains établis à l’Etranger vers le Maroc. Pire : la mesure punitive semble ne concerner que les Marocains !

 

Bien sûr ce sont ces 227.000 immigrés qui ont des papiers en règle qui sont ciblés par ladite mesure administrative qui lui oblige désormais à rembourser les subsides reçues à titre d’indemnités de chômage s’ils veulent se rendre au Maroc ou ailleurs  pour des durées supérieures à 6 mois sans oublier l'amende de 15.000 euros ; car tous ne partent pas pour leur pays d’origine : une bonne partie préfère aller dans les pays de l’Espace Schengen à la recherche d’un job. Ce qui débouche parfois sur des situations bien drôles : un immigré établi en Espagne perçoit des allocations de chômage payées par le gouvernement espagnol alors qu’il se trouve à Paris ou Rome où il travaille en touchant un salaire ! Et comme la crise la crise va crescendo en Espagne, bientôt il ne restera plus personne en Ibérie, tandis les caisses de protection sociales espagnoles continueront de verser des indemnités à ces nomades des temps modernes.

 

Mais est ce que cette mesure restrictive va vraiment contraindre les chômeurs marocains à rechercher du travail en Espagne ? On en doute fort. Une source qui vaut garder l’anonymat soufflé, nous a confié que « de plus en plus de Marocains au chômage qui arrivent en Espagne, dès qu’ils obtiennent leurs papiers de séjour, oublient  pourquoi ils ont quitté leur pays et se mettent à se souler dans les bars en claquant leurs allocations. Et plus ils se donnent et s'adonnent tellement à l’alcool et à d’autres drogues qu'ils sont devenus incapables de travailler et certains sont si esquintés qu’ils ne sont plus capables de se laver. »

 

Si ceux qui partent pour d’autres pays de la Zone Euro le font pour des raisons purement pécuniaires et de ce fait se trouvent dans une situation où il leur est difficile de se justifier, par contre, ceux d’entre deux au chômage qui décident de rentrer au pays le font surtout pour des besoins de faire des économies. Avec une allocation chômage de 420 euros  par mois, il est quasiment impossible de survivre en Espagne, tant le coût de la vie s’y est considérablement renchéri à cause de l’euro. Alors que cette maigre allocation qui équivaut à 3 fois le salaire minimum marocain peut permettre de vivre décemment en attendant que l’économie espagnole reparte.

Publié dans Confidentiel

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