Women's Tribune : Associer la femme à la dynamique du progrès pour en assurer la pérennité

Publié le par aufait.com

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4e édition du Women’s Tribune
Encore très peu de femmes dans les instances de décision (Titre d'origine)

Dernière mise à jour : 30/09/2012 à 11:03

 

Pour la 4e année consécutive, s'est tenue, ce week-end, le Women's Tribune : “un carrefour d’échanges des femmes des deux rives de la Méditerranée et d’Afrique”. Ce rendez-vous annuel a été l'occasion de rappeler que les femmes demeurent absentes des instances de décision. Retour sur cet évènement.

 
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Hier, s’est achevée à Essaouira la 4ème édition du Women’s Tribune, qui s'est déroulée du 28 au 30 septembre. Placé sous le thème de “Femmes et société: constater pour agir”, le forum a réuni des personnalités marocaines et étrangères autour de débats et tables rondes.

 

Lors de l’ouverture, Fathia Bennis, présidente du forum, a rappelé l’ambition qui est à l’origine du Women’s Tribune: “le souci de faire entendre haut et fort la cause des femmes du Sud”.

 

Elle souligne que Women’s Tribune n’a rien d’une organisation féministe traditionnelle.

 

“On est là pour éclairer l’action que les femmes peuvent mener afin de renforcer leur leadership, asseoir leur émancipation dans une société de droit où l’homme est un partenaire.”

Fathia Bennis, présidente de Women’s Tribune

 

Dès les premiers débats, ce sont des constats alarmants qui ont été faits comme celui de Nezha Hayat, membre du directoire de Société Générale Maroc et membre fondateur de l’Afem (association des femmes chefs d'entreprises du Maroc) qui rappelle que même si 50% des étudiants sont des femmes, elles sont de moins en moins nombreuses au niveau du top management et dans les postes de décisions économiques.

 

André Azoulay, conseiller du roi, s’inquiète et constate que “notre temps n’est pas celui du progrès. Mais celui du doute et des vieilles peurs qui gagnent nos esprits”. Malgré tout, il appelle au courage: “il faut savoir accompagner cette mutation que nous vivons sans rien céder ni concéder.” Beaucoup de femmes de l’audience, représentantes d’associations, martèlent “éducation, éducation, éducation”.


Pour Nabila Mounib, secrétaire générale du PSU, c’est la séparation des pouvoirs, la réforme de la justice ou encore le travail des chercheurs. Pour d’autres comme Fadela Sebti, c’est de sortir du référentiel religieux. Pour d’autres encore, ce sont des réunions comme celle du Women's Tribune qui seront la solution.

 

La douleur des femmes syriennes

 

Un des moments forts de cette 4e édition fut le témoignage bouleversant de Hind Kabawat, avocate syrienne et militante associative pour le rapprochement des religions et des civilisations, et pour le droit des femmes. Arrivée directement d’un camp de réfugiés syriens en Turquie, elle raconte la vie très dure des femmes de ce camp, évoquant l'errance de certaines de ville en ville, fuyant les combats pour sauver leurs enfants, ou ne sachant plus où est leur mari. Elle rend hommage au gouvernement turc qui accueille plus de 100.000 personnes dans les camps. Hind Kabawat travaille avec ces femmes et nous raconte que même si son rôle est de donner de l’espoir, ce sont elles qui donnent au monde une leçon de courage. Elle fait un appel d’urgence à sortir du silence.

Soundouss Elkasri

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