Syrie : Les sanctions soudent le régime Assad, les Tchétchènes à la rescousse des rebelles

Publié le par ttu.fr

Syrie : l’enlisement politique et militaire (Titre d'origine)

Le conflit syrien risque de prendre une tournure nouvelle avec la montée en puissance d’une faction dure au sein de la communauté alaouite, qui soutient majoritairement le clan Assad. Selon les services de renseignements occidentaux, cette faction pourrait mener un coup d’Etat contre le président Bachar el-Assad, jugé trop timoré, afin de mater la rébellion par des moyens militaires accrus.


Ce scénario, s’il se réalise, provoquerait une scission au sein de l’armée, qui compromettrait tout effort de transfert du pouvoir par la négociation et rééditerait l’expérience irakienne. Certaines fractions de l’opposition syrienne parient sur un tel coup d’Etat, qui entraînerait à court terme un effondrement du régime, ôtant à la Russie et à la Chine toute justification de poursuite de leur soutien.


Tout cela ne plaide pas pour une solution politique, alors que les puissances occidentales, notamment les Etats-Unis et la France, n’ont pas les mêmes priorités. Ainsi, alors que Paris pousse le Conseil national syrien (CNS) à former un gouvernement transitoire, qui recueillerait une large reconnaissance internationale, Washington veut obtenir avant tout une unification des forces d’opposition, et l’élargissement du CNS à d’autres composantes. L’administration américaine a accueilli à Washington des personnalités de l’opposition étrangères à ce Conseil, alors que la diplomatie française continue à considérer le CNS comme son unique interlocuteur.


Parmi les projets actuellement en cours figure la constitution d’un pouvoir mixte civil et militaire, composé d’un conseil militaire représentant l’armée syrienne, qui serait garant des alliances régionales et internationales du pays, et un organe des forces de l’opposition qui formerait un gouvernement civil chargé de conduire la transition jusqu’au retour de la paix et l’organisation d’élections libres. Mais les sanctions imposées à des personnalités du régime ont eu pour effet de souder celui-ci et de limiter les défections au sein de l’armée et des services de sécurité. De même, les contacts menés par les pays occidentaux avec des franges du pouvoir de Damas ont poussé le président Bachar el-Assad à prendre des mesures radicales à l’encontre de certains responsables des services de sécurité et de l’armée.


Sur le plan militaire, alors que le conflit se prolonge, les observateurs signalent une baisse d’intensité des opérations militaires au cours des trois dernières semaines, en dépit d’un nombre toujours important de victimes civiles, surtout à Alep, où se sont récemment concentrés les combats. Ce qui serait dû à l’état de grande fatigue des combattants des deux bords, ceux de l’opposition souffrant, en outre, de l’infériorité de leur armement. En face, les forces du régime veulent préserver leurs capacités, soumises à rude épreuve, en dépit de l’aide logistique iranienne et du soutien diplomatique russo-chinois. L’armée a ainsi cessé d’utiliser ses avions Mig et Sukhoi, pour éviter toute friction avec les Russes, les remplaçant par des avions d’entraînement avancé et d’appui feu L-39 Albatros.


De même, les observateurs n’ont pas relevé l’utilisation d’hélicoptères d’attaque Mi-24 dans les combats à Alep, tandis que les hélicoptères de transport Mi-8 continuent à servir dans les opérations de reconnaissance et de surveillance des déplacements des membres de l’ALS. Un seul engin de ce dernier type a été vu tirant des roquettes air-sol dans la région d’Alep. En revanche, les forces du pouvoir font un usage intensif des techniques de détection électro-magnétique pour suivre les déplacements des combattants rebelles qui utilisent des téléphones cellulaires, ce qui explique qu’elles n’aient pas coupé les communications téléphoniques mobiles. Pour sa part, l’opposition a commencé à mettre en œuvre un nouveau centre opérationnel en territoire jordanien, le second après celui basé en Turquie. Enfin, on signale la présence de 300 à 1 000 combattants tchétchènes dans le nord de la Syrie, pour encadrer les rebelles. Ce qui augmente les capacités militaires de l’opposition. La plupart de ces Tchétchènes ayant été embrigadés à partir de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie.

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