Une vraie guerre des ondes se prépare au Maroc

Publié le par KEM

Avec l’arrivée probable de la filiale mobile de France Télécom sur le marché de la téléphonie marocain, les trois opérateurs en place, Inwi, Maroc Télécom et Méditel, s’attendent à la naissance d’une guerre concurrentielle féroce pour la séduction d’un marché qui s’il est saturé en termes de nombre abonnements, demeure encore largement ouvert en termes de consommation.

 

Selon les chiffres officiels agrées par l’ANRT, l’autorité de régulation, le royaume compte près de 29 millions d'abonnés aux services du téléphone fixe et mobile au titre de l'année 2009. Quand on sait que le pays compte 34 millions d’habitants, on peut croire que le marché est quasiment saturé, les moins de 15 ans ne pouvant posséder de téléphone.

Cependant, le fait qu’une large partie des propriétaires de téléphones portables (c’est le mobile qui tire le marché) consomment peu, parfois se contentant du « bip », et ne rechargeant sa carte que pour en proroger la validité de six mois, signifie que le marché est encore apte à absorber d’éventuels investissements intérieurs comme extérieurs. En fait, la minute de communication est au Maroc plus chère que dans tous les autres pays du monde arabe. Cela veut dire que si un nouvel arrivant vient chambouler le marché en induisant un changement de politique de tarification plus proche du pouvoir d’achat de la majorité des consommateurs, une partie des bippers (ou des générateurs de flux) sera encouragés pour consommer plus.

L’arrivée plus que probable d’Orange, la filiale de France Télécom, sur le marché marocain via l’achat de 40 % du capital de Méditel (2e opérateur depuis avril 2000), capital détenu par Finance.com (Privé) et la CDG (Etat) depuis le retrait de Telefonica et de Portugal Telecom, peut cadrer avec cette optique ; c’est-à-dire peut induire un trend baissier aux tarifs actuellement vigueur.

Mais les observateurs prévoient que la vraie guerre des tarifs battra son plein en Afrique francophone (Maroc Télécom, filiale de Vivendi est présente dans le Gabon, le Mali, la Mauritanie, et le Burkina) où France Télécom est également présente.

Sans perdre de vue le filon des centres d’appels (30.000 emplois depuis 2001, un CA de 3 milliards de dirhams en 2008, 180 entreprises dont 86% sont françaises) où Maroc télécom trône en vrai maître. Etant propriétaire de l’Etat français, France Télécom pourrait une fois bien établie, s’attaquer à ce segment des centres d’appels, d’autant que Paris menace de pénaliser les sociétés françaises des call centers qui se sont délocalisées au Maroc. En effet, si une société d’Etat comme France Télécom pouvait bénéficier de la manne de ces centres de télé services, la menace pouvait devenir caduque, du moins sans objet.

Publié dans Confidentiel

Commenter cet article