Un Maghreb uni pour contrer le terrorisme

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou1.jpgTant que les pays du Maghreb afro-arabo-amazigh, l’appellation Maghreb Arabe étant réductrice tant elle nie la diversité ethnique de cette partie du monde, demeurent désunis, le cancer qu’est Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) continuera à rogner tranquillement la stabilité et la sécurité dans cette région riche en pétrole et uranium.

Quand la bande de Abdelmalek Droukdal a déclaré à Al Qaida en septembre 2006 et changé son nom en janvier 2004 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à l’AQMI, les 300 à 400 (estimation des services occidentaux) terroristes qui composaient cette dernière savaient que le temps et l’espace jouaient en leur faveur. Le temps, car aucune perspective d’union maghrébine n’était à l’ordre du jour, ni à court terme ni à long terme. L’espace ; car l’immensité du triangle Algérie/Mauritanie/Mali aux frontières poreuses et aux conditions de vie difficiles leur permettait de se déplacer comme un poisson dans l’eau.

 

De même, cette bande de tueurs qui vit du racket, du rapt rançonné, du trafic de tabac et d’armes et qui bénéficie de la bienveillance de certains régimes locaux qu’elle légitime et justifie en faisant semblant de les combattre, connait l’histoire récente des croisés, celle de la lutte entre la Turquie musulmane et les Chevaliers de Malte. Elle sait que le 7 septembre 1565, l’armée turque dût renoncer à Malte dont le fort Saint-Elme fut défendue durant un mois par quelque 400 soldats de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Pour cette bande de terroristes l’histoire peut se répéter dans l’autre sens…

Même si au lieu de d’être sur la défensive, la bande à Droukdal est plutôt en ordre de bataille offensif où le rapt de touristes et de philanthropes, âgés comme le défunt Miche Germaneau (probablement exécuté par l’AQMI), le dispute aux raids sporadiques contre les gendarmes et garde-frontières algérien dont Alger vient tout juste de décider de porter le nombre de dernier corps à 16.000. Sans oublier les attentats contre des casernes mauritaniennes isolées et mal équipées dont l’unique but est de voler des armes…

Si l’Occident souhaite que l’AQMI disparaisse de la région il faut qu’il vende des armes sophistiquées et efficaces aux armées régulières des pays véritablement engagées dans la guerre contre cette bande de barbares. Et pour que la transaction soit possible, il faudra que chaque livraison d’armes à un pays de la région ne soit plus vue par un autre comme un danger pour sa sécurité. Quand en 2008 ; Alger à demande au Pentagone de lui livrer des drones dotés de vision nocturne, le Congrès a opposé son véto pour ne pas froisser Rabat. De même le Maroc qui vient d’avoir confirmation d’une livraison de drones de la part de l’américain General Atomics, demeure suspendu aux lèvres de politicards du Congrès, même si lesdits drones ne sont pas équipés d’armes…

Pendant que les bureaucrates de Washington se perdent en conjectures, l’AQMI continue de gagner du terrain.

Publié dans Edito

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