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112 articles avec edito

Pour que le projet UPM ne devienne ni une usine à gaz ni une auberge espagnole

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Ça va faire bientôt cinq et demi que le projet de l'Union Pour la Méditerranée (UPM) a été lancé par l’ancien Président français Nicolas Sarkozy.

Connue sous la dénomination officielle « Processus de Barcelone », l’idée connaitra moins d’enthousiasme de la part des pays européens du Nord, particulièrement l’Allemagne, notamment à cause des suites de la crise des subprimes, révélée au printemps 2007, et dont les conséquences médiatico-dramatiques ont atteint leur apogée lors des discussions animées relative à la question de la « régulation des activités financières » du sommet du G20 de novembre 2008. A peine née, l’UPM qui était déjà lourdement handicapée par la question isréalo-plestinienne, des pays comme l’Algérie refusant catégoriquement que l’Etat hébreu soit membre à part entière cette organisation euro-méditerranéenne, entrera illico dans une période glaciale. Mais l’idée-matrice demeure entière et les dangers qui pèsent sur elles ne sont plus vraiment de savoir si elle verra le jour un jour, mais sous quel jour ? En réalité l’UPM existe bel et bien, et si elle passe inaperçue c’est parce qu’on lui a fait porter des habits de dissimulation.

En résumé, l’UPM n’est plus vraiment cette Mare Nostrum (ou ce Lac de Tibériade tant chanté par les poètes grecques au moment où le bassin méditerranéen était plus qu’un espace commun) dont les formes ont été déclinées, le 13 juillet 2008 à Paris, sous la coprésidence de Nicolas Sarkozy et de Housni Moubarak, en présence d’autres pays, mais une sorte d’usine à gaz- ou d’auberge espagnole- où chaque Etat industriel apporte dans son escarcelle des projets économiques à vendre ou à confier à leurs homologues du Sud (appelés à jouer le rôle de couveuse ou de salle de réanimation), le temps que la tempête de la crise financière passe.

 

Créer des emplois c’est super !

Sortir des jeunes marocains de l’ornière

du désœuvrement

et de l’inactivité c’est extraordinaire.

Mais faire en sorte

que ces derniers évoluent dans un espace

de liberté, de tolérance, de bien-être

moral et matériel, à l’abri

de l’ignorance et de la haine d’autrui

c’est le rêve de tous!


Personne ne nie ni conteste les bienfaits sur les pays du Sud de tels projets de délocalisation ou de relocalisation ou de joint-ventures … Autrement ce serait cracher dans la soupe. « Le partenariat méditerranéen, qui se concrétise de plus en plus, a contribué à la réalisation de plusieurs acquis indéniables », a affirmé M. André Azoulay qui intervenait samedi lors d'une table-ronde sur « la place de l'innovation et de la créativité dans la communauté méditerranéenne », organisée dans le cadre de la Semaine économique de la Méditerranée (7-8 novembre à Marseille). En effet, le Maroc a profité et continue de profiter de la forte présence- qui va crescendo- des entreprises françaises sur ses terres : « 39 des 40 entreprises du CAC 40 » a rappelé récemment à Marrakech le ministre de l’Economie Pierre Moscovici. Seule l’Espagne est proche du record. Mieux : Après la méga délocalisation de Renault-Nissan à Tanger, des bruits ont couru en marge de la 3e édition du Forum économique mondial (MENA), organisée dans le cadre de cette 7ème édition de la Semaine économique marseillaise, que le constructeur Peugeot envisagerait lui aussi de délocaliser une partie de production dans la ville du détroit. Marhaba, barukhaba, welcome, bienvenido… ! On est épaté ici, au Maroc. Mais on le sera davantage si ces vagues de délocalisations s’accompagnent des mêmes efforts ou du moins de la même attention sur le plan social, culturel et humain. Créer des emplois c’est super ! Sortir des jeunes marocains de l’ornière du désœuvrement et de l’inactivité c’est extraordinaire. Mais faire en sorte que ces derniers évoluent dans un espace de liberté, de tolérance, de bien-être moral et matériel, à l’abri de l’ignorance et de la haine d’autrui c’est le rêve de tous ! L’idéal. Il suffit d’un peu de volonté politique de la part des 28 membres de l’Union européenne.

L’outil est déjà là. Il s’appelle « Fondation Anna Lindh pour le dialogue des culture « et va bientôt souffler sa 10ème bougie en 2014. Que du chemin parcouru en 10 ans ! « Un réseau d’envergure régionale comptant à ce jour plus de 3000 organisations de la société civile. » Un bassin démographique de plus de 700 millions de personnes. Un véritable bouclier anti-xénophobie dédié à la promotion de l’amitié entre les peuples sans démagogie ni arrière-pensée. Et une étude, la première du genre, réalisée en 2010 en partenariat avec le prestigieux institut de sondage d'opinion Gallup, et qui a prédit le séisme des révoltes du Printemps arabes qui ont succédé à son épicentre, localisé à Sidi Bouzid (bourgade tunisienne) à la mi-décembre 2010. Et ce n'est pas fini ! La Fondation Anna Lindh va publier dans les jours qui viennet un deuxième rapport réalisé avec l'aide du même institut Gallup.« Il s'agira de la première étude de cette importance depuis les profonds changements amorcés sur la rive sud de la Méditerranée après la mutation historique partie de la Tunisie en 2011 », a souligné André Azoulay, le Président de la Fondation Anna Lindh, qui s'exprimant lors de la clôture des travaux du Conseil Consultatif de la Fondation Anna Lindh réuni sous sa présidence, du 4 au 6 novembre à Lisbonne, en précisant que le sondage, réalisé par l’Institut « a été réalisé à partir d'un échantillonnage de 13.000 ménages soit plus de 50.000 personnes représentatives des populations du nord et du sud de la Méditerranée. » Qu’attendent dons les dirigeants des pays du Nord pour agir ? L’été arabe ? S’ils ont un petit trou de mémoire, qu’ils relisent la Déclaration du Sommet des Présidents des parlements de l'UPM à Marseille, le 07 avril 2013. Ça leur rafraichira la mémoire... Sinon on ne fera que produire des richesses sur le dos de la misère. Une vieille mécanique. Le bien-être virtuel ou offshore ça fatigue à la longue...

Rabelais le disait bien : « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme .»

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L’assiette au leurre !

Publié le par Abdelkarim Chankou

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En voulant à tout prix élargir l’assiette fiscale, la majorité Benkirane a fini par restreindre à la taille d’un pois-chiche le bol alimentaire des couches vulnérables. Et pardon pour cette denrée qui est devenue de nos jours un luxe difficile d’accès. Avec le projet du budget 2014 qui prévoit entre autres « mesurettes », destinées plutôt à mignoter les technocrates du FMI que de renflouer les caisses de l’Etat, le relèvement du taux de la TVA à 20 % sur des produits de consommation basiques comme la sardine à l’huile, le riz, le thé, le beurre et le sel de table etc., le Marocain, qui est déjà en lutte acharnée avec un coût de la vie largement au dessus de ses moyens, va devoir désormais trop mâcher sa maigre pitance en la gardant le plus longtemps  possible dans sa bouche. Le ras-le-bol…


Il doit aussi bien sucrer son café ou thé et prier en même temps Allah pour que les prix du sucre et de l’eau de robinet n’atteignent pas des niveaux douloureux. Eventualité qui n’est pas du tout exclue à très court terme. Bien sûr, certains produits alimentaires dont le projet de la loi budgétaire prévoit le relèvement du taux de la TVA vont échapper au massacre ; les rédacteurs du projet de loi de Finances, en farceurs professionnels,  ont tenu à glisser dans la liste quelques amuse-gueules à jeter en pâture à une opposition qui aime mettre quelques os sous la dent pour satisfaire son ego et ménager son amour propre. On gagera que le beurre ferait partie des graciés. Le leurre…

 

D’autant que le beurre qui a fait la fortune d'un ou deux gros importateurs a depuis longtemps  été fui par les sans le sou qui lui ont substitué la margarine végétale, plus clémente pour les corps chétifs et cœurs fragiles… le beurre et l’argent du beurre …


Bref, en moins de deux ans, l’électeur de base qui a porté les islamistes light (au sens du poids et non pas de la lampe) aux affaires, se réveille avec une méchante gueule de bois. Non seulement il a découvert qu’il a voté sans le savoir pour le FMI (déguisé en PJD) mais qu’il doit désormais multiplier les prières en en allongeant la durée, dans l'espoir d’oublier les incessants appels de l’intestin. Prière de ne pas rire…

 

La vérté est que tout indique que le Maroc est bel et bien assujetti à un nouveau programme d'ajustement structurel par les Institutions de Brettons Woods et que le PJD, soucieux de son image et de ses soutiens extérieurs, n'a pas le moindre courage ni audace d'affronter. La mauvaise passe...


Enfin si les rares lecteurs qui lisent encore mes billets se demandent pourquoi je tiens un langage d’opposition, qu’ils sachent alors que c’est parce que tout simplement il n’y a pas une Opposition crédible dans ce pays. Il y a seulement des anti-majorités primaires et des ronds-de-cuir patentés de la politique politicienne… En somme des joueurs qui se sont mis sur le banc de touche et qui attendent que leur tour vienne quand l'arbitre sortira le carton rouge...

 

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Un air de déjà vu : Juin 1981 !

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Excepté l’inflation qui est relativement maîtrisée autour de 2.5 % grâce à une bonne année agricole 2012, au maintien du taux directeur de Bank al Maghrib à 3 % et au gel des salaires, la situation socio-économique qui prévaut au Maroc, depuis le 2 juin 2012, rappelle un air de déjà vu. Celui qui a précédé les sanglantes émeutes dites de pain de juin 1981, à Casablanca. En effet, à cette époque le taux d’inflation dépassait 12,5 % notamment à cause de quatre années de sécheresse successives (1980-1984).

 

Pour le reste c’est kifkif ou presque. En effet, excepté cette nouveauté par rapport au gouvernement présidé par feu Maati Bouabid à savoir le fait que l’actuel accepte de se surpasser pour baisser la tension sociale par une politique gesticulatoire qui n’a rien à envier à la clownerie professionnelle, on note la présence des mêmes ingrédients : grogne syndicale, augmentation des prix des carburants, renchérissement du panier de la ménagère, blocage politique, diktat du FMI, augmentation du taux de chômage et fermeture des usines…

 

Mais jusqu’à quand durera ce cinéma ? Croit-on que les sporadiques manifestations et marches de protestation aussi ridicules que placebo comme celle organisée récemment à Rabat à l’appel du Secrétaire général de l’UGTM, Hamid de Chabat, qui n’a rien trouvé de novateur que d’associer l’espèce asinienne à la marche, vont intimider les faucons du FMI pour le convaincre de faire marche arrière en laissant  le gouvernement agir à sa guise ? Evidemment la réponse est niet. Fini le temps de la planche à billets, des grands travaux, du copinage, du nepotisme et des largesses salariales.

 

L’actuelle coalition Benkirane ou celle qui la remplacera prochainement  est acculée à faire preuve de beaucoup d’imagination pour sortir de l’ornière de l’immobilise et de la crise. Car tout a un prix, même l’aide des frères…

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Ce que je pense de l’affaire du pédophile Daniel Galvan Vina

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le violeur des 11 enfants marocains arrêté par la police espagnole

 

« Le mieux est l'ennemi du bien » dit l’adage français. Parfois on croyait perfectionner une chose mais en réalité on était en train de la bousiller ! De même le meilleur réside parfois dans le pire. A ce propos le verset 216  de la Sourate « La vache », est assez explicite. Il dit « assa an takrahou chayan wa houwa khairoun lakom, wa assa an touhibou chayan wa houwa charroun lakoum ». Phrase qui se traduit approximativement en français par ceci : « Peut-être que vous n’aimez pas une chose alors qu’elle est bonne pour vous, peut-être que vous aimez une chose alors qu’elle mauvaise pour vous »*. La première partie de cette parole de sagesse s’applique à la perfection à l’affaire qui défraye la chronique actuellement ; à savoir l’affaire de la grâce royale du pédophile multirécidiviste hispano-irakien Daniel Galvan Vina. Tout le monde ou presque s’est rué  sur cet incident, somme toute déplorable, soit pour régler ses comptes avec l’entourage palatin, soit pour renforcer sa position sur le créneau juteux qu’est le fonds de commerce de la défense des droits de l’homme, ou bien pour faire monter les enchères politiques en exigeant une monarchie parlementaire qui dépouillera le roi d’une grande partie des prérogatives constitutionnelles. Bien sûr, dans la mêlée, il y a bien des groupes et des individus qui ont agi par pure bonne foi, sans arrière pensée aucune ni intérêt personnel ou partisan. Mais cette catégorie sociale on ne l’entend pas beaucoup, malheureusement…

En effet, la décision du Roi d’octroyer sa grâce au pédéraste Daniel Galvan sur demande de son homologue espagnol, sans que le Souverain marocain ne connaisse les détails du dossier du personnage, est-elle en elle-même salutaire ; du fait qu’elle aura permis de concentrer rapidement toute la lumière qu’il faut sur un volet des pouvoirs palatins qu’il faut désormais réformer en les immunisant contre d’éventuels abus futurs, comme celui dont il est en question ici. Sans cette malheureuse erreur dont aucun chef d’Etat n’est exempt à 100 % (Toutes proportions gardées, Paul Touvier, gracié par le président Georges Pompidou, le 23 novembre 1971, a ordonné, le 29 juin 1944, l'assassinat de sept juifs raflés au hasard dans la ville de Lyon.), les niveaux où résidaient la défaillance ne serait jamais montrés du doigt, du moins à court terme. Maintenant  l’important est de faire en sorte que les détenues méritent amplement leur grâce, qu’elle soit royale ou étatique… 

A quelque chose malheur est bon.

 

وعسىٰ أن تكرهوا شيئا وهو خير لكم ۖ وعسىٰ أن تحبوا شيئا وهو شر لكم ۗ والله يعلم وأنتم لا تعلمون(*)

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La vérité « Place Tahrir » à l’épreuve de Bergson

Publié le par Abdelkarim Chankou

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L’Egypte ou « Ard al kinana », surnom qui lui a été  donnée par Amr ibn al-As, l’un des généraux épiques des conquêtes arabes qui a soumis la terre du Cham (Syrie actuelle) et l’Egypte, est vraiment un pays à part ! Non pas à cause de l’abondance des eaux du Nil, à l’origine d’ailleurs du surnom de « Ard al kinana », mais en raison de la manière dont ce pays se cherche depuis le 25 janvier 2011, date de la chute du régime de Moubarak.

Voilà un  pays qui destitue son premier président civil depuis 60 ans qui plus est élu démocratiquement, si l’on s’en tient, toutefois, aux canons occidentaux de la gouvernance numérique. Voilà un peuple qui choisit une place publique pour y faire le pied de grue chaque fois qu’il veut en découdre avec ses gouvernants, comme si l’Egypte ne dispose pas d’un parlement ou toute autre institution ad-hoc ! 

Mieux : la destitution, le 30 juin dernier, du président islamiste Mohamed Morsi par les militaires l’a été presque à l’insu du plein gré du peuple ! Autrement dit l’armée aurait surfé sur la vague contestataire populaire après qu’elle l’aurait laissée pourrir durant plusieurs jours. Le peuple est content. Mais quel est vraiment ce peuple ? Celui que la caméra fixe (et éloignée) de Al Jazeera passe en boucle et qui se réduit à un attroupement de personnes anonymes. Que pense le reste du vulgum pecus de tout ça ? Dans le Delta, dans le désert du Sinaï, dans les villes miteuses comme Zaqaziq (capitale de la province Sharqiyya où est né Morsi en 1951) etc.

C’est la vraie question.  Le grand Bergson dit notamment à propos de la perception de l’image ceci : « L’image se transmet différemment selon le mode de la perception qui la sollicite : elle est image-mouvement pure tant qu’elle est objet de la perception pure, elle est image-représentation dans la mesure où elle se laisse découper dans la perception utilitaire.  » Tout est dans « utilitaire ». En clair, en étant bombardé à longueur de journée par des images presque fixes, captées par une caméra fixe, placée dans un endroit surplombant la scène et assez loin d’elle pour grossir l’effet foule, le téléspectateur non averti croit que cette scène représente l’ensemble de l’Egypte et que les personnes occupant la dite scène sont infiniment nombreux ! Or la vérité est ailleurs…

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Maroc : La guerre de 42 fait rage

Publié le par Abdelkarim Chankou

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A la suite des prises de becs entre l’Istiqlal et le PJD, les deux principaux partis de la coalition gouvernementale actuelle du moins numériquement parlant, certains observateurs de la chose politique marocaine ont exprimé leur grand étonnement  à l’égard des bons offices du ministre de l’Intérieur Mohand Laenser (dont le parti MP qu’il dirige fait également partie de cette coalition) pour réconcilier les deux alliés.

A moins d’être le fait d’une hypocrisie, cette marque d’étonnement dénote un certain degré d’ignorance voire de naïveté de la personne qui l’a exprimée. 

Pourquoi ? 

Parce que d’aucuns conviennent que malgré tout ce qui a été dit et écrit sur la Constitution du 1er Juillet 2011, le ministère de l’Intérieur demeure un élément central de l’échiquier politique marocain. Et ce n’est pas forcément une mauvaise chose ; ne serait-ce que parce que ce sont les services du ministère l’Intérieur  qui sont les plus ancrés territorialement, donc les plus proches des réalités sur le terrain. Un seul exemple, si les autres ministères peinent à nommer un responsable dans une zone enclavée, le ministère de l’Intérieur n’y trouve aucune difficulté. Un médecin peur refuser d’exercer même dans le cadre de son service civil  hors de grandes villes confortables de l’axe Tanger-Casablanca ; idem d’un instituteur, d’un vétérinaire ou d’un juge etc. Mais  ce n’est jamais le cas d’un préfet, d’un policier ou d’un caïd qui acceptent le déplacement même s’ils sont affectés aux portes du désert ! Cette disponibilité à servir des cadres de l’Intérieur le makhzen la connaît et la reconnaît et c’est d’ailleurs pourquoi lors de la cérémonie annuelle de la Baia les troupes du ministère de l’Intérieur se placent au premier cercle et sont les premières à saluer le Roi ! 

Alors que Mohand Laenser joue les réconciliateurs entre les partis de la balance et de la lampe ça n’a rien d’étonnant. D’autant que M. Laenser est en plus un homme du sérail dont le souci premier est de garantir la pérennité de l’Etat non pas en tant que Clef de voûte des institutions, qualité dévolue au Roi  par la Baia et par la Constitution (article 42) mais en tant qu’organisateur des échéances  électorales. Ce qui n’est pas rien ! Les services du département de l’Intérieur sont la courroie de transmission entre le Palais et le reste de l’Etat dont l’exécutif. 

Alors un peu de retenue messieurs les commentateurs…

 

Article 42

« Le Roi, Chef de l’Etat, son Représentant suprême, Symbole de l’unité de la Nation, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et Arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection du choix démocratique et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens, et des collectivités, et au respect des engagements internationaux du Royaume. Il est le Garant de l’indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques (…) »

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Dix ans après les attentats du 16 mai 2003

Publié le par Abdelkarim Chankou

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En somme c’est la même gueule de bois du journaliste analyste attitré, la même langue de bois de l’intellectuel passe-partout et à court d’idées et le même chèque en bois du politique qui n’a pas froid aux yeux, qui manie à la perfection l’art de vendre du vent…

Le récipiendaire de ces discours qu’est le citoyen lambda est pour ainsi dire réduit de force à jouer le rôle passif de spectateur. On pense pour lui, on parle à sa place, on propose des solutions à sa place. Il n’a rien à craindre donc.         

Une décade après les attentats du 16 mai qui ont endeuillé Casablanca en faisant officiellement 42 morts dont les kamikazes et une centaine de blessées plus ou moins graves, les discours politique, intellectuel, religieux, communicationnel et économique demeurent les mêmes à quelques variations infinitésimales près.

C’est la faute aux imams qui passent leur temps à jeter l’anathème sur les athées et à excommunier les mécréants. C’est la faute à l’école publique qui a démissionné de son rôle premier, celui de formation du citoyen idéal.  C’est la faute à l’Etat qui considère toujours la Culture et la Jeunesse comme les parents pauvres des départements ministériels en leurs allouant des miettes budgétaires. C’est la faute à la misère dans laquelle patauge une majorité de Marocains et qui constitue un terreau propice au développement du terrorisme et tous les fanatismes possibles. C’est la femme aux  jeunes filles et femmes qui déambulent presque nues dans les rues.  C’est la faute aux télévisions étrangères par satellite qui inondent le pays de films sataniques etc. etc. Les victimes du terrorisme du 16 mai comme d’avril 2007 ou 2011 ressusciteront et in aura pas fini d’égrener tous les boucs émissaires du terrorisme ! 

Personnellement il n’existe qu’une cause du terrorisme au Maroc. C’est la défaillance de la cellule familiale. Son manquement à son rôle  naturel et premier de pré-éducateur (vs prédicateur) a eu pour conséquence la naissance d’une sorte de « Marocain de 3e type » assoiffé de tout encadrement exogène à même de combler le vide affectif et spirituel laissé par des parents indignes ou démissionnaires.

Mais il n’y a pas que le renoncement parental qui est la cause de ce phénomène de production d’individus hyper-réceptifs aux discours extérieurs les plus haineux du moment qu’ils y trouvent leur compte ; il y a aussi le phénomène de l’éclatement de la cellule familiale, même quand celle-ci remplit son devoir  pré-éducatif à la perfection.  Un frère ou une sœur qui quitte la maison familiale après mariage ou immigration peut provoquer chez un membre de la fratrie, souvent le cadet, un choc psychologique qui peut être extériorisée par une débauche mentale ou comportementale ; c’est-à-dire par une dérive genre terrorisme (ou jihad combattant) ou une aliénation par l’alcool ou les drogues dures.

Un exemple type de  ce phénomène d’éclatement de la cellule familiale que les sociologues semblent oublier par inadvertance ou ignorance : le fait qu’avant ces 20 dernières années, quand les familles amazigh n’entraient pas en alliance avec d’autres familles issues d’autre ethnies, le terrorisme et la violence en général était encore inconnu chez ces familles berbères. Mais dès que le mariage mixte amazigho-arabe ou amazigho-européen est devenu monnaie courante on a commencé à assister à l’apparition d’individus terroristes d’origine berbère. Cette aliénation terroriste ou djihadiste étant souvent le fruit d’un rejet de la mariée par la famille de l’époux et vice versa. De même qu’elle peut être le résultat d’une réaction vindicative d’un membre de la fratrie contre l’Occident qui a « volé » le grand frère ou la grande soeur immigré(e) ou marié(e) à un(e) occidental(e). D'ailleurs ce même raisonnement, disproportion numérique prise en compte, expliquerait pourquoi chez les familles juives très unies le terrorisme prosélyte est pratiquement inexistant.

Le mot de la faim pour conclure : s’ils ont un mérite les attentats du 16 mai 2003 ont fait sortir les Marocains d’une très longueur torpeur qui leur a fait croire, notamment grâce à l’histoire officielle,  qu’ils sont un peuple singulier, paré contre tous les maux et fléaux sociétaux du monde moderne.

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Le Sahara est occidental comme l’Occident est marocain

Publié le par Abdelkarim Chankou

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A moins d’un mois de l’achèvement de sa mission au Maroc, l’Ambassadeur des Etats-Unis Samuel Lee Kaplan a résumé la situation en deux mots. « Les Marocains peuvent s’opposer sur tout et se battre même pour la nourriture mais dès qu’il s’agit du Sahara, ils sont tous d’accord ! » a remarqué l’un des ambassadeurs américains les plus actifs et les plus à l’écoute  qu’a connu le Maroc.

Le 22 avril prochain, l’émissaire spécial de Ban Ki-Moon, Christopher Ross, va présenter son rapport sur le Sahara au Conseil de sécurité. Ce ne sera  qu’un de plus depuis 1991, année de signature du cessez-le-feu entre le Maroc et  le Polisario sous l’égide de l’ONU. A en croire les sous-entendus de la petite phrase malicieuse  de Samuel L. Kaplan, ledit rapport sera suivi d’une  re-prolongation de la Mission Onusienne au Sahara Occidental, un Sahara qui est occidental comme l’Occident est marocain… Mais contrairement à ce que prétend le Polisario est son coach l’Algérie, Rabat ne souhait pas de statu quo. Du fait que le blocage pour ne pas dire l’enlisement de la situation peut profiter aux groupes armées terroristes qui écument le Sahel ; dans ce sens que le désespoir des certaines franges du Polisario comme de certains jeunes sahraouis, séquestrés dans les camps de Lahmada par la bande à Mohamed Abdelaziz Marrakchi aidé de la sécurité militaire algérienne, peut les amener à tenter l’entreprise djihadiste. Une perspective d’autant plus réaliste que des éléments du Polisario ont été identifiés parmi des combattants terroristes au Mali.

Le désespoir ! Ce n’est pas un vain mot. Le potentat  du désert et écumeur des sables de Tindouf est déjà rongé par l’abattement. Il vient de lancer un énième cri de déception à l’adresse de la France dont le président François Hollande effectue une première visite officielle au Maroc, aujourd’hui et demain jeudi. Mohamed Abdelaziz Marrakchi reproche à Paris son alignement sur la position de Rabat qui offre aux Sahraouis l’autonomie sous souveraineté nationale. La meilleure solution du marche, la plus viable, juste et durable, celle qui permet une issue sans vainqueur ni vaincu. Autrement dit un match nul comme l’a notifié François Hollande au Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, le 26 mars dernier, à quelques heures du match France-Espagne comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde du Brésil. Le mot match nul  a carrément mis KO et le Polisario et ses mentors algériens. Mohamed Abdelaziz Marrakchi est déçu de la posture de Paris qui selon lui réduit la marge de manœuvre de Christopher Ross qui vient de boucler sa tournée dans la région par une visite à Alger.  

Mais si Alger et son chouchou le Polisario continuent de faire blocage, c’est toute la région maghrébine et du Sahel qui sera mise KO.

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Ahmadinejad au Caire pour minimiser le leadership saoudien

Publié le par Abdelkarim Chankou

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Le rôle de meneur de pays arabes,  dévolu traditionnellement à l’Egypte depuis son indépendance, et qui a été mis en sourdine entre 1982 et 2012, sous Moubarak au bénéfice de l’Arabie saoudite, à cause notamment  de l’accord de paix avec Israël, revient en force avec l’élection de Mohamed Morsi en juin 2012. Mais le bras de fer entre le nouveau pouvoir représenté par Morsi et l’opposition, qui commence s’éterniser, a laissé un  petit espoir à Ryad pour garder son rôle par défaut de leader du monde arabe sunnite. Un espoir éphémère, en tout cas ; car la visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Caire à l’occasion du XIIe sommet de l’Organisation de la coopération islamique (la première visite du genre depuis la révolution islamique de 1979) vient  de rebrasser les cartes. Une visite win-win, où l’Egypte comme l’Iran ont tout à gagner. Si Le Caire peut l’utiliser pour redorer son blason et s’affirmer comme élément incontournable dans la région à la veille de la première visite officielle de Mohamed Morsi aux Etats-Unis, lesquels affichent leur intention  de ramollir le  ton face à l’Iran en ce qui concerne son programme nucléaire, Téhéran, par contre, verra dans la présence effective de Ahmadinejad au Caire une occasion inespérée pour remuer une minorité chiite de deux millions d’âmes (2,5 % de la population), qui a toujours  souffert de l’instabilité dans son existence  à cause de l’oppression et de la marginalisation. En effet la loi de 1937 sur la liberté des religions et des cultes donne l’absolue primauté aux sunnites dont les salafistes wahhabites aux détriments d’autres minorités musulmanes. Un état de fait qui explique la position hostile exprimée haut et fort par de Al Azhar, la plus haute autorité sunnite en Egypte, quant à cette visite du président iranien. En effet, les mollahs iraniens peuvent être tentés de manipuler à leur guise cette communauté chiite égyptienne comme le fait l’Arabie saoudite en manipulant la minorité arabe d’Al Ahwaz  en Iran.

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Le Qatar : une usine à gaz qui pue le double jeu !

Publié le par Abdelkarim Chankou

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« La boîte d’allumettes » qu’est Al Jazeera TV, selon une expression de Hosni Moubarak, l’ex raïss d’Egypte qui en avait marre de voir ce bras cathodique de l’émirat du Qatar  semer la zizanie dans son pays pas encore tombé dans l’escarcelle de l’internationale islamiste, récidive dans son projet obscur de nuire au Maroc et à ses valeurs. La chaîne qui s’apprêtait  à rouvrir son Bureau de Rabat, fermé en octobre 2010 par les autorités pour « manquements aux règles du journalisme sérieux et responsable », décide de diffuser un film sur feu Hassan II qui n’est pas du goût de Rabat.


On sait que Al Jazeera n’aimait pas beaucoup le défunt monarque qui  non seulement savait couper l’herbe sous les sandales des barbus  mais n’avait pas apprécié-mais pas du tout- que l’actuel émir du Qatar,  Hamad Ben Khalifa al Thani,  eût reversé son père pour prendre sa place. Mais ce n’est pas tout.


Après avoir été contraint par ses mentors dont il est l’infatigable VRP de se réconcilier avec Alger après une période de froid à cause du dossier syrien, l’émir gazier convainc le président Bouteflika (toujours en mal d’ennemis) de mettre en place un fonds commun d'investissement doté dans un premier temps de 50 millions de dollars, histoire de diversifier les paniers où il  met  ses billes, au cas où…


Mais la visite de l’émir en Algérie a surtout servi à saper tout espoir dans la construction d’un Maghreb Arabe Uni, basé, dans un premier temps, sur une économie intégrée et complémentaire. Exemple en béton : le cofinancement de Doha d'un «complexe sidérurgique» de 5 millions de tonnes Bellara (Jijel) qui s’ajoute  à celle d'un million de tonnes, que compte lancer les Turcs dés 2013 à Oran. En effet ces deux projets apportent un coup au dessous de la ceinture à l’usine d’acier de Nador (nord du Maroc)  dont Arcelor est un actionnaire de référence et surtout à la société Maghreb Steel. Un coup d’autant plus bas que ces deux projets surviennent à un moment où la production sidérurgique bat de l’aile à cause du marasme immobilier et industriel.


Mais toutes ces fourberies qatariennes  n’empêchent pas le « grand VRP du monde » garder un œil sur les entreprises marocaines qui font du chiffre. Exemple : pour doper les chances de Qtel, la société des télécoms du Qatar, de prendre pied dans le marché des télécommunications marocain,  celle-ci a passé un accord de partenariat avec une société sud-coréenne, candidate, comme par hasard, à s’offrir un opérateur  historique.


Ça s’appelle chier devant la porte du voisin et lui demander du papier hygiénique.

Publié dans Edito

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