Sarkozy vu par la journaliste Catherine Nay

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http://media.rtl.fr/online/image/2012/0103/7741712273_nicolas-sarkozy-a-lanveoc-poulmic-dans-l-ouest-de-la-france-le-3-janvier-2012.jpgSarkozy l'impétueux, vu par Catherine Nay (titre d'origine)

Jeter un coup d’œil au livre de Catherine Nay, c’est prendre le risque d’être happé par un tourbillon. Et d’en sortir 682 pages plus loin, sans avoir pu reprendre son souffle. Le lecteur est emporté dans l’aventure d’une présidence qui ne ressemble à nulle autre. Pas même à celle de Valéry Giscard d’Estaing, le vaincu de la Vème République auquel certains, mi-sarcastiques, mi-sentencieux, comparent Nicolas Sarkozy. Aimeraient le comparer…

 

En dépit de maladroits efforts pour se rapprocher du peuple, VGE prenait les gens de haut. Son lointain successeur a plutôt tendance à les prendre de face, de front, d’homme à homme. Sans limites ni tabous. Il fonce. Il y va. Il ne cache rien. Sur lui, ses épouses, ses enfants, ses ministres, ses amis, ses intentions… Les Français n’ont pas l’habitude de cette pratique du pouvoir. Cela en a rendu fous. Secoués par un rythme effréné de réformes. Dépassés par les méthodes d’un chef dont la conduite de l’État s’apparente à celle d’un commando. Qui m’aime me suive. Las pour lui, tout le monde ne suit pas. Combien ? On va en avoir le cœur net…

 

C’est cette histoire que raconte Catherine Nay. Cinq ans d’un mandat mené tambour battant, avec dans le rôle-titre l’Impétueux. Il a tellement cassé les codes de notre République monarchique, engagé de changements dans tous les sens que, même parmi ses partisans, quelques-uns ne comprennent pas où il veut en venir. Ils sont déboussolés. Inca­pables de distinguer ses succès de ses échecs. De reconnaître ses mérites et son courage.

 

C’est d’abord la faute de Nicolas Sarkozy. Il n’a pas toujours su écouter, prendre du recul, capitaliser sur des événements positifs. Notamment en politique étrangère, où l’auteur parle de « l’éclat du sarkozysme international ». Vite fait, bien fait, le jour suivant, sûr de sa victoire, il passe à autre chose. Sans même s’apercevoir qu’il ouvre là une boîte à claques !

 

Tel apparaît Sarkozy sous la plume mordante de Catherine Nay. Qui rapporte sur le président cette remarque de François Fillon : « Il y a toujours la phrase de trop dans ses discours. » Il en va souvent de ses discours comme du reste de son action. Quel que soit le terrain, quel que soit l’interlocuteur.

 

Pour expliquer ce comportement, il y a bien sûr le tempérament de l’impétueux. Mais aussi la rupture avec Cécilia. D’une rupture l’autre. La première – sentimentale -, qu’il refusait, va jouer un rôle dans la se­conde – politique -, qu’il voulait. Un transfert de testostérone. Catherine Nay n’emploie pas la formule, mais la mémorialiste traduit ce sentiment dans des pages d’une belle acuité. Avec ce coup de massue qui ouvre l’ouvrage : « À toi je peux le dire, c’était le jour le plus triste de ma vie. » Le jour de sa victoire à l’Élysée. Il est roi, mais le roi est nu, sa reine s’en va.

 

Sa virilité, il l’exercera donc avec les Français. La femme est l’avenir de Sarkozy. Sans elle, il n’existe plus. Elle lui apporte la sérénité. C’est pourquoi il épousera Carla Bruni peu après l’avoir rencontrée. Les accusations en bling-bling fusent. Peu importe, en amour, Sarkozy est comme un gamin. À la vie, à la mort. Il y croit passionnément. Comme en politique. Mais, eux, les Français, partagent-ils le même état d’esprit ? Pas sûr…

 

"L'Impétueux", de Catherine Nay, chez Grasset, 22 euros.

 

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