Séfiani, avocat du diable ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Quand on entend l’avocat Khalid Séfiani gueuler, ses coups de gueule sont tellement grossiers et invraisemblables que l’on se demande à juste raison s’il ne se fait pas tout simplement l’avocat du diable d’une cause à laquelle il ne croit pas ; tellement la ficelle est grosse. Mais en ergoteur expérimenté, le secrétaire général du congrès panarabe (depuis mai 2006), une officine qui rassemble des nostalgiques de l’ère de Jamal Abdel Nasser et autres bassistes en perte de vitesse et has been, sait bien choisir ses victimes, justement pour que ses diatribes et rhétoriques de mauvais goût aient un minimum de crédibilité aux yeux d’une opinion publique assoiffée de sensualisme et de populisme en ces temps de crise.

M. Khalid Séfiani semble à cet égard avoir trouvé la victime idéale. Une victime qui non seulement cristallise par sa foi et son rang toutes les velléités imaginables, mais elle est également de par son statut tenue par le droit de réserve ; en ce sens que Me Séfiani sait très ce que lui coûterait un éventuel procès en diffamation qui sera perdu d’avance même si le Maroc qui bénéficie d'un statut avancé que lui a octroyé l'Union européene ne dispose pas d'une loi incriminant le racisme ni la haine. Et comment peut-il en être autrement, comment Me Séfiani ne sera-t-il pas condamné quand il accuse publiquement un citoyen marocain, en l’occurrence M. André Azoulay, d’être un sioniste à la solde d'Israël? Une accusation grave et lourde de conséquences surtout qu’elle est proférée dans un pays musulman et arabe. Pire : le champion du panarabisme tous azimuts et qui ne s’est jamais révolté le temps d’une seconde contre la terrible répression que subit depuis plusieurs décennies la minorité arabe d’Alhwaz de la part des autorités iraniennes ni du sort des immigrés marocains traités comme du bétail dans certains pays du Golfe va jusqu’à demander le départ de M. André Azoulay de son pays, le Maroc ! Lequel ce fils d’Essaouira a rejoint en 1991 à la demande du Regretté Hassan II et qui depuis cette date, comme avant, n'a jamais ménagé le moindre effort pour servir son Roi et son pays.

On se demande alors, outre le statut de victime idéale de M. Azoulay, quelles sont les vraies autres raisons qui ont décidé Me Séfiani à faire du fondateur de Identité et Dialogue (une association pionnière du dialogue israélo-arabe dès le début de la décennie 1970) son ennemi public ? Si le fait que M. Azoulay soit désigné en mars 2008 à la tête de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures en est la raison alors on comprend ce que Me Séfiani, homme de tout sauf de dialogue, ressent. Si, au contraire, la raison est plus « primaire » et a trait à la religion juive de M. Azoulay, alors on conseille à Me Séfiani, qui s’agite chaque fois qu’un responsable arabe visite le Maroc, de dire franchement son anti-judaïsme et antisémitisme. Amen.

Publié dans Edito

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