Syrie : la guerre ne sera ni chimique ni bactériologique mais cyber-virale !

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Ceux qui attendent ou craignent que le régime syrien recourre à l’arme bactériologique ou chimique lorsqu’il sentira sa fin venue se trompent. Ni l’armée régulière ni les milices fidèles à Bachar Assad (dites chabiha) ne s’hasarderont à employer les armes de destruction massive (ADM) contre les rebelles ; ne serait-ce que pour éviter d’embarrasser la Chine et la Russie, les alliés sûrs de Damas au conseil de sécurité. Mais cela ne signifie pas que d’autres ADM, plus discrètes et dont les conventions internationales ne disent rien, n’existent pas. Celles-ci, en effet, non seulement existent et coûtent beaucoup moins cher mais elles sont ultrarapides et aussi efficaces que les traditionnelles AMD sauf qu’elles ne provoquent- en principe- que des pertes matérielles. Le machin s’appelle tout bêtement «virus informatique.»

 

Aidés d’une superpuissance qui excelle en matière de la cyber-virologie, les hackers syriens ont montré vite leur maitrise de l’outil ravageur. La chaîne Aljazeera qui a fait de la chute du régime Assad son cheval de bataille en sait quelque chose ; puisque depuis plus d’un an ces émissions sont perturbées par des virus dont l’origine serait localisée au pays de Cham. Ce qui peut arriver à Al Jazeera peut aussi bien arriver aux autres structures de production vitales des Etats favorables aux rebelles anti-Assad, et dont l’informatique constitue un élément essentiel de fonctionnement. L’énergie étant la colonne vertébrale des économies des pays du Golfe, c’est bien cette cible vitale et stratégique qui semble intéresser les hackers pro-régime syrien. Et c’est déjà fait ! « Une deuxième victime en deux semaines. L'un des plus gros producteurs de gaz naturel au monde a été contaminé par un virus informatique, appelé +Shamoon+, qui frappe depuis quelques semaines. Le Financial Times annonce en une de son édition de vendredi 31 août que RasGas, entreprise d'Etat qatarie (le pays est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié), faisait face à +des problèmes techniques+ après avoir été touchée par un virus inconnu ». En milieu de journée, le site de RasGas était toujours inaccessible rapporte le Journal Le Monde dans son édition digitale du vendredi 31 août 2012. Cette attaque cyber-virale intervient une quinzaine de jours après celle qui a frappé Saudi Aramco, entreprise d'Etat du plus grand producteur mondial de pétrole brut, l'Arabie saoudite.

 

Bien entendu, Israël est le coupable tout indiqué pour endosser la responsabilité de ces attaques ; d’autant que les pays victimes sont des pays arabes. D’autant plus aussi qu’en janvier dernier, un groupe de hackers israéliens avait affirmé s'être introduits sur les sites des Bourses de Ryad et d'Abou Dhabi pour répliquer à des cyberattaques lancées contre plusieurs sites israéliens. Si la responsabilité de pirates israéliens est difficile à écarter, cela n’exclut nullement une éventuelle attaque de hackers pro-Assad.

 

Maintenant il s’agit de savoir quelles sont les autres cibles potentielles des cyber-ADM pro-Assad. A part deux ou trois pays arabes tous les autres seraient dans la ligne de mire. En mai dernier, l'éditeur russe de logiciels antivirus Kaspersky Lab a annoncé avoir identifié un nouveau virus informatique au potentiel destructeur inégalé. Flame, son nom, est utilisé comme une « cyber-arme » contre plusieurs pays. Flame aurait été utilisé pour attaquer le ministère du Pétrole iranien et le principal terminal pétrolier iranien.

Publié dans Sécurité

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