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118 articles avec focus

Molière a avalé sa langue ou le recul du français dans le monde

Publié le par Abdelkarim Chankou

Molière a avalé sa langue ou le recul du français dans le monde
Même si officiellement le nombre des personnes qui parlent la langue de Molière est estimé à plus de 270 millions la langue française perd de plus en plus du terrain dans le monde. Et pendant ce temps les politiques et hommes de communication français au lieu de promouvoir leur langue au moins en la pratiquant correctement face à l’avancée inexorable de l’anglais et du chinois ils font tout pour l’enfoncer davantage en adoptant et promouvant des mots tarabiscotés dont l’académie française a pourtant mis en garde. Du genre « liker, candidater, avocater, fuiter ou encore nominer,… » Sans contexte, Brexit ou pas, non seulement la langue de Shakespeare renforce chaque jours sa suprématie sur le français mais il est presque acquis qu’elle sera d’ici une dizaine d’années la langue la plus parlée dans le monde après le chinois, l’espagnol et l’arabe. Il y a une quinzaine de jours les Marocains ont découvert qu’Euronews émettant en clair ne diffuse plus en français, ni sur Hotbird ni sur Nilesat. Si l’abandon de la traduction française par la chaîne de télévision paneuropéenne est passée inaperçue en France c’est parce qu’il arrange des chaînes françaises concurrentes comme France 24 et TV5 Monde. On appernd ainsi l'anglais avec Euronews! Merci à qui ? L’Europe et l’Afrique sont les terrains où la langue française recule le plus. Dans le vieux continent « si en 1997 40% des textes étaient rédigés en français, seuls 5 % étaient écrits dans la langue de Molière en 2014. Inversement, en 1997 45 % des textes étaient rédigés en anglais avant d’être traduits dans les autres langues de l’Union ; ils étaient plus de 80 % en 2014. » En France rien qu’au niveau de la langue de rédaction des thèses de doctorat la tendance est significative et en dit long sur la décrépitude du français. « En 2000, 366 thèses rédigées en français étaient diffusées en open-access sur www.theses.fr et 16 en anglais. En 2015, c’est 3838 thèses en français qui sont diffusées en open-access et 2173 en anglais. » Depuis la loi Toubon du 4 août 1994 qui fait du français « la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics et qui « impose le français mais n’interdit pas l’usage d’autres langues » de l’eau aura coulé sous les ponts ! Au Maroc l’un des pays arabes et africains où le français a connu ses heures de gloire est en train de virer british. L'anglais y est désormais obligatoire pour soutenir une thèse de doctorat. « Dans une circulaire datant du 20 mai et envoyée aux présidents des universités marocaines, le ministère de l'Enseignement supérieur a énuméré les nouvelles conditions à remplir pour soutenir une thèse de doctorat. » Selon cette circulaire, qui entre en vigueur à partir du 1er septembre 2017, « le doctorant doit, pour valider sa thèse, avoir publié au moins un article en anglais.»
DECLIN PARTOUT
Mieux : deux années avant, en avril 2014, le même Maroc met en place une section internationale option anglais. « Le ministère de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle et le British Council-Maroc ont signé à Rabat une convention de partenariat portant sur la mise en place d'une section internationale du baccalauréat marocain- option anglais (SIMB-op Ang). » Et en vertu de cette convention, paraphée conjointement par le ministre de l'Education nationale et de la Formation Professionnelle Rachid Benmokhtar, et Martin Rose, du British Council, « la rentrée scolaire 2014-2015 a vu l'ouverture de 12 classes de tronc commun, dont 6 de tronc commun scientifique et 6 de tronc commun lettres et sciences humaines. Ces classes seront réparties sur trois lycées dans les villes de Casablanca, Rabat et Tanger. » En Afrique , pourtant terre de toutes les « Francofolies », même son de cloche. « 11 pays africains seulement ont adopté le français comme unique langue officielle. Dans le reste du continent, la langue française y côtoie des langues locales ou étrangères qui relèguent la langue de Molière au rang de langue d'apprentissage dans l'enseignement ou de complément linguistique. » Là aussi au lieu de s’en alarmer et chercher à inverser la vapeur, la France du progrès entérine des décisions qui suscitent polémique et incompréhension. Lors du sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) (80 Etats membres répartis en 54 Etats membres, 23 pays observateurs et 3 membres associés) organisé en octobre 2012 à Kinshasa (Congo démocratique), « Le Qatar pays où il y a autant d’habitants qui parlent le français qu’il y a d’Américains en Corée du Nord « est entré directement dans l'organisation en tant qu'+Etat associé+ sans passer par la +case observateur+ », comme c'est souvent la règle. « Un lobbying réussi qui fait grincer des dents à l'OIF » ont commenté les indignés qui attendent désormais le tour de l’Arabie saoudite. Mais que vaut réellement cette OIF que d’aucuns qualifient de coquille vide faisant office au plus d’agence de voyages. Lors de son sommet en novembre 2016 à Antananarivo (Madagascar), la participation a brillé par son faible niveau. Deux chefs d’Etat le président de France François Hollande et le roi du Maroc Mohammed VI ont quitté les lieux prématurément. « Seuls dix-sept chefs d’État et de gouvernement étaient présents à l’ouverture du sommet. Parmi les absences les plus remarquées, celle du roi du Maroc, Mohammed VI, qui était en visite d’État à Madagascar mais a quitté Antananarivo au petit matin, le 26 novembre, avant même le début des travaux. » Quant au président français, François Hollande, « il a pour sa part écourté sa visite de plusieurs heures et n’a pas fait d’apparition au deuxième jour du sommet » – il a privilégié d’autres événements à Antananarivo (…) » Last but not least, au Canada rien ne va non plus pour le français. « La population de langue maternelle française au Québec et au Canada connaîtra un important déclin d’ici 20 ans, selon divers scénarios étudiés par Statistique Canada rendus publics en janvier 2017 » « D’ici 2036, la proportion de ceux qui ont le français comme première langue au Québec devrait chuter d’environ 10 %, passant de 79 % en 2011 à une fourchette projetée de 69 % à 72 %. » ajoute Statistique Canada. Si après tout ça personne n’a encore avalé sa langue, moi j’étouffe déjà !

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Le parlement allemand prend le Maroc pour Kandahar !

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le parlement allemand prend le Maroc pour Kandahar !
On sait qu’un fossé qui s’élargit sans cesse sépare les Exécutifs et les Parlements européens. Ce fossé qui est né de la divergence des deux institutions sur plusieurs questions économique et politique devient abyssal sur le terrain des relations internationales. Les pays nordiques surtout l’Allemagne sont les plus concernés par cet antagonisme politicien. Là où l’Exécutif œuvre avec rationalisme pour ménager les relations bilatérales de l’Allemagne avec des pays amis du Sud comme le Maroc, les parlementaires, plus soucieux d’assurer leurs arrières en mettant le maximum de chances de leurs côtés en vue des élections ultérieures, versent dans le populisme primaire. Genre le Maroc « n’est pas un pays sûr » pour que Berlin y renvoie ses ressortissants entrés illégalement au pays de Faust et dont les demandes d’asiles ont été rejetées. Une posture si elle plaît aux premiers concernés en leur offrant un sursis froisse par contre l’Etat marocain qui est un modèle dans la lutte contre le terrorisme et la transition démocratique. Mais pour les honorables représentants du Bundesrat (chambre haute) le royaume chérifien ne connaît pas assez d’agressions à la hache ou au camion bélier comme l’Allemagne pour mériter d’être qualifié de « pays sûr ». Cette curiosité de la chambre basse est d’autant plus bizarre que la chambre basse (Bundestag) a un autre avis sur la question. En effet cette dernière a adopté en 2016 un texte de loi déclarant le Maroc et aussi l’Algérie et la Tunisie comme pays sûrs, ouvrant ainsi la voie à l’Exécutif et à la chancelière Angela Merkel pour renvoyer des milliers de clandestins déboutés du droit d’asile dans leurs pays d’origine contre des compensations financières. Vendredi 10 mars, ledit projet n’a pas reçu la majorité nécessaire de 35 voix sur 69.
TOUJOURS LES MEMES GRINCHEUX
Evidemment dans de pareils cas ce sont toujours les mêmes grincheux qui se distinguent par leurs idées à contre courant, en l’occurrence l'opposition des Verts et de la Gauche radicale Die Linke. Pour brouiller les pistes, en camouflant l’anachronisme de leur position négative du moins envers le Maroc, les représentants des Länder définissent un « pays pas sûr » comme celui où « on suppose qu'il n'y a pas de persécution politique ou de droits humains bafoués. » Sans s’attarder sur le verbe « supposer » qui à lui seul suffit pour démonter le vote des Radicaux et des Verts, si l’on admet que cette définition tient la route alors pourquoi la Turquie dont le président Recep Erdogan, en pleine campagne électorale pour une réforme de la constitution, a dénoncé comme « méthodes dignes des nazis » le fait que Berlin ait interdit sur son territoire des meetings de la communauté turque en vue du référendum du 16 avril sur le régime présidentiel turc. Face à la gravité des mots, ni la chancelière Merkel ni son staff encore moins le parlement allemand, n’ont eu des mots durs contre l’invective d’Erdogan le marché allemand confirme sa reprise avec une augmentation de l’ordre de 98,11%, suivi par le marché national (+16,78%) et le marché français (+17,18%). Tout est dit.

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Elysée 2017: Les carottes sont cuites pour les grosses légumes ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Elysée 2017: Les carottes sont cuites pour les grosses légumes ?
Il faut vraiment être un acharné ou avoir une tête de cabochard pour commenter les résultats du premier tour d’une primaire française deux jours après le méga show d’investiture de Donald Trump et son cortège de manifestations hostiles qui outre les Etats-Unis ont été organisées dans plus de 70 pays dont la France (on se demande s'il ya une vie après Trump). D’autant plus que les chiffres de ce premier tour sont encore partiels et de possibles cafouiallges sur le nombre réel des bureaux de vote ainis que sur le taux de participation ne sont pas à exclure. Mais que voulez-vous ? L’exercice est irrésistible. Mais comme ces premier résultats n’ont pas beaucoup de chance de trop changer, basons nous donc sur ce qu’on a sous la main pour une faire une petite analyse maison, c’est-à-dire celle d’un observateur qui ne roule pour aucun des candidats, ni de gauche ni de droite ni du centre ni des extrêmes. Un peu plus de 36 % pour Benoît Hamon (36,21%), un peu plus de 31 % pour Manuel Valls (31,19 %), et un moins de 18 % (17,62 %) pour Arnaud Montebourg. Et comme le candidat bourguignon arrivé troisième a appelé à voter pour Hamon, l’on peut dire sans médire, si toutefois la consigne est respectée, que les carottes sont déjà cuites pour Valls et ce n’est pas les reports de voix des quatre autres candidats éliminés qui vont le sauver. Et même si les voix des trois candidats Bennahmias, Peillon et de Rugy vont à Valls en plus de celles de la candidate Pinel (1,99 %) qui a apporté clairement son soutien à Valls, il n’y aura guère plus de 43,94 % de suffrages dans le chapeau de Valls contre près de 53,83 % dans l’escarcelle de Hamon. Et ces chiffres peuvent encore évoluer. D’ailleurs cette réalité qu’est la presque impossibilité de passer au second tour n’a pas échappé au candidat Valls lui-même qui paye ainsi sa politique jugée antisociale voire ultralibérale par le courant des radicaux du PS dits « frondeurs », en l’occurrence la Loi Travail passée en force via le 49-3, bistouri que Valls a utilisé trois fois avant de promettre de le supprimer s’il accède à la magistrature suprême en mai 2017. « Je proposerai, hors texte budgétaire, de supprimer purement et simplement le 49-3. » a déclaré l’ancien premier ministre de Hollande. On le voit Valls n’est pas stable et cette instabilité l’emporte sur sa première qualité : la loyauté, la courtoisie et le respect des règles du jeu et de bienséance. Malheureusement en politique l’angélisme ça mange pas de pain. L’ex maire d’Evry qui a le sens de la formule admet implicitement donc que les carottes sont cuites pour lui. Commentant à chaud les premiers résultats de la première manche, il dira dans une déclaration qui ressemble à un chant de cygne qu’il appelle à choisir entre « la défaite assurée et la victoire possible ». Comprendre « soit moi soit la loose ! »
CHANT DE CYGNE
Merci pour Hamon. Mais il a tort. D’abord parce que Hamon fera de lui une seule bouchée au second tour de la primaire à cause du mécanisme du report des voix clairement favorable à l’ex porte-parole du PS. Ensuite en raison du vote des quelque deux millions de chômeurs français qui seront très probablement séduits par la rente du « revenu universel », la belle promesse-phare de l’ancien député européen, qui fera un tabac chez les votants au moins parmi les jobless d’entre eux, lors du premier tour de la présidentielle le 23 avril 2017. « A la télé ils disent tous les jours : +Y a trois millions de personnes qui veulent du travail.+ C’est pas vrai : de l’argent leur suffirait. » dixit Coluche. Cette citation de l’inénarrable humoriste résume à elle seule et très bien l’impact qu’aura cette promesse sur le réservoir des sans emplois inscrits sur les listes électorales et qui voteront utile. Maintenant il reste à savoir si cette appel d’air qu’est le revenu universel- qui n’est pas du goût de tout le monde surtout de ceux qui font du travail et du taux d’imposition et de distribution de la richesse nationale selon le patrimoine et le revenu un binôme sacré et intangible- fera passer à Hamon le premier tour de la présidentielle. Donc à moins d’un miracle ou d’un revirement radical des choix ou faits encore d’un sursaut massif et last minute de la majorité silencieuse en faveur de Hamon- dont une autre promesse-phare risque de mobiliser autour de lui, à savoir la sensible question des OGM, de la légalisation du cannabis, le parc automobile à diesel, des hormones dans les viandes et les médicaments innovants et coûteux qui selon le candidat doivent être pris en charge par la collectivité au bénéfice des familles non aisées- le 29 janvier signifierait le Game Over pour Hamon. A part ça, le second tour du 7 mai se jouera fort probablement entre Macron et Lepen, Macron et Fillon ou Fillon et Lepen. Cette dernière hypothèse étant mise en avant par un sondage BVA datant du 7 décembre 2016. Ce qui signifie pour le PS, miné par les divisions internes, l’entrée dans le long tunnel de l’incertain.

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Questions autour du projet du gazoduc Nigéria-Europe via le Maroc

Publié le par Abdelkarim Chankou

Une vue du chantier du gazoduc devant relier le Nigeria au Bénin, Togo et  Ghana.

Une vue du chantier du gazoduc devant relier le Nigeria au Bénin, Togo et Ghana.

Beaucoup d’encre a coulé sur le projet d’un gazoduc reliant le Nigéria à l’Europe via l’Algérie depuis sa conception jusqu’à son enterrement en 2002 faute de financements nécessaires. « En 2002, l’Algérie avait entamé des négociations avec le gouvernement nigérian en vue d’un projet similaire, mais qui traverserait le Sahel et l’Algérie pour atteindre les portes de l’Europe sur un tracé de 4.000 kilomètres. Sauf que les pays clients ont affiché des réticences face au risque sécuritaire qui mine la région et qui pourrait être à l’origine d’interruptions intempestives d’approvisionnement. En raison de ce facteur d’incertitude, l’Algérie a échoué à réunir les financements nécessaires, condamnant ce projet à un report sine die, voire à une paralysie permanente. Aucune convention n’a donc pur être signée pour le moment. » La même quantité d’encre a coulé sur la résurrection de ce méga projet, il y a 3 jours, à l’ occasion de la visite historique du Roi du Maroc Mohammed VI à ce grand pays anglophone enclavé entre quatre pays francophone et gazier. Le Maroc que ce gazoduc devra, cette fois, traverser, réussira-t-il là où son voisin arabe avait échoué en raison des menaces sécuritaires qui pesaient sur les infrastructures ? Peut-être que oui. Néanmoins cela ne signifie pas que les conditions d’il y a 15 ans ont totalement disparu. Loin s’en faut ! Un incident datant de quelques mois nous le rappelle brutalement : « Des rebelles présumés de la région pétrolière du delta du Niger au Nigeria ont fait exploser un gazoduc appartenant à une filiale de la compagnie pétrolière italienne ENI, a annoncé mercredi 18 mai 2016 un porte-parole de la compagnie. » Et même l’Algérie n’y échappe pas à la malédiction terroriste. Pour ne citer que deux exemples , rappelons qu’ « en novembre 2011, le gazoduc de Hassi R’Mel qui alimente les régions du centre et du nord du pays avait été attaqué par des terroristes dans la commune de Djebahia, daïra de Kadiria, 30 km au nord de Bouira, au lieu-dit Oued Chhimi. La conduite de gaz avait été sabotée par l’explosion d’une bombe de fabrication artisanale et subi d’énormes dégâts. » Mieux : « Début décembre de la même année 2011, un attentat terroriste à la bombe avait ciblé, dans la commune de Aomar, à 20 kilomètres de Bouira, un groupe de surveillants chargé de la sécurité du gazoduc Hassi R’mel-Cap Djinet. Bilan : un mort et deux blessés parmi les gardiens. » Mais le besoin sans cesse grandissant de l’Europe en gaz dans un contexte de montée de l’économie verte et de guerre sourde avec la Russie grand pourvoyeur du vieux continent en cette énergie propre lui dicte d’explorer d’autres solutions pour ne pas lier son sort à la seule Algérie et Russie. Surtout que l’Algérie ne dispose plus de réserves qui lui permettent d’exporter un gaz qui suffirait à peine de combler ses besoins internes. En effet ce pays maghrébin « n'a pas pu pallier le manque à produire néerlandais, la production algérienne de gaz a également chuté et elle est de plus en plus consommée localement » au moment ou le géant russe Gazprom « se lance dans une bataille pour les consommateurs européens de gaz et augmente ses ventes à l’Union européenne. » D’où le fait que samedi 3 décembre dernier, à l’occasion de la visite du Roi du Maroc Mohammed VI au Nigéria, grand pays gazier anglophone se trouvant « enclavé » entre des pays francophones : le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun, les deux pays ont signé un accord pour un gazoduc géant devant alimenter des pays voisins en gaz tout en l’acheminant jusqu’au portes de l’Europe Ce deal « prévoit l’extension du West African Gas Pipeline (WAGP) du Nigeria jusqu'à l'Europe via le Maroc. Il s'agirait du plus grand projet gazier en Afrique de l'Ouest. » Le Maroc réussira-t-il là où l’Algérie a échoué qui plus est à un moment où elle ne connaissait pas les difficultés financières d’aujourd’hui ? D’autant que si le gazoduc voit le jour il devra absolument contourner l’Algérie et le Niger (à moins d’un miracle) en passant par des pays instables comme le Mali et la Mauritanie. En tout cas selon le site le site le360.ma « Aujourd’hui, il semble que l’atout du Maroc réside dans le fait qu’il ait déjà préparé le terrain en obtenant un accord de principe des pays qui seront traversés par le gazoduc, notamment les pays ouest-africains. De même, des bailleurs de fonds auraient également été sondés dans cette perspective. » STRATEGIE RUSSE Mais ce n’est pas la vraie question. Presque tous les médias nationaux et internationaux qui ont traité ce projet de gazoduc Nigéria-Europe via le Maroc se sont intéresse aux problèmes du terrorisme qui minent la région la région du delta du Niger. En oubliant une autre question non moins grave. Celle de savoir quelle sera la réaction de Moscou si ledit projet voit le jour et contrarie sa stratégie gazière en Europe. « L'Europe est de plus en plus dépendante de la Russie de la Russie pour se fournir en gaz. Gazprom vient d'annoncer avoir vendu l'an dernier [2015] 8 % de gaz supplémentaires à ses partenaires européens. Une façon de démontrer que l'Europe a beau se fâcher au sujet de l'Ukraine, elle ne peut échapper à son voisin russe pour son approvisionnement gazier. Les analystes confirment cette évolution (…) et Gazprom a partiellement récupéré les parts perdues par l’Algérie et la Lybie. La production africaine est en baisse, car les investissements se contractent sur fond de prix faibles et de situation politique instable. Actuellement, on y produit 30% de moins qu’il y a cinq ans », décrypte Gueorgui Vachtchenko, chef du département des opérations à la bourse russe chez Freedom Finance. Il précise que la part de Gazprom sur le marché européen a atteint son plus haut niveau en dix ans. Par ailleurs, la Norvège n’est pas en mesure d’accroître considérablement ses volumes, ajoute M. Vachtchenko. Espérons en tout cas que les relations entre les excellentes Russie et le Maroc ne pâtissent pas d’un projet où Rabat n’est que le maillon d’une chaîne euro-africaine. Surtout que la Russie qui tient à son amitié avec le Maroc ne manque pas de dire son mécontentement à Rabat quand cette amitié est mise à l’épreuve économiquement ou verbalement par des officiels. Pas plus tôt qu’hier lundi 5 l’ambassadeur de Moscou à Rabat Valery Vorobiev a exprimé « la préoccupation de Moscou, suite à des déclarations médiatiques attribuées à un très haut responsable du gouvernement marocain [le chef du gouvernement Benkirane : Ndlr] accusant la Russie d'être responsable de la destruction de la Syrie. »

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Maroc : Voici pourquoi le PJD islamiste mène la guerre contre l’Etat

Publié le par Chankou Abdelkarim

Benkirane haranguant la foule dans un stade

Benkirane haranguant la foule dans un stade

Si le parti de la justice et de développement (PJD) a gagné les élections législatives du 25 novembre 2011 avec 107 sièges sur 395 en agitant le choc des révoltes du Printemps arabe que le Maroc a absorbé grâce à cette victoire et surtout grâce à la réforme de la constitution en juillet de la même année, réforme qui a doté le pays d’une loi fondamentale donnant plus de prérogative au gouvernement eu au parlement, il l’a gagné celles du 7 octobre 2016 avec 125 strapontins sur 395 en agitant cette fois le spectre du « takakoum », un terme arabe signifiant « autoritarisme » ou « césarisme ». Ce mot a été la trame des campagnes électorales du PJD et des ses parties alliés pour ne pas dire affidés : le PPS et le PI comme problématique de « la perte de l’autorité de l’Etat » est la trame de la campagne électorale actuelle pour les primaires en vue de la présidentielle française. Et ça paye bien, du moins pour le « tahakoum ». Le mot « tahakoum » est flou est extensible, modulable et à géométrie variable si bien que l’on peut lui donner le sens que l’on veut selon les besoins et les objectifs politiques fixés. Ainsi il peut signifier le contraire de la « bonne gouvernance » (al hakama al jaieda) et en même temps l’autorité de l’état et l’autoritarisme du pouvoir. On choisit selon les circonstances. Etant donné que la bourrasque du Printemps arabe et la réforme de la constitution qui s’en est suivie a induit une montée sans précédant de la contestation sociale violente dans les quatre coins du royaume vu que la nouvelle loi fondamentale a écorné les pouvoirs du palais au bénéfice du gouvernement et du parlement, si bien que les sit-in et les grèves sans oublier les agressions des agents de l’Etat ne se comptent plus. Une situation qui a poussé l’Etat à reprendre du terrain perdu en établissant son autorité, comportement que les partis du PJD et ses alliés PPS et PI ont compris comme une régression ou une remise en cause des acquis politiques et sociaux. Notamment la transparence des élections malgré que le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad a juré en personne d’en garantir la propreté. Traditionnellement nulle en arabe littéral la classe politique marocaine qui a commencé à pratiquer et à communiquer arabe en apprenant de la chaîne panarabe Al Jazeera qui a commencé à émettre il y a 22 ans, ont inventé un mot barbare pour donner une signification pratique à une idée abstraite : le « tahakoum ». Outre les partis classiques dont ceux alliés au PJD qui ont tous perdu du terrain en terme de sièges para rapport aux législatives de 2011, la principale victime du « tahakoum » est le PAM, parti se définissant comme socio-libéral et moderniste crée en 2008 par un proche du palais, du temps où il n’était pas encore membre du cabinet royal mais un simple ex haut fonctionnaire, en l’occurrence Fouad Ali El Himma. Le PAM a certes augmenté sa moisson en députés de 217%, passant de 47 en 2012 à 102 en 2016 mais a échoué à se classer premier, condition sine qua none pour être nommé du gouvernement par le roi. Pour freiner la montée inexorable du PAM le chef du PJD Abdelilah Benkirane ne s’est pas gêné pour traiter son rival Ilyas El Omari du PAM tantôt de « bandit », tantôt de « trafiquant de drogue » tantôt de « diable »… Alors que les accusations les plus graves, celles qui tuent, il l’a laissé le soin à ses troupes de les propager dans les mosquées et sur les réseaux sociaux. Echantillon : « le PAM est venu combattre l’islam », « le PAM veut légaliser le cannabis » etc. Bien entendu, le petit peuple élevé pour boire comme du petit lait les discours populistes et diabolisant des ténors du PJD, a vite fait son choix. Le PJD rafle 125 sièges et avec les partis qui lui sont acquis il dispose déjà d’une confortable majorité supérieure de 22 sièges à la majorité absolue qui est de 198 sièges. Malgré ça le PJD et son état major ne sont pas rassurés. Non pas qu’ils craignent une motion de censure ou un défection d’un parti allié, au Maroc les partis collent à leurs fauteuils comme une moule à son rocher, mais ils ont peur que l’état en usant du « takakoum » rétablisse ses droits régaliens en réinstaurant son autorité sur les zones de non droit, bref en réduisant voire éradiquant rébellion et contestation sociale. Or dans un contexte de paix sociale le PJD ne peut pas évoluer ni s’activer sauf à tisser des métastases comme une cellule cancéreuse dans un milieu défavorable… Donc voilà pourquoi le PJD et ses partisans craignent tant le tahakoum. Sa raison d’être, l’épouvantail qui lui permet d’exister et de prospérer. Le PJD ou le chaos ! Mais qui sait encore que la perte de l’autorité de l’Etat conduit à la perte de l’Etat ?

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La Cop 21, un bol d'air régénérant pour le Parti socialiste

Publié le par Abdelkarim Chankou

Jusqu’à samedi, en milieu d’après-midi, rares ceux qui auraient donné cher de la peau d’un parti socialiste affaibli par la concomitance de deux dernières estocades portées à son flanc droit ; d’une part, par le chômage qui ne cesse de croître, +1,2% en octobre, et d’autre part, par le score sans précédent réalisé par les candidats du Front National qui sont arrivés nettement en tête dans 6 régions de la France métropolitaines sur 13, à l’issue du 1er tour des élections Régionales du 6 décembre 2015. N’eussent été le formidable élan de solidarité et le profond sentiment d’union nationale, générés par les attentats du 13 novembre qui ont fait remonter considérablement les cotes de popularité du président François Hollande (passe de 22 % d'opinions favorables en octobre à 32 % en novembre) et son premier ministre Manuel Valls (43 % d'opinions favorables contre 36 % en octobre) la rose du 10 rue Solferino aurait accueilli ce mois de décembre avec la perte de sa dernière pétale. Puis miracle ! Vers 19h30, hier samedi 12 décembre, le président de la Cop21 Laurent Fabius, au bord des larmes, déclarera « adopté » l’accord pésenté en fin de matinée pour lutter contre le réchauffement de la planète. « Un accord sans précédent sur le réchauffement climatique a été officiellement adopté par 195 pays ce samedi soir, au terme de deux semaines de discussions en banlieue parisienne. », titre le Nouvel Obs. A partir de ce coup de marteau vert donné par un Fabius et comme par enchantement la rose se régénère et reprend ses couleurs ! Une aubaine pour le parti de Jaurès à 24 heures des résultats du second tour de ces Régionales, même si les sondages d’entre les deux tours donnaient perdants les Lepen.

Le PS ne reprend des couleurs et ses forces

qu’à l’occasion des grandes

causes nationales et internationales qui l’ont fait

Pourquoi donc cette inversion de la vapeur en faveur du Parti socialiste ? La réponse est dans l’histoire et la personnalité du parti. Lequel ne reprend des couleurs et ses forces qu’à l’occasion des grandes causes nationales et internationales qui l’ont fait. «(…) Le socialisme réserve ses grandes forces pour des grandes causes, pour la défense du pays, l’amélioration de la condition sociale des démunis et des travailleurs(…) » écrit notamment David Frapet dans « Le socialisme selon Léon Blum »* Voler au secours de la planète Terre et de ses habitants vulnérables et démunis, consacrer 90 milliards d’euros pour accompagner les pays pauvres dans la mise en œuvre de leurs programmes de reconversion énergétique est une de ces grandes causes comme l’est l’engagement armée de la France contre Daesh. Il reste le front de l’emploi. L’amélioration de la condition sociale des démunis et des travailleurs n’est pas une guerre aisée. Comme une tumeur maligne, une lutte efficace contre chômage requiert outre la chirurgie radicale un traitement chimique et radio assez précis pour ne pas léser le voisinage. Autrement dit ne pas trop appauvrir les riches en voulant enrichir les pauvres. That’s the question.

 (*)David Frapet (Préface par  François Hollande), mars 2003 – Editions Créer.

La Cop 21, un bol d'air régénérant pour le Parti socialiste

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La Banque du Maroc douche l’enthousiasme du gouvernement Benkirane

Publié le par Abdelkarim Chankou

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (BAM) tire la sonnette d’alarme dans le dernier rapport annuel 2014 présenté vendredi 3 juillet dernier à SM le Roi. Le patron de la banque des banques qui réitère son appel à « une évaluation des politiques publiques » dresse un bilan qui cloue au pilori la majorité Benkirane. Dans le rapport annuel, le wali de la banque centrale, est très critique sur la croissance : «Elle continue d’être rythmée par les conditions climatiques; et les progrès réalisés sur le plan des équilibres sont attribuables dans une grande mesure à des facteurs conjoncturels». Mieux : « Crédité d’une croissance de 4,5% au moins cette année, le Maroc doit cette reprise essentiellement à la performance du secteur agricole. Les autres branches d’activité étant un soutien moins fort.» Au rayon investissement c’est le même son de cloche : «Le pays enregistre l’un des taux d’investissement les plus élevés au monde, mais les résultats restent bien en dessous des attentes aussi bien en termes de croissance que de création d’emplois», s’étonne le patron de la banque centrale. Et d’enfoncer le clou : «Les métiers mondiaux du Maroc, notamment l’automobile et l’aéronautique, commencent à donner des résultats mais pas encore au point de booster le PIB industriel.» A méditer pour le ministre de l’Industrie et du Commerce Moulay Hafid Elalamy et son plan d’accélération industrielle 2014-2020. Côté formation, c’est carrément la bérézina ! «C’est le secteur où l’écart entre les ambitions et les réalisations est inquiétant». Pour le banquier «Il faut une thérapie de choc». Et de poursuivre : «Les atermoiements sur les réformes dont celle de l’éducation pénalisent la compétitivité internationale du Royaume». Maie ce n’est pas tout ! «Le constat aujourd’hui est qu’une personne non qualifiée a plus de chance de trouver un emploi qu’un diplômé. La main-d’œuvre est concentrée dans des secteurs faiblement capitalistiques et à faible valeur ajoutée.» Une réalité qui nuit à la croissance économique. Pour ce qui est du chômage c’est encore plus inquiétant ! «Si le Maroc s’en tire mieux par rapport aux voisins, la situation n’est pour autant pas réjouissante. Environ 10% de la population active est au chômage. La situation est très critique en zone urbaine où près de quatre jeunes sur dix sont sans emploi.» Et ce n’est pas fini ! Les investissements directs étrangers (IDE) sont «Une masse qui pèse sur la balance des paiements », selon la banque centrale. 15 milliards de DH de dividendes seront transférés à l’étranger.» Pour l’institution d’émission, il faut certes continuer à promouvoir les investissements directs étrangers mais s’assurer en même temps que les incitations y afférentes respectent le couple coût/bénéfice pour le pays. Un clin d’œil au futur port atlantique de Kénitra dont la construction est jugée nécessaire après par l’implantation récente de l’usine de PSA Peugeot-Citroën dans cette ville ? Et las t but not least ! La Bourse un maillon faible de CFC. «Le Masi, principal indice de la Bourse de Casablanca, peine à confirmer son rebond de 2014. Il a terminé le premier semestre sur une contre-performance annuelle de 0,43%. En l’état actuel, la Bourse constitue un véritable handicap pour Casablanca Finance City. La persistance de l’atonie avec notamment un niveau de liquidité et une contribution très faible au financement de l’économie reste préoccupante», s’alarme Abdellatif Jouahri. Et il y a de quoi !

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Maroc : La raffinerie Samir cherche sauveur désespérément

Publié le par Abdelkarim Chankou

Jamal Ahmed Mohamed Ba-amer

Après le scandale du profit warnings fait par le Groupe, lors de l’annonce en mars 2009, qui a secoué la place financière et le flou qui a entouré cette affaire, la raffinerie de Mohammedia (60 km au sud de Rabat) que dirige depuis 2004 le saoudien-yéménite Jamal Ba-amer, annonce en début de semaine du 2 mars un autre « avertissement sur résultats » pour 2014 qui risque de faire plus de dégâts que le premier dans les milieux financiers et surtout chez les nombreux créanciers de la filiale marocaine du Groupe saoudien de droit suédois, Corral Petroleum Holdings AB, propriété du saoudien-éthiopien Mohamed Hussein Al Amoudi. D’autant que dans la place on commence à se poser des questions sur l’authenticité de ces profits warnings (1). Résultat : le cours de la Samir ne cesse de dégringoler alors que son ratio endettement est de quatre fois son capital ! Une situation qui inquiète les banques qui craignent que la partie industrielle de la raffinerie ne dépose le bilan à tout moment. D’autant que la société, achetée par Corral en 1997, ne fait presque plus de raffinage depuis ces 5 dernières années, préférant miser sur la distribution en s’engouffrant dans un segment déjà très concurrentiel, ce qui n’a pas manqué de mécontenter les distributeurs. Bref la raffinerie que Ba-amer dirige en tandem avec sa « secrétaire particulière », Mme Hind Kably, la majorité des cades supérieurs ayant quitté une société passée en un temps record du statut d’usine productive à celui d’épicerie, ne cesse de ficher la trouille à ses créanciers et à ses banques qui ne veulent plus la soutenir sauf si elle augmente son capital, une condition que Ba-amer continue d’ignorer jusqu’à ce début de semaine où il  multiplie les rencontres pour  attirer un fonds d’investissement dans son tour de table. Une tâche des plus difficiles pour une entreprise qui vient d’annoncer une perte record de 3,4 milliards de dirhams en 2014 et dont aucun acheteur ne veut même pour 400 millions de dirhams, et qui de surcroît recourt à l’achat du pétrole volé à l’Irak (2) !

(1) Le profit warnings ou avertissement sur résultats sont les termes utilisés pour désigner l'avertissement émis par une entreprise pour alerter les actionnaires sur de mauvais résultats. Cela signifie que les prévisions et les objectifs préalablement fixés ont de grandes chances de ne pas être atteints et que le cours du titre associé à la société en question va inexorablement baisser.

(2) Selon sune source bien informée, au sein des cercles du pouvoir voix ne cachent pas leurs regrets que la Samir (la Société Anonyme Marocaine de l'Industrie du Raffinage) soit vendue à Corral Petroleum qui après l'avoir exploitée jusqu'à la corde cherche maintenant à s'en débarasser.

 

Article lié :

Confidentiel : Le saoudien-yéménite Jamal Ba-amer joue les courtiers de Midroc au Ghana

http://chankou.over-blog.com/2015/03/confidentiel-le-saoudien-yemenite-jamal-ba-amer-joue-les-courtiers-de-midroc-au-ghana.html

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Le Maroc « cheval de Troie » des entreprises françaises ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le Maroc un « cheval de Troie » pour les entreprises françaises ? Ou plutôt une chance pour les l’entreprise française en temps de vaches maigres ? Oui je le crois ! Et c’est tout à l’honneur et de la France comme du Maroc dont près d’un million de ressortissants vivent dans l’Hexagone où ils sont une chance aussi bien pour leur pays d’origine que pour le pays d’accueil, comme l’avait si bien écrit feu Bernard Stasi dans son livre : « L'immigration, une chance pour la France » Comme le méga projet allemand Desertec qui est en cours de prendre forme au Maroc depuis 2012, avec ses grandes centrales solaires en Afrique et au Moyen-Orient et qui en 2050 pourrait fournir 15% des besoins européens en électricité, dans l’optique d’une réduction progressive de la part des sources fossiles et nucléaire dans l’assiette énergétique du Vieux continent, l’idée d’un passage de certaines entreprises françaises par le Maroc pour contourner un éventuel écueil commercial est dictée par un double besoin : la conjoncture économique du moment et la realpolitik. Cette sorte de troisième voie qui permet aux entreprises françaises en particulier et européennes en général d’effectuer un détour, bref ou long, par le Maroc pour échapper à une mauvaise conjoncture n’est pas nouvelle : sur les quelque 800 entreprises françaises actuellement installées au Maroc plusieurs le sont dans le cadre de délocalisations. Mais ce qui est nouveau c’est que les entreprises qui cherchent un pied-à-terre au Maroc n’y viennent plus pour ces raisons classiques qui sont la proximité culturelle et géographique du royaume avec l’Europe et certains marchés prometteurs, le coût bas de sa main d’œuvre ou encore l’attractivité de ses codes de travail et fiscal… Désormais des raisons plus ou moins avouées dictent aux entreprises en difficulté de passer par la case Maroc. Certaines d’entre elles passent par les zones franches du Maroc pour y changer leur étiquette d’origine par d’autres avec la mention « fabriqué au Maroc » pour mieux vendre. Il faut savoir à ce titre que le label Maroc offre une force de vente exceptionnelle surtout dans l’agroalimentaire. De même l’embargo imposé à la Russie par Bruxelles à cause de sa position jugée « tendancieuse » dans la crise ukrainienne et la réponse russe par des représailles du même genre a contraint, depuis août dernier, certains exportateurs français à contourner l’embargo de Moscou en enfilant des habits marocains si bien que le marché russe, d’habitude très ouvert aux produits marocains, a commencé à refouler refouler brutalement des certaines de tonnes d’agrumes marocains pour des raisons plus ou moins farfelues et incompréhensibles.

Désormais des raisons plus ou moins avouées

dictent aux entreprises en difficulté de passer par la case Maroc

Last but not least, le marché marocain ne sera plus dans les prochains mois une simple voie de contournement ou un cheval de Troie pour certaines entreprises françaises en proie à une mauvaise conjoncture mais un vrai débouché à certaines de leurs produits. En effet, selon les dires même du Premier ministre Manuel Valls, qui s’exprimait en marge du dernier Salon en date de l'industrie agroalimentaire (SIAL), le marché agroalimentaire hexagonal est menacé de « déflation. » « Il y a actuellement un risque de spirale perdant-perdant-perdant », a dit le Chef du gouvernement français, selon qui les industriels, les consommateurs et les grandes surfaces sortiraient perdants d'une guerre des prix et d'une déchirure du « tissu économique. » « Ce risque (...) menace l'activité économique, il menace aussi l'emploi », a-t-il ajouté. A notre que cette déflation qui tirera vers le bas le marché agroalimentaire français est le fruit de moult autres causes aussi diverses les unes que les autres. Il Entre autres cette prise de conscience sans cesse grandissante des Français sur les dangers cancérogènes que représentent certains aliments mis en conserve notamment ceux issus de la transformation mécanique des viandes ; ce qui fait que de plus en plus de consommateurs français préfèrent le conditionnement en verre au détriment du métal, les aliments bio etc. Mais la raison dominante qui explique ce risque de déflation est « la dégradation de l’emploi », qui « incite les ménages à renforcer leur épargne de précaution. »

Abdelkarim Chankou

Abdelkarim Chankou

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L’EIIL n’est qu'une mutation cancérisante de la dissidence en Islam

Publié le par Karim El Maghribi

Le Levant (Cham) et l'Irak, toxines mutagènes d'un cancer généralisé si pas traité radicalement et rapidement.

Depuis la fin de la période préislamique, dite Al Jahilya (l’Ignorance), l’islam a connu des hauts des bas, des succès et des coups bas. Et pas toujours de la part des nations et peuplades non arabes : les coups les plus durs sont donnés par les Arabes eux-mêmes. Guerres tribales, assassinats religieux et politiques où des villages et des récoltes ont été brûlées, des eaux de boisson empoisonnées, des leaders poignardés en pleine prière dans les aires sacrées des mosquées… Si Youtube et Facebook existaient en Arabie du VIIe siècle de l’ère chrétienne les internautes auraient été aussi horrifiés que de nos jours avec ce  qui se passe en Syrie et en Irak, ces vidéos horribles montrant des combattants ou des journalistes décapités au couteau par des djihadistes enrôlés sous diverses bannières dont celle de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) est la plus célèbre.

Selon une vérité, communément admise et attestée par plusieurs théologiens dont je me garderai bien de nommer (ne serait-ce que pour éviter de tomber dans le piège du  « religieusement correct »), le kharijisme est avec le sunnisme et le chiisme l'une des trois principales branches de l'islam.

La communauté des Kharidjites doivent leur appellation de « khawarij » à une période cruciale de l’histoire des premier temps de l’islam. Cette appellation   a été choisie par Ali, le cousin du Prophète Mohammed, pour désigner tout mouvement musulman contestataire, sans qu’aucun compte ne soit tenu de leurs revendications ni de leurs méthodes, fussent-elles radicalement opposées.

Historiquement la branche kharidjite, au départ embryonnaire, prit de l'ampleur et de l’importance à cause du rejet de l'arbitrage entre Ali et Muâwîya ibn abi Soufiane à l'issue de la bataille de Siffin qui les avait opposés en 657 de l’ère chrétienne. Cette bataille fratricide entre musulmans avait été meurtrière et Ali dut se résigner à l’idée d'un arbitrage pour arrêter le bain de sang. Les traditions orales populaires parlent de flots de sang ayant arrivé jusqu’aux cous des chevaux (1) ! En principe les kharidjites, partisans d'Ali, se sont retirés et ont condamné les deux camps. Ils ont reproché à Ali de s'être soumis à un arbitrage car « L'arbitrage n'appartient qu'à Dieu ».

Le clan rebelle était, du point de vue kharidjite, celui de Muâwîya qui aurait dû s'incliner devant Ali.

Face  à la communauté des  kharijites et celle de ceux qui sont restés fidèles à Ali, la branche principale de l’islam : « Ahl sunna wa al jamaa - أهل السنة والجماعة " ce qui peut se traduire par « les gens de la sunna et du consensus ».

Selon l’imam Tajeddine Ibn As Subki sont unanimes en ce qui concerne l'obligatoire, le permis et l'impossible pour Allah, même s’ils ont utilisé des méthodologies et des fondements différents pour y  arriver. Grosso modo, trois subdivisions  forment « Ahl sunna wa al jamaaa :

a) Les gens du hadîth (ahl al hadîth). Leurs principes fondamentaux sont les preuves philologiques tirées de la révélation;

b) Les gens de l'examen rationnel (ahl un nadhar al aqqli). Ce sont les Acharites et les Hanafites;

c) Les gens de l'extase et du dévoilement (ahl al wijdan wal kachf), ce sont les Soufis.

Cette branche principale et dominante Ahl sunna wa al jamaa qui se définit comme la voie pour un islam des pères fondateurs et des apôtres (sahaba) du Prophète s’appuie sur un passage coranique pour écraser toute rébellion et dicter se doctrine aux minorités. L’inverse étant aussi vrai. C'est ce passage  même du Livre saint de l'islam qui a permis à Muâwîya et ses compagnons et l'emporter sur Ali et ses troupes. Il s'agit du texte suivant :

« Si deux partis de croyants se combattent, rétablissez la paix entre eux.  Si l'un se rebelle encore contre l'autre, luttez contre celui qui se rebelle.  Jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'ordre de Dieu. »

-Le Coran, Al-Hujurat (Les Appartements), XLIX, 9.

Mais le monde arabe et musulman d’aujourd’hui, engagé dans la spirale infernale de la mondialisation avec ses cortèges de luttes des classes, de raréfaction des ressources hydriques et énergétiques fossiles, de famines, de maladies meurtrières, de chômage endémique, d’athéisme rampant, de « printemps arabes », de népotisme, d'ignorance, de misère…, ne peut plus se permettre de vivre une autre histoire de dissidences comme celles de jadis. Désormais le mot d’ordre et à l’union sacrée face aux «dangers» qui menacent la umma… Dont l’EIIL et assimilés. Seulement c’est une partie très difficile. L’EILL est un cancer qui sera long à éradiquer, ainsi l’a qualifié judicieusement le président Obama dans son dernier discours à la Nation. Un cancer d’origine mutationnelle qui a déjà dépêché et placé ses sentinelles et métastases partout dans le monde arabe et aussi non arabe... Si bien qu’un nettoyage post éradicateur risque de provoquer de graves dégâts latéraux, entre autres le risque de fragiliser les ordres établis au sein de la grande sphère qu’est Ahl sunna wa al jamaa. Qu’à Allah ne plaise ! En tout cas ...

  1.  Métaphore probablement syncrétique : Les  récits sur les conquêtes d’Alexandre le Grand en Asie évoquent aussi des «mers» de sang ayant arrivé jusqu’au cou des montures.
Abou Bakr Al Baghdadi, le calife autoproclamé de l'EILL (tel qu'l est présenté dans les médias)

Abou Bakr Al Baghdadi, le calife autoproclamé de l'EILL (tel qu'l est présenté dans les médias)

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