Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

47 articles avec opinion

Par son manque de coopération antiterroriste, Alger met en danger et le Maroc et l’Europe

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le siège du BCIJ à Salé

Le siège du BCIJ à Salé

On entend souvent les officiels du Maroc comme ceux d’Algérie dire que si la coopération politique et économique entre les deux pays est au point mort il n'en n'est pas de même de celle entre sécuritaires. Faux ! La coopération policière ne se porte pas mieux. La vérité est que le pouvoir algérien ne coopère en rien. Il a fait le choix de faire payer à son voisin marocain le prix de la récupération pacifique de son Sahara, l’intégration réussie des islamistes dans le jeu démocratique et le succès sur la scène internationale de son plan d’autonomie élargie pour les provinces sahariennes, quitte à mettre la stabilité de la région du Maghreb en grand danger. Comme il avait mis son existence en péril à la fin des années 80, après l’annulation par les autorités les résultats des élections communales qui ont vu une victoire écrasante du FIS. « La victoire écrasante du Front islamique du salut (FIS) aux premières élections libres algériennes, locales en 1990 et législatives en 1991, l’annulation de ces dernières et la « guerre civile » qui s’en est ensuivie ont suscité l’intérêt des politises pour l’expérience algérienne, celle de la tentative – ratée – d’intégrer un parti islamiste au jeu politique institutionnel », écrit Myriam Aït-Aoudia dans une analyse sous le titre « La naissance du Front islamique du salut : une politisation conflictuelle (1988-1989) ». Mais les prémices de la guerre civile algérienne remontent bien avant 1989. « L’épopée du MIA (Mouvement islamique armé) – fondé en 1982 par Mustapha Bouyali et engagé dans un affrontement violent contre « l’État impie » – est le troisième facteur essentiel dans la constitution des réseaux des fondateurs du FIS. Au milieu des années 1980, alors que cette organisation sévissait depuis quelques années déjà, plusieurs prédicateurs – dont deux futurs fondateurs du FIS, A. Sahraoui et A. Benhadj – prononcent publiquement des fatwas qui soutiennent son combat. » écrit le maître de conférences en science politique à Sciences Po Bordeaux, spécialiste des partis politiques et du militantisme en Algérie, dans le même article. Si le 6 juin 1999, l'Armée islamique du salut (branche armée du FIS), dépose les armes après une en trêve décidée depuis octobre 1997 et si le 13 juillet 1999 la loi sur la «concorde civile», prévoyant une amnistie partielle des islamistes armés a été promulguée et approuvée le 16 septembre suivant par référendum stalinien (à 98,63%), la vérité est que la guerre terroriste n’a jamais connu de vrai répit en Algérie : attaques meurtrières contre l’armée régulière, enlèvement des étrangers, sabotages, prise d’otages, etc. Avec des tentatives d’exportation de cette sale guerre chez le voisin marocain. En effet, le 24 août 1994, deux terroristes franco-algériens font éruption dans le hall de l’hôtel Atlas Asni à Marrakech, en tirant sur un groupe de touristes étrangers. L’attaque aura de très lourdes conséquences politiques et économiques pour les deux pays si bien que Rabat décidera de fermer sa frontière terrestre avec l’Algérie. Une frontière qui ne sera jamais rouverte malgré que Rabat, ayant enterré sa colère, en ait fait la demande maintes fois auprès d’Alger. Sans résultat. Visiblement, la junte aux commandes à Alger veut que le Maroc vacille et sombre à son tour dans la guerre civile. Ayant tout essayé pour le déstabiliser sans succès, elle lui reste le moyen de la coopération antiterroriste. Surfant sur la grande vague terroriste, métastases de Daech, qui s’est abattue sur l’Europe et certains pays du Sahel, les galonnés d’Alger répondent systématiquement par un niet catégorique à toute demande de coopération dans le cadre de la lutte antiterroriste en fermant parfois les yeux sur des intrusions de terroristes en territoire marocain (Encadré ci-dessous). Une anomalie qui n’échappe à personne surtout au département américain. Le désaccord politique entre le Maroc et l’Algérie sur le Sahara marocain constitue « un obstacle à la coopération dans la lutte antiterroriste bilatérale et régionale », a souligné le rapport annuel du Département d’Etat américain sur le terrorisme dans le monde en 2014. Ce rapport qui a été mis intégralement en ligne le vendredi 19 juin 2015 sur le portail du département d’Etat, a indiqué, dans le chapitre réservé aux pays du Mena, qu’« en dépit de la participation du Maroc et de l’Algérie à des programmes de lutte contre le terrorisme (Forum global de lutte contre le terrorisme dont le Maroc est membre fondateur, le Partenariat transsaharien contre le terrorisme...), le niveau de leur coopération bilatérale dans la lutte contre le terrorisme ne s'est pas amélioré en 2014 ».
GENDARME
. Un constat que confirmera, deux années plus tard, M. Abdelhak Khiame, le directeur du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), chargé de la lutte antiterroriste, en déplorant vertement, dimanche 14 mai 2017, lors d’une émission de radio, le manque- voire l’inexistence- de coopération de l’Algérie dans ce domaine. M. Khiame ira plus loin en déclarant que « Ce pays [l’Algérie], qui a d’ailleurs été derrière la création de nombre de groupes terroristes et qui a souffert de cette plaie des années durant, sait pertinemment que nul n’est à l’abri d’une attaque. » Et M. Khiame, qui n’est pas à première sortie contre l’Algérie, d’ajouter sur un ton conciliant et coopératif : « Même si l’Algérie ne coopère pas, le jour où nous saurons que les citoyens algériens sont menacés par une quelconque attaque, nous n’hésiterons pas à fournir les informations et l’aide nécessaire», assure-t-il. Dans une interview à L’Economiste du 2 mars 2017 le chef du BCIJ répondait à la question de comment remédier au manque de coopération des Etats voisins, principalement l’Algérie? » sur un ton similaire « (…) Le Maroc prend toutes ses dispositions pour assurer sa sécurité. Mais l’absence de coopération et de coordination avec nos voisins algériens constitue une opportunité pour l’installation d’organisations terroristes dans la région. Il faut être clair: la sécurité de nos deux pays dépend d’une coordination qui doit avoir lieu entre les services de renseignement marocains et algériens. Malheureusement, ils s’entêtent. J’espère qu’ils vont se rendre à l’évidence. » Comme la Mauritanie qui malgré d’intermittents coups de froid avec le Maroc sur le volet politique et économique, coopère bien sur le volet sécuritaire. Effectivement M. Khiame, dans une interview à France 24, diffusée dimanche 16 avril 2017, a souligné que « la coopération avec la Mauritanie en matière de renseignement est irréprochable et a toujours été fructueuse. » En Bref tout le monde coopère, il n’y a que les bidasses algériens qui traînent leurs godasses … Un comportement aussi irresponsable que puéril qui met en danger et le Maroc et l’Europe. En tout cas le royaume fait plus que le nécessaire non seulement en tant que gendarme qui veille à ce que le vieux continent ne soit pas submergé par un tsunami migratoire mais également en tant que super flic antiterroriste qui se lutte contre les réseaux de la terreur. Une mission qui nécessite plus de soutiens politique et financier de la part des Américains et de Européens et pas seulement de belles phrases. Même si le soutien moral a toute son importance surtout venant de la première puissance du monde. En matière de lutte antiterroriste, le Maroc se démarque dans la région d’Afrique du Nord et de Moyen orient (MENA) par une stratégie sécuritaire, préventive et de dé-radicalisation qui a fait ses preuves, affirme le Département d’État américain dans son dernier rapport sur la lutte contre le terrorisme dans le monde. « Le Maroc a adopté « une stratégie globale, qui comprend des mesures de sécurité vigilantes, une coopération régionale et internationale et des politiques de contre-radicalisation » efficaces, analyse analyse le dernier rapport américain en date , rendu public le 20 juillet dernier.

ENCADRE :
Arrestation de 2 membres de Daech qui voulaient rejoindre le Maroc depuis l'Algérie
Nouveau coup de filet pour le BCIJ. Cherchant à gagner le territoire marocain depuis le sol algérien, un Marocain lié à l'organisation Etat islamique Daech a été arrêté par les services de sécurité de Saïdia (Extrême nord-est du Maroc), a annoncé le ministère de l'Intérieur mercredi 4 mai 2016. L’homme, originaire de Sidi Bennour, avait quitté illégalement le Maroc il y a six mois dans le but de rejoindre la branche de Daech en Libye.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

La caravane s’amuse

Publié le par Abdelkarim Chankou

Dialogue de sourds

Dialogue de sourds

Impossible d’ouvrir un journal, d’allumer une télé ou de consulter un site électronique d’actualité sans tomber sur des informations qui traitent du monde arabe ! C’est plutôt flatteur dirait un Arabe fier de lui. Et comment donc ! Mais à y voir plus clair et sans chauvinisme aveuglant il n’y a pas de quoi être fier. Guerres fratricides, attentats terroristes de plus en plus meurtriers et gratuits, commis au nom du sacro-saint panarabisme et d’Allah, avec comme toile de fond analphabétisme et misère des peuples, contrastant avec la vie luxuriante des petites castes qui détiennent sans partage le pouvoir politique et économique. Pas la peine de chercher ou de s’interroger sur les causes de ce sombre tableau. Depuis le dernier califat ottoman on a pratiquement fait le tour de la question. Mis en cause, le sionisme et la création de l’Etat d’Israël que les Etats-Unis ont mis sous leur protection indéfectiblement et sans conditions, et bien sûr le colonialisme européen qui a corrompu le système de gouvernance islamique en y greffant népotisme, passe-droits et autres vices destructeurs sans oublier la déculturation par l’abaissement de la langue et coutumes locales au bénéfice des modes de vie pervertis de l’occupant. Et j’en passe des vertes et des pas mûres. Or la vérité est que rien de cela ne tient debout. Israël n’est pas la cause de la décadence du monde arabe. Loin s’en faut. Avant 1948, année de la de l’Etat hébreu et même avant la Déclaration Balfour de 1917 par laquelle le Royaume-Uni se déclara en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national juif, le monde arabe n’était pas au mieux de sa forme. Preuve en est l’état peu reluisant dans lequel il était sous l’occupation de l’empire ottoman. Pour ne prendre que l’exemple de la Palestine, sujet central de la rhétorique victimiste panarabe, la Sublime Porte qui a occupé quasiment tout le monde arabe du XIXe siècle (sauf le Maroc) n’a rien fait ni laissé en terre sainte qui permette de conclure à une présence positive, qui a pourtant duré une éternité : de 1244 jusqu'au XVIIIe. « Jusqu'au début du XIXe siècle la Palestine est considérée par Constantinople comme une région sans grand intérêt comme une région sans grand intérêt si ce n'est le fait qu'elle tenait lieu de passage vers les provinces méridionales d'Égypte et d'Arabie. Les seules préoccupations de la Sublime Porte concernaient la maîtrise de la turbulence clanique récurrente et la collecte des impôts et redevances. » Idem pour l’intermède de l’occupation égyptienne entre 1831 et 1840. Sans médire ni risque de me contredire je peux dire que le monde arabe sous occupation ottomane ne valait guère mieux que sous dominations britannique, française, hispanique ou israélienne. Avec cette différence que les occupés semblaient mieux accepter la colonisation européenne et ottomane que l’occupation israélienne… Ce qui confirme la thèse selon laquelle la lutte arabo- palestinienne contre l’occupation israélienne est plus fondée sur des bases religieuses et racistes que politiques. Un Arabe lambda accepte d’être dominé par un Etat chrétien ou agnostique plutôt qu’un Etat juif, fût-il semi laïc. Donc les voix qui soutiennent haut et fort que le différend arabo-israélien est politique et non religieux ont tout faux.
DEGENERESCENCE
Curiosité : les occupés arabes supportent mieux la colonisation européenne et ottomane que l’occupation israélienne alors que c’est le contraire qui devrait se produire. Et pour cause. Si l’occupation européenne et turque a contribué à la fragilisation des pouvoirs féodaux arabes si bien que nombre d’entre eux (sauf le Maroc où la monarchie a conservé ses fondements) sont passés de l’état de sultanat authentique à celui d’un système - ou de régence- à la sauce « dey » ou « proconsul l’occupation israélienne-bien que limitée à la Palestine (frontières de 1967)- a par contre permis de stopper ou du moins ralentir le processus de dégénérescence de ces pouvoirs totalitaires, et aurait même favorisé leur retour aux sources, par le biais de la diabolisation systématique d’Israël. Diabolisation qui a servi entre autres à ces pouvoirs féodaux pour l’asservissement de leurs peuples en leur faisant croire que leurs malheurs n’ont qu’une origine : Israël. Ça amuse les observateurs étrangers et distrait la populace des désœuvrés. La caravane s’amuse ! « En Occident, certains en concluent que l’islam en tant que tel porte un germe antidémocratique, et des citations du Coran sont produites comme pièces à conviction. D’après ce « fond de l’air » qui déborde largement les cercles racistes, l’« arriération » des Arabes serait le fait des Arabes eux-mêmes, de leur mentalité, de la religion qu’ils ont inventée et propagée, de leur manque de culture politique, etc. » Exemple vivant et frais de ce racisme et intolérance qui fondent la lutte arabo-israélienne : Ce n’est pas à cause des portiques de détection de métaux que la police israélienne a récemment installés aux entrées de la mosquée Al Aqsa que les fidèles musulmans de Al Qods (Jérusalem) refusent d’y prier. Mais bien parce que ces fidèles honnissent et vomissent l’idée qu’une main juive les souillent lors de la fouille manuelle alors qu’ils viennent juste de se purifier en faisant leurs ablutions. En clair la haine arabo israélienne est basée sur des mythes. Des légendes qu’une longue sacralisation aveugle et bête des textes et du dogme, des deux côtés, a fait que chaque partie se considère être meilleure que l’autre, voire meilleure que les reste du monde. Le jour où une relecture raisonnée et dépassionnée des textes sacrés sera arrivée là commencera la normalisation qui aboutira à la fin d’une guerre plus que séculaire et on ne lira plus et on ne dira plus des mauvaises choses ni sur le monde arabe ni sur l’Etat juif. Amen.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Guerre interarabe pour la Direction générale de l’UNESCO

Publié le par Abdelkarim Chankou

Guerre interarabe pour la Direction générale de l’UNESCO
Sur 9 pays qui ont déposé officiellement les dossiers de candidature de leurs ressortissants au poste de directeur général de l’UNESCO 4 sont arabes ! Ce qui en dit long sur cette unité arabe chantée à tous les étages et à toutes les occasions. Le nom du successeur de l’actuelle directrice générale de cet organisme onusien, la Bulgare Mme Irina Bokova sera connu en octobre 2017. D’ici là au moins une chose est sûre. Si d’aventure un candidat ou une candidate arabe parvient à se faire élire au poste très convoité cela pourrait signer l’arrêt de mort de cette structure déjà moribonde. Pourquoi donc ? Réponse : parce que l’UNESCO qui est restée impuissante face aux destructions de sites historiques millénaires par des terroristes islamistes tant en Irak qu’en Syrie sans oublier l’Afghanistan n’a pas besoin de problèmes supplémentaires. En toute franchise, avec un directeur arabe, la déjà paralytique UNESCO risque de souffrir d’anémie. Aux Etats-Unis qui lui ont coupé les vivres 2012 suites à l’adoption de résolutions controversées sur Israël. Comme celle de mardi 18 octobre 2016, en adoptant en conseil exécutif une résolution controversée qui concerne notamment la vieille ville à Jérusalem-Est. « Ce texte, déjà soumis au vote en commission le 13 octobre, ne fait référence qu’aux noms musulmans des sites religieux, en évitant par exemple l’expression mont du Temple pour l’esplanade des Mosquées. En semblant nier les liens historiques et spirituels du judaïsme avec ce lieu, l’UNESCO a provoqué une condamnation unanime de la part des dirigeants du pays, qui fustigent la partialité anti-israélienne de la plupart des forums multilatéraux. » Ne retenant que la toponymie arabo-musulmane pour la vielle ville de Jérusalem-Est, l’UNESCO a mécontenté les pays alliés d’Israël. D’autres pays occidentaux également amis de l’Etat hébreu risquent d’emboîter le pas à Washington si sous le mandat d’un dirigeant arabe l’UNESCO continuerait « sa guerre sainte » contre Israël sous le drapeau de l’UNECO. Et ce ne sont pas les pays arabes qui vont combler une éventuelle réduction du budget de l’instance onusienne ; surtout que parmi le quatuor des candidats arabes, seul le Qatar peut mettre la main à la poche, l’Egypte, le Liban et l’Irak étant fauchés comme les blés. Alors à quoi servira une UNESCO exsangue ? Sinon à la parlotte et aux effets d’annonce. Mais rien n’est perdu pour le Monde arabe. La candidate française Mme Audrey Azoulay défendue par l’Elysée peut éviter aussi bien une grave crise supplémentaire à l’UNESCO qu’une élection de l’un des 5 autres candidats de Chine, du Guatemala, de l’Azerbaïdjan et du Vietnam, pays qui ont en commun une conception anachronique des minorités et de la culture. En effet Mme Audrey Azoulay est non seulement de triple culture, française par son pays d’adoption, marocaine par son père M. André Azoulay, Tunisienne par sa mère Cathy Brami mais elle est également de culture arabe puisque son père a toujours affirmé qu’il est "un juif arabe" qui dès le début des années 1970 a œuvré inlassablement pour le rapprochement des Palestiniens et des Israéliens. Mais cette richesse culturelle de Mme Audrey Azoulay tout le monde ne la voit pas comme un atout y compris au sein du parti Les Républicains dont semble-t-il certains membres voit plus en elle une ministre de la Culture proche de François Hollande qu’une candidate de la France. Mme Joëlle Garriaud-Maylam (LR) a qualifié vendredi [17/3/2017] d'«insulte aux pays arabes» la candidature de dernière minute de la ministre de la Culture Audrey Azoulay à la tête de l’Unesco. Et la sénatrice représentant les Français de l’étranger depuis 2004 d’enfoncer le clou : «Une telle candidature est une insulte aux pays arabes, qui n’ont jamais obtenu un tel poste à l’UNESCO et envers lesquels des engagements moraux avaient été pris pour que ce poste revienne à un des leurs», écrit dans un communiqué Mme Garriaud-Maylam, celle qui est également la représentante du Sénat à la commission nationale française de l’UNESCO. Mais ce n’est pas tout. La parlementaire citée dans un article publié sur le site internet du quotidien Libération qui le supprimera un peu plus tard d’ajouter le meilleur : «Cette candidature, déposée quelques instants seulement avant la clôture officielle du processus, est une faute morale et diplomatique du président Hollande». La sénatrice en appelant à son retrait justifie sa posture par le fait qu’ «il est en effet de tradition que le pays qui a le privilège d’héberger le site d’une institution internationale, n’en brigue pas pour lui-même le poste de président ou de directeur général ». Soit. Mais la vérité est que les 9 candidats ont tous déposé leurs dossiers respectifs presque à la même date entre le 9 mars et le 15 mars 2017, comme c’est indiqué sur le site de l’UNESCO. Mais la sénatrice n’est pas la seule à critiquer la candidature française. L’Égypte aussi. Soutenant son ambassadrice, Mme Mouchira Khattab, le pays du généra Abdel-Fattahl Al-Sissi « n’a pas caché son irritation et l’a fait savoir officieusement à André Parant, l’ambassadeur de France au Caire. » Pour justifier son rejet de la candidature de Paris , l’Egypte met en avant un argument de poids. Un accord tacite veut qu’un ressortissant d’un pays arabe soit le successeur de la Bulgare Irina Bokova. Curieusement, on dira pourquoi plus tard, « c’est le Qatari Hamad Al-Kuwari qui dispose de l’appui du bloc arabe. Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine depuis 2008, ce francophone de 69 ans a été ambassadeur de son pays à Paris dans les années 1980 et représentant à l’Unesco. Il a été adoubé lors d’une réunion de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et la science (Alesco), à Tunis, en 2016, par 18 voix sur 22, scrutin lors duquel l’Algérie est le seul pays à s’être abstenu. » Evidemment et elle a raison Mme Audrey Azoulay défend sa candidature à l'UNESCO sur les ondes de France Inter le 17 mars dernier.
Promesse
« Ce n'est pas ma candidature, c'est la candidature de la France », a déclaré la ministre sur la radio publique. « Dire que la candidature de la France est une insulte est en soi préoccupant, surtout quand on est un élu de la République, et par ailleurs un élu d'un parti qui soutient une candidature à la présidence de la République qui elle-même est très difficile à expliquer au reste du monde aujourd'hui », a-t-elle rétorqué. « Je ne sais pas si on aurait formulé ce type de remarque pour la candidature de la Chine, également candidate, du Guatemala ou de l'Azerbaïdjan », a ajouté la candidate de Paris qui répondait visiblement aux attaques de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam. Ce qui est le plus incompréhensible dans cette histoire est le fait que le Maroc (1), dont Audrey Azoulay est originaire, ait promis sa voix au Qatar, comme la Tunisie et la Mauritanie ! Or l’Emirat est tout sauf u pays qualifié à défendre le patrimoine humanitaire et la culture universelle. Anecdote. Rêvant d’accueillir un jour le Jeux olympiques d’été (sans humour), le Qatar a organisé en avril 2013 une méga exposition sur l’histoire des Jeux olympiques, de l’Antiquité à nos jours à Doha avec comme invité d’honneur la Grèce. Bizarrerie : Aucune des statues de la Grèce antique exposée dans le musée de Doha assure n’est un nu ! Bien sûr les autorités ont juré n’avoir rien censuré, mais il semble bien qu'en raison de leur nudité , certains lots soient directement repartis en Grèce. La preuve : une salle à moitié vide, où auraient dû se trouver des statues de l’Antiquité grecque, à l’époque où les athlètes et les entraîneurs exerçaient le sport en tenue d’Adam. Le retrait des statues en raison de leur nudité a été confirmé mardi 23 avril par l’AFP. « Les statues sont revenues en Grèce, les organisateurs au Qatar voulaient couvrir le sexe des statues avec des tissus noirs » a indiqué à l’AFP une source proche du ministère grec de la Culture. « Elles n'ont jamais été exposées, elles sont retournées à l'entrepôt et revenues le 19 avril », a-t-il ajouté. Seules restent dans l'exposition quelques amphores et vases, sur lesquels sont représentés des hommes nus, et une petite statuette. Le dossier de présentation de l'exposition évite elle aussi de montrer la statuaire grecque antique. Voilà le profil du pays arabe qui bénéficie du soutien de trois pays maghrébins. Mieux: La guéguerre pour l’UNESCO n’a pas éclaté seulement entre pays arabes mais au sein d’un même pays également: le Liban en l’occurrence. Une histoire à dormir debout qui embarrasse les autorités libanaises. Si le gouvernement libanais avait préféré la candidature de la Franco-Libanaise Mme Vera el-Khoury Lacoeuilhe à celle de l’ancien ministre a Culture, de l’Éducation et de l'Enseignement supérieur du Liban dans le gouvernement de Najib Mikati (avril 2005), Ghassan Salamé (le père de la journaliste française Léa Salamé) pour le poste de directeur général de l’UNESCO, ce dernier, également Franco-Libanais, est également candidat au même poste même si auparavant il avait affirmé ne pas être intéressé. Il a déclaré sa candidature sans avertir le gouvernement. « Le 13 mars, la classe politique apprend en direct à la télévision la candidature de l’ancien ministre de la Culture et responsable de la Francophonie Ghassan Salamé pour le poste de directeur général de l’UNESCO. » Toutefois son nom ne figure pas sur la liste officielle des candidats.
(1) Pour mettre fin à une bataille diplomatique ardente qui a marqué ces derniers mois entre le Royaume et l’Egypte Maroc a retiré en 2008 la candidature de Mme Aziza Bennani à la direction générale de l’UNESCO au profit de l’Egypte.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

France : Le président de la république bientôt tiré au sort

Publié le par Abdelkarim Chankou

France : Le président de la république bientôt tiré au sort
L’affaire sans précédent dans les annales de la Ve république des « emplois fictifs » parlementaires dite « Affaire Pénélope » va non seulement perturber sérieusement la dernière ligne droite de la course vers l’Elysée, pour la droite comme pour la gauche ainsi que pour leurs deux extrêmes sans oublier évidemment les sans partis fixe (SPF) comme le candidat Emmanuel Macron mais elle va marquer une nouvelle vie pour la politique française. Ce n’est pas une Ve république mais ça y ressemble fort. Avec la nuance qu’au lieu que cette Ve république soit une optimisation de la Ve comme ce devrait être le cas elle risque d’être une détérioration de l'actuelle forme du régime politique républicain instauré par le général de Gaulle dont la nouveauté majeure par rapport à la IVe est l’affranchissement du président de la république de la tutelle parlementaire en renforçant ses pouvoirs exécutifs par son élection à la magistrature suprême par le suffrage universel. En clair depuis 1958, le président de la république française n’est plus l’homme d’un camp ou d’une corporation politique mais celui de tous les français. Un acquis précieux. Mais qui risque donc de passer à la trappe avec cette affaire Pénélope révélée par le Canard enchaîné et le site Mediapart. Pas la peine de rentre dans les détails, que l’épouse et deux fils du candidat de droite et du centre aient bénéficié ou non d’emplois fictifs comme attaché parlementaire de leur père et de son suppléant Marc Joulaud peut importe. Ce n’est pas notre propos en tout cas. Ce qui nous intéresse ici c’est surtout les retombées de cette histoire sur les piliers fondateurs de la Ve république. Désormais tout candidat futur à la présidence de la république devra se mettre dans la tête qu’un grain de sable peut surgir à tout moment pour gripper sa marche vers le palais. Par leur nature les informations publiées par le Canard enchaîné sur la famille Fillon dépasse le cadre normal d’un travail d’investigation journalistique fusse-t-il celui de l’hebdo satirique fondé par Maurice et Jeanne Maréchal. Ça sent le fouillis propres aux officines de l’ombre… Dès lors cette épée de Damoclès va contraindre les futurs candidats à la présidence à porter des programmes électoraux les plus consensuels qui soient, c’est-à-dire qui en plus de refléter la volonté du parti dudit candidat ne fustige pas ceux du camp adverse ni renonce aux réalisations- du moins majeures- des rivaux sortants ! On dira à quoi bon une élection présidentielle dans ces conditions ? Juste. Et il faudra dorénavant faire avec.
EPEE DE DAMOCLES
Tout candidat qui dérange trop est candidat à la trappe. Ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre de cette affaire Pénélope auraient pu sortir une même affaire il y a 5 ans contre Hollande. Imaginez que Hollande est candidat pour cette élection présidentielle et que son histoire de scooter nocturne surgit en pleine course je suis presque sûr qu’il aura autant d’ennuis que Fillon même si les deux affaires sont différentes. Seulement en 2012, à part le scandale (Bygmalion) du financement illégal de la campagne électorale de Sarkozy , les choses étaient différentes. Les Français n’étaient pas encore très regardants les mœurs de leurs hommes politiques ni sur la gestion de l’argent public même quand les sommes mises en jeu perçues indûment pour un service rendu et sur une dizaine d’années sont inférieures à ce que l’on peut gagner en quelques minutes à Euromillion. Autrement dit, depuis 5 ans la machine moralisatrice des réseaux sociaux aidant, un sou public est devenu plus qu’un sou. Bref dans peu de temps le profil du candidat idéal au Nᵒ 55, rue du Faubourg-Saint-honoré, n’aura rien à envier à celui requis pour remplir la fonction du guide suprême en république islamique d’Iran ou membre à la cour suprême des Etats-Unis d’Amérique. Or l’expérience a montré que dans les démocraties latines il n’y a pas corrélation entre morale et éthique d’un homme politique et la qualité de son rendement sauf quand la personne dépasse le seuil de tolérance par ses frasques comme Slivio Silvio Berlusconi . Feu François Mitterrand malgré sa passion secrète pour l’argent, sa fille naturelle Mazarine, sa maladie cachée etc. il était un bon président. « Qu’est-ce que vous croyez qu’est l’Etat ? lança le président de la République. C’est le reflet de la société, c’est toujours difficile, les hommes sont les hommes et chacun d’entre nous commet des erreurs et l’essentiel, c’est que ce ne soit pas des fautes, et que l’on ne s’obstine pas... », lâchait le défunt au détour d’un entretien télévisé, en direct du palais de l’Elysée le 4 février 1992, pour expliquer son attitude face aux affaires qui ont émaillé ses deux septennats. Alors pourquoi faire toute un fois d’une histoire de quelques dizaines de milliers d’euros quand les défis du moment sont infiniment plus grand ? Je n’irais pas jusqu’à dire que la croisière s’amuse mais dirai que le bateau est ivre. Qu’à Dieu ne plaise en tout cas! Mais cette histoire qui aurait pu être sortie avant le premier tour des primaires, redisons-le, abaisse la qualité du débat politique et tue tout espoir d’une démocratie d’idée et non de camps. C’est cela la détérioration de la Ve république annoncée au début de cet article. Rien de plus létal pour une démocratie à peine soixantenaire que la chasse au cadavre dans les placards surtout que chacun de nous a son jardin secret à moins d'être le pape. Les primaires consacrent un candidat unique d’une corpo de partis et durant la campagne électorale de ce prétendant sa crainte de tomber sur un os balise son parcours et conformise son programme. Au final on a au moins deux candidats favoris qui parlent le même langage. Voir plus. Et comme dirait l’autre quand tous les candidats se valent il n’y a qu’à les tirer au sort. Mais cette forme de redondance a un vilain effet pervers : elle favorise les extrêmes…. et les abus. Tiens qui est le prochain candidat à crucifier ?

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Comment Poutine a défait les armées des anges commandés par l‘archange Gabriel et commandités par le cheikh Qaradawi en Syrie

Publié le par Abdelkarim Chankou

Capture d'image montrant ce qui a été pris pour un ange

Capture d'image montrant ce qui a été pris pour un ange

« Syrie : la fin de la bataille d'Alep laisse craindre un massacre » titre Le Figaro du 12 décembre dernier. Comme si la guerre civile qui a éclaté depuis mars 2011 et qui a fait selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme plus de 300 000 morts dont 90 000 civils n’était pas un massacre mais une pièce de théâtre ! La posture de l’Occident, politiques et médias, est biaisée du moins erronée. Les opinions occidentales trompées par leurs gouvernements et médias officiels s’apitoient sur le sort des populations civiles syriennes et les mercenaires déguisés en djihadistes non pas au nom d’un quelconque humanisme universel, des guerres menées ces dernières années sous d’autres cieux ont été aussi atroces sinon plus que celle de Syrie, mais pour dévier les regards du monde sur l’échec patent et honteux des armées des pays occidentaux engagées aux côtés des mercenaires face aux armées de la Russie et de l’Iran. Autrement dit l’Occident a un problème à régler avec la Russie de Poutine et elle a eu tort de croire que le terrain syrien était l’occasion facile et inespérée pour le régler. Mais passons. L’intéressant est de savoir pourquoi toutes les chancelleries arabes et tous ce que compte la toile comme enturbannés débiteurs de fatwa à la noix sont entrés dans une hystérie indescriptible au moment où les premiers convois de camions commencent à évacuer les derniers fous d’Allah vers Idleb, une bourgade syrienne frontalière de la Turquie, encore sous contrôle des mercenaires et des terroristes. Quelle mouche a donc piqué ces bombes sonores qui écument le web ? La vue de corps de civils déchiquetés par les bombes ? On en doute fort, ne serait-ce que parce que la vue de sang et de cadavres est la dernière chose qui puisse émouvoir ces énergumènes qui émettent des fatwas de mort comme un clown émet un pet. Mais il ne faut pas chercher longtemps ni loin pour se convaincre que la cause de l’affolement de ces extrémistes est beaucoup plus grave. Ayant bâti leur aura et légitimité sur des légendes controversées comme l’invincibilité absolue des petites armées de croyants musulmans face aux grandes armées de mécréants, la défaite d’Alep vient démonter en épingle ces mythe dont le premier et le plus connu qui fait toujours autorité dans le monde musulman est celui du général Khaled Ibn Walid (584-642). « Compagnon du prophète Mohamed selon la tradition, il participe après la mort du prophète à la reconquête de la péninsule arabique et est le commandant des armées arabes lors des conquêtes de l'Irak et de l'empire byzantin (bataille de Yarmouk). Sur plus de cent batailles qu’il commande, il n’en perd aucune. »
IMAMS de L'EEBROUFE
La peur de ces imams de l’esbroufe de perdre leur influence sur les masses est telle que lors des moments de victoires des djihadistes (avant l’entrée en lice de l’aviation russe en septembre 2015) ils ont inventés des histoires à dormir debout dans le but d’endormir la vigilance de quelques cabochards qui se demandaient comment des groupuscules de djihadistes armés de simples Kalachnikovs et chaussant des sandales parviennent-ils à tenir en échec la puissante armée régulière syrienne. L’astuce est de fabriquer des histoires d’anges commandés par leur chef l’Archange Gabriel, montant des chevaux blancs qui surgissent du ciel pour foudroyer les soldats de Bachar Assad. Les premiers bricoleurs de ces miracles sont le cheikh égyptien exilé au Qatar Youssef Qaradawi et son collègue saoudien le cheikh Mohamed Al Arifi qui dans une vidéo chacun expliquent comment Allah a envoyé ses anges pour soutenir les djihadistes. Des anges blancs (voir capture vidéo) que semblent dessiner sous forme anthropomorphique les fumées blanches que laissent derrière eux des missiles air-sol. La vidéo de Qaradawi A été vue par plus de 4,4 millions de personnes. Allah akbar ! Un autre miracle. Pour info le Qaradawi n’en restera pas là. Lors de la mise en en échec du putsch militaire contre le président turc Recep Tayyip Erdogan il affirmera que « Gabriel et les anges sont avec Erdogan » ! Néanmoins, il est vrai qu’il n’y a pas que l’histoire officielle du monde arabo-musulman qui est truffée de mythe et d’épopées glorifiant l’audace et le courage d’individus ou de ramassis d’individus contre la puissance du nombre de l’adversaire. Pour ne pas aller loin, l’histoire militaire officielle de la France cartésienne est encore jonchée d’épisodes épiques dont celui de la bataille du Pont d’Arcole Au début de cet événement marquant la première campagne d'Italie (15-17 novembre 1796), l’histoire dit que « Bonaparte s'empare d'un drapeau et tente de traverser le pont qui sépare les deux armées mais, bousculé par le feu autrichien, sa tentative échoue. La victoire ne sera acquise que deux jours plus tard. » Arcole est sauvée !

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Les germes de sa mort la démocratie occidentale les porte en elle

Publié le par Abdelkarim Chankou

Les germes de sa mort la démocratie occidentale les porte en elle
Plus que la fatigue des votants causée par la multiplication des scrutins qui ont tendance à se rassembler tous et par leur déroulement et par leurs résultats sans perdre de vue les programmes, c’est le vote protestataire et le décalage entre les commanditaires des élections et le peuple des qui menacent le plus le système démocratique occidental, basé sur la majorité des suffrages et le principe « One man one vote ». Pour le vote protestataire le danger réside dans le fait que de plus en plus de votants donnent leurs suffrages à une personne par défaut et non par conviction. Autrement dit si un électeur X vote pour un candidat Y c’est surtout parce qu’il veut punir ou se venger du concurrent Z et non pas pour montre sa satisfaction pour Y. Pas la peine d’égrener tous les exemples d’un tel vote sanction. Ils sont légion partout en Occident. Mais on peut en citer deux. Un ancien et un autre à venir. Le premier concerne l’élection de François Hollande en avril et mai 2012. D’aucuns conviennent que si Hollande a été porté à la magistrature suprême par 51,64 des suffrages exprimés c’était parce que beaucoup de ces voix étaient destinés à sanctionner le candidat Sarkozy. Or ces voix de droite qui sont allées à Hollande par défaut ne vont pas se gauchiser. Le resteront de droite et créeront des problèmes en cours de mandat à celui qui en a bénéficié. Selon le baromètre Ifop-Paris Match publié mardi 4 septembre 2012, soit moins de 4 mois par l’élection de Hollande, « 47 % des personnes interrogées approuvaient l'action de François Hollande (dont 13 % « tout à fait »), contre 56 % il y a deux mois et 63 % en juin, tandis que les avis négatifs sont pour la première fois majoritaires, avec 52 % des sondés qui désapprouvent son action. » A quelques semaines de primaires du parti socialistes et à quelque moins de la présidentielle de 2017, ce score tombe à 15 % ! « La popularité de François Hollande ne cesse de chuter dans les sondages depuis les attentats du 13 novembre 2015. Selon un sondage BVA pour Orange , publié jeudi 27 octobre dernier, le chef de l'Etat a encore perdu de 3 points en octobre, pour atteindre son plus bas niveau de bonnes opinions depuis son élection (15 %) ». S’il est vrai que cette chute de popularité est due aussi à des facteurs autres que le poids du vote sanction tels le chômage qui ne cesse de monter et des reformes incomprises et j’en passe, il n’en demeure pas moins qu’une partie de l’apport vote protestataire qui a dopé le vrai capital de Hollande en 2012 s’est fondue comme neige sous soleil en cours de route. Le résultat on le connaît.
CASSEROLES
S’agissant du vote sanction à venir. Celui majeur de la présidentielle américaine qui se joue aujourd’hui 8 novembre. Faute d’alternatives à part le boycott de la part d’un corps électoral actif estimé à 140 millions d’Américains, il y aura inéluctablement dans une Clinton gagnante un peu de Trump et vice versa. Autrement formule, plusieurs dizaines de milliers de républicains voteront pour Hillary affin d’exprimer leur colère face à un Trump que l’establishment a renié ainsi qu’une partie de l’état major de son parti sans oublier les femmes et les latinos, choqués par ses déclarations et ses frasques sexuelles ou fiscales, avérées ou supposées. Dans l’autre sens, nombre d’électeurs démocrates donneront leurs voix à Trump pour montrer leur dégoût d’une candidate qui traîne un cortège de casseroles que sont les milliers d’emails insécurisés qu’elle a envoyés et des histoires de la Fondation caritative qui porte son nom si l’on croit les révélations de WikiLeaks. Donc si demain Trump président ou Clinton présidente voit sa popularité fondre en cours de mandat il ne faudra surtout pas en expliquer les raisons par les seuls problèmes économiques, sécuritaires ou sociaux. Mais aussi par le retournement d’une partie des votants par défaut surtout dans les « Swing states » ou les Etats dont le vote pour un parti ou un autre n’est pas historiquement stable. Sans vouloir jouer les Cassandre, à la longue ce vote protestataire qui évolue exponentiellement à cause de l’évanescence progressive des clivages droit-gauche et de la montée de la pensée unique finira par tuer la démocratie occidentale en la vidant tout son sens et de toute sa substance. Et en attendant la signature du certificat de décès, les commanditaires des opérations de votes auront de moins en moins de scrupules à en contester ou contourner les résultats comme ce qui s’est passé récemment avec le vote référendaire de la Wallonie contre le traite euro-canadien CETA et la volonté du pouvoir britannique de passer outre la volonté populaire de sortir de l’Union européenne.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Lahjouji, un ex patron des patrons, courtise l’islamiste Benkirane

Publié le par Abdelkarim Chankou

Lahjouji votant lors des dernières Législatives du 25/11/2011

Crédité premier dans les Législatives du 7 octobre prochain, le parti islamiste, dirigé par Abdelilah Benkirane qui conduit en même temps le gouvernement sortant depuis Janvier 2012, rassure une certaine bourgeoisie conservatrice urbaine, particulièrement de la région de Fès. Plusieurs signes indiquent que cette classe de grands commerçants, d’entrepreneurs du BTP et d’industriels commence à voir dans le Parti de la Justice et du Développement une sorte d’assurance contre les dégâts matériels pour ne pas dire une assurance-vie. La bienveillance d’un ancien patron des patrons à l’égard de Benkirane et de son équipe est un exemple de ce rapprochement qui tend à installer le parti islamiste aux affaires pour un bon bout de temps. Au grand dam des forces progressistes. Abderrahim Lahjouji est-il en train de courtiser l’actuel premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane ? L’interrogation est autant séduisante que légitime. A trois mois des élections législatives du 7 octobre, l’ex président de la CGEM entre 1994 et 2000 (deux mandats successifs) et actuel président du particule nommé « Les Forces Citoyennes » semble en tout cas vouloir renouer le dialogue avec le Parti de la Justice et de Développement (PJD) et son chef Abdelilah Benkirane. Une danse de ventre qui peut servir surtout que le parti islamiste est crédité par les observateurs de re-caracoler en tête de ce scrutin. Pas seulement pour grignoter éventuellement un ou deux strapontin(s) dans le futur gouvernement ou parlement mais aussi pour booster la société de construction de bâtiments et de travaux publics (Sotravo), l’entreprise familiale qu’il préside depuis 1961, année où il a succédé à son père Moulay Ali Lahjouji qui a fondé cette entreprise dans les années 1920, en pleine période des colonialismes français et espagnol. Bien que cette société immobilière et de BTP se soit adjugée un nombre non négligeable de marchés publics, son patron Lahjouji ne rate aucune une occasion pour fustiger les pouvoirs publics qu’il accuse de donner la préférence aux entreprises étrangères même quand elles ne sont pas les moins disantes ! Or même les non avertis savent que le recours aux entreprises étrangères par d’autres entreprises locales est dicté plus par un souci du « travail bien fait » que par une quelconque autre considération. Curieusement ces marchés publics ont été remportés dans leur majorité par Sotravo avant 2011, année d’arrivée aux affaires des islamistes du PJD. Mais ce détail Lahjouji ne paraît point s’en offusquer, du moins publiquement. Au contraire, il tressera des lauriers à Benkirane jusqu’à prendre sa défense contre les remarques que lui ont faites par trois poids lourds de l’économie nationale, à savoir le trio Banque centrale-Syndicat bancaire-Patronat (Bank Al-Maghrib/GPBM/CGEM). Interrogé par un quotidien arabophone casablancais proche des islamistes « sur le fait que le patronat joue en ce moment même un rôle politique en critiquant le gouvernement », Lahjouji a eu ces mots : « En tant qu’ancien président de la CGEM, j’estime totalement inacceptable que le patronat se mêle du champ politique ou soutienne un parti plutôt qu’un autre ». Pas chic pour Mme Miriem Bensalah-Chaqroun, une collègue qui plus est défend les intérêts des entreprises dont Sotravo ! Outre cette baffe digne d’un goujat, Lahjouji, dans le même entretien accordé audit quotidien (édition du week-end des 25 et 26 juin 2016), repris par plusieurs médias, fait l’éloge de l’actuel gouvernement Benkirane. Admirez la prose : « L’équipe de Benkirane fait preuve d’un véritable courage politique en s’attaquant à des chantiers que les précédents gouvernements n’ont pas osé mener. » et de continuer : « La situation économique du pays n’est pas totalement désespérée, comme une certaine presse spécialisée veut l’établir comme vérité [L’Economiste : Ndlr].

Le PJD islamiste rassure une certaine bourgeoisie conservatrice urbaine, particulièrement de la région de Fès

Bien au contraire, notre économie affiche une réelle progression depuis l’avènement du gouvernement Benkirane en 2012. Les chiffres le prouvent d’ailleurs en ce qui concerne le déficit budgétaire, par exemple. Alors qu’il était de 7,5% en 2012, il a baissé à 3,5% en 2016. Le déficit de la balance commerciale a reculé de 10% en 2012 à moins de 2% en 2015. Les réserves de changes couvrent désormais sept mois d’importations de biens et services alors qu’en 2012, cette couverture ne représentait que quatre mois». Waw ! Mais ce n’est certainement pas parce que que l’Economiste en a pris aussi pour son grade que nous sortons des archives un entrefilet que ce journal a publié dans on édition du 19 mars 1998. Sous le titre « A l’avènement du gouvernement d’alternance de Abderrahmane El Yossoufi, la CGEM réclame la transparence », ce quotidien économique écrivait en citant le même Lahjouji alors patron des patrons : « Le nouveau gouvernement [de Abderrahmane El Youssoufi : Ndlr] bénéficie d'un préjugé favorable et il faut lui donner un peu de temps. » Ce que Mme Bensalah? a fait exactement avec Benkirane il y a un peu plus d’un mois. Mieux : elle ne lui a pas laissé qu’un peu de temps mais plus de quatre ans de délai de grâce ! La patronne des patronnes s’est tue depuis mai 2012 et ne lui a adressé ses remarques qu’en début de juin 2016 ! Mais Lahjouji ne semble pas au courant de ce détail ou ne veut pas savoir… Ainsi Abderrahim Lahjouji essaierait-il par des moyens alambiqués de déblayer le terrain pour se rapprocher de nouveau d’Abdelilah Benkirane quitte à marcher sur les corps de ses collègues, dans l’espoir de se faire une place au soleil de la scène politique. Les Forces Citoyennes (FC), créé par Lahjouji en 2001 après son départ de la présidence de la CGEM, en 2000, n’a obtenu aucun siège lors des élections législatives de 2011, contre deux strapontins en 2002 et un en 2007 grâce une alliance de circonstance que ce « parti-cule » qui se présente comme une formation libérale a nouée avec le PJD en 2005. Combien espèreraient les FC obtenir de sièges en octobre 2016 si une alliance est à nouveau nouée avec le PJD ? Dans l’attente d’une réponse voici un autre passage sur le PJD, tiré de l’excellente publication « Politique étrangère, 2005, vol, 70 numéro 1, pp. 73-84. Mme Khadija Mohsen-Finan y écrivait sous le titre « Maroc : l'émergence de l'islamisme sur la scène politique » : « Les exigences du parti ont changé : i1 ne s’agit plus d'un parti du refus, mais d'un parti banalisé, « makhzénisé », qui entend influer sur le système. Le 22 mai 2004, le PJD se rapproche d'une formation très implantée dans la société civile, les Forces citoyennes, dont le président Lahjouij est fort respecté. Les deux formations organisent une conférence sur l'accord de libre-échange conclu entre le Maroc et les Etats-Unis ». Interrogé sur cette alliance jugée surprenante par la presse, Lahjouij dira « le PID est un parti comme les autres ». Ah ! bon.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

La conférence de Paris sur le processus de paix, un coup d’épée dans l’eau

Publié le par Abdelkarim Chankou

Être plus rapide que le momentum, le saisir et le transformer! Telle semblerait être la force motrice qui aurait poussé la France à organiser aujourd’hui à Paris une conférence internationale sur le processus de paix israélo-palestinien qui peine à sortir de l’ornière du blocage depuis plusieurs années. Le momentum c’est un ensemble de signaux encourageants qui peuvent servir de pont pour raccourcir le chemin vers un accord viable et durable entre les Israéliens et les Palestiniens. Parmi ces signaux, deux sont majeurs. D’un côté il y a le Hamas qui perd le soutien financier de l’Iran et qui se rapproche de l’Arabie saoudite ; de l’autre le royaume saoudien qui a de moins en moins en odeur de sainteté et Daesh et certains groupes armés qui combattent les régimes en place, en Irak et en Syrie. Or le Hamas qui a systématiquement rejeté tout accord de paix entre Israël et le Fatah peut adoucir sa position en devenant plus pragmatique, maintenant qu’il va être pris sous l’aile des Saoudiens, forcés à devenir des « alliés objectifs » de l’Etat hébreu notamment après le retour en force de l’Iran sur la scène moyen-orientale. La crise en Syrie et la montée en puissance de l'Iran ayant rebattu les cartes si bien que les Israéliens considèrent désormais les pays du Golfe comme un « facteur de stabilité. » Mais d’après les observateurs cette conférence de Paris où ni les représentants d’Israël ni de Palestine n’ont été invités par le Quai d’Orsay- qui semble craindre un affrontement entre les deux parties- ne sera qu’une piste de plus parmi tant d’autres vers un improbable accord de paix. D’ores et déjà le cabinet de Netanyahu annonce la couleur. Selon Le Washington Post « Israël s’oppose au sommet de Paris – un rassemblement de ministres des Affaires étrangères des pays occidentaux et arabes – en affirmant que les pourparlers bilatéraux directs sont la seule façon de faire avancer le processus de paix. » Autrement dit Israël ne fait que répéter une vielle position qui d’ailleurs a été maintes fois expérimentée sans succès. Le Post résume le sentiment israélien quant à l’opportunité de cette conférence en titrant : « Le sommet de Paris annonce une poussée diplomatique contre Israël ». Comprendre que cette grand-messe Israël la considère comme malvenue car elle arrive après plusieurs victoires diplomatiques « sponsorisées » de la Palestine dont le fait que certains parlements européens ont soit reconnu la Palestine soit exhorté leurs gouvernements à le faire et surtout l’admission de la Palestine à L’Unesco. Des victoires certes symboliques mais qui n’ont fait que radicaliser davantage les Israéliens, la preuve en est le retour fracassant et catastrophique du faucon Avigdor Lieberman désormais ministre de la Défense ! Le chef du parti ultranationaliste Israël Beitinou (Israël notre foyer) est connu pour ses déclarations calamiteuses du genre « transformer Gaza en terrain de foot », « bombarder le barrage d’Assouan [en Egypte] » et plus récemment  « décapiter à la hache les Arabes israéliens infidèles à la patrie » ! Ici un petit lapsus qui trahirait l’opinion qu’auraient les extrémistes israéliens des bourreaux de Daesh… Bref ce n’est pas avec des types comme Lieberman que le processus de paix avancera même avec le coup de pouce de Paris et Riyad. Le Post décrit Lieberman comme un « nationaliste avec une réputation internationale catastrophique », qui est « une personne improbable pour aider à réduire la pression internationale sur Israël. » Cependant le retour du faucon aux affaires ne s’explique pas seulement par les victoires symboliques de la Palestine ni par la poussé diplomatique de la France (soutenue discrètement par les Etats-Unis) mais aussi par une militarisation de la société israélienne de plus en plus gagnée par le syndrome autarcique de Massada. Cette dérive malsaine de la société israélienne a été l’une des causes vraisemblables de la démission de Moshé Ayalon du ministère de la Défense le 20 mai dernier, déviation que résume le général Yair Golan dans une déclaration publique prononcée devant un kibboutz à l'occasion des commémorations de la Shoah et qui a secoué l’Etat hébreu. Le chef d'état-major adjoint de Tsahal pense tout simplement que « l'État juif à ressemble à l’Allemagne des années 30 ! » Cette dérive idéologique d’Israël nous en avions mis en garde il y a 6 ans de cela quand nous avions titré «Israël ou la tentation apartheid» A bon entendeur…

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Les relations interarabes condamnées à se dépassionner ou mourir

Publié le par Abdelkarim Chankou

Le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane avec son homologue du Qatar Cheikh Abdullah Ben Nasser Ben Khalifa Al-Thani.

Le CCG souhaite investir 120 milliards de dollars au Maroc (Crédit photo : AFP).

 

Depuis la création de la Ligue des Etats Arabes (LEA) au lendemain de la fin de la seconde grande guerre les relations interarabes fonctionnent sur le mode passionnel, à l’image de la Grèce antique. A la différence près que lorsque le prince troyen a enlevé la belle Hélène toute l’Achaïe s’est levée comme un seul homme me pour punir la cité du kidnappeur. Le roi Ménélas, l'époux ridiculisé, lève avec son frère Agamemnon une expédition rassemblant la plupart des rois grecs, qui assiège Troie et remporte finalement la victoire (Homère l’Iliade et l’Odyssée). Bien que l’honneur du Monde arabe ait été bafoué à maintes reprises aucune action d’envergure n’a été entreprise par la LEA pour laver l’affront. L’une des rares fois où une action a été déclenchée elle date des débuts de la naissance de cette organisation panarabe quand son axe dominant d’alors, Le Caire-Damas, a tenté en 1956 d’attaquer Israël mais récolta une cuisante défaite notamment grâce à l’intervention franco-britannique. Depuis plus rien. Que de la gesticulation et l’agitation intermittente d’une arme dissuasive : la grosse Bertha sonore des menaces sans lendemain. Cette situation de ni guerre ni paix, cadencée de sommets arabes tantôt ordinaires tantôt extraordinaires a duré presque 48 ans et a fait perdre aux régimes arabes autant de temps qu’ils auraient dû normalement consacrer à la lutte contre la misère et l’ignorance au lieu d’agiter en permanence l’épouvantail hébreu pour mieux exister. Cette situation a perduré bon an mal an jusqu’aux Accords intérimaires sur l'autonomie des territoires occupés, signés le 13 septembre 1993 à la Maison-Blanche par Israël et l'Organisation de libération de la Palestine. Lesquels accords ont été le premier pas vers la normalisation entre le Monde Arabe et Israël bien que les premiers prémices en eussent été les deux sommets de Fès (25 novembre 1981 et 6-9 septembre 1982) qui sous l’impulsion des rois du Maroc et d’Arabie saoudite, respectivement Feu Hassan II et Feu Fahd ben Abdelaziz Al Saoud ont introduit pour la première fois le principe d’échange de la terre contre la paix.

Dépassionnement

Depuis cette date beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et de nouvelles variables sont venues se greffer à l’équation israélo-arabe déjà complexe. Notamment le retour de l’Iran, ennemi juré des monarchies sunnites, dans le concert des Nations suite à un changement des priorités à la Maison Blanche que d’aucun ont vu comme un coup de poignard dans le dos. Ce revirement de situation au Moyen-Orient qui a coïncidé avec la chute des cours de pétrole a totalement brouillé les cartes du processus de paix dans cette région du monde. Face à la menace chiite, la Palestine, jadis sujet central des préoccupations de la politique extérieure des Etas arabes, est passé au second plan des priorités de ces pays si bien que l’ennemi d’hier est devenu l’allié d’aujourd’hui. Un exemple de ce grand amour de circonstance le roi du Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa qui a reçu un rabbin sioniste et célébré dans son palais, lundi 7 décembre 2015, la fête juive de Hanouka ! Il faut dire que cet événement sans précédent au Moyen-Orient a été précédé par un chapelet d’autres surprises du même type comme la petite phrase prononcée la même année par le richissime prince saoudien Al-Walid ben Talal, qui a déclaré qu'il soutiendrait Israël dans le cas d'une nouvelle Intifada. Des appels du pied qui ne sont en réalité que le fruit logique de longues discussions secrètes entre Israël et Riyad dont le point d’orgue fut été interview où le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré - quelque semaines plus tard - que les relations entre son pays et le royaume saoudien sont « excellentes ». Prononcée il y a encore 5 ans cette vérité aurait mis les feux au poudre dans tout le Moyen-Orient. Mais le paramètre iranien a servi d’un puissant anti détonant… Revers de la médaille : la mise en sourdine du paramètre israélien dans la relation interarabe a ouvert la voix à de vieilles inimitiés entre les membres de la LEA- la plupart de ces animosités, il faut le dire, étant le résultat résiduel, soit de la colonisation soit de la guerre froide. Exemples : quand Rabat dit Oui Alger dit Non. Et quand Riyad propose une initiative Alger s’empresse de la rejeter arguant du fait que le royaume saoudien est l’ami du Maroc… Je peux dire sans médire que cette guéguerre entre pays arabes est 10 fois plus dangereuse que l’éventuel danger iranien ou israélien. D’ailleurs c’est à cause de ces querelles byzantines que le processus de paix arabo-israélien n’est jamais sorti de l’ornière du point mort. Avant la levée des sanctions américaines et européennes contre la république islamique d’Iran dont le point culminant a été la visite pompeuse du président Hassan Rohani à Paris le signal déterminant qui a déclenché une vraie reprise de conscience au sein du Monde Arabe en vue d’une refonte radicale des mécanismes des relations interarabes sont les révoltes sociales du Printemps arabe qui selon Nicola de Santis ?, un haut commis de l’OTAN, va connaître une prochaine deuxième vague redoutable. Désormais place aux relations bilatérales affranchies du canal Ligue Arabe désormais morte après longue agonie. Et place aussi aux groupements géopolitiques où si l’on veut sacrifier à une expression en vogue place aux groupements qui ont des atomes crochus. Autrement dit l’heure est au dépassionnement des rapports interarabes en les basant sur les intérêts matériels communs. D’où la tenue pour la première fois mercredi 20 avril dernier d’un sommet Maroc-CCG avec la présence du Roi du Maroc Mohammed VI à Riyad et des 6 autres rois, émirs et sultans de ce Conseil de coopération des du Golfe. Outre la royauté, la monarchie marocaine partage moult points communs avec les monarchies du CCG. Cependant le Maroc qui est plus proche de la Jordanie n’est ni l’Arabie saoudite, ni le Koweït, ni le Sultanat d’Oman ; ni le royaume de Bahreïn, ni la confédération des Emirats Arabes Unis encore moins l’émirat du Qatar. D’où le choix de centrer la relation Maroc-CCG sur l’économie et la politique étrangère. Exemple de soutenir le Maroc dans son bras de fer avec les ennemis de son intégrité territoriale en débitant des déclarations sans lendemain ces pays feront mieux d’investir au Sahara dit « occidental ». Ce faisant ils s’approprieront en quelque sorte un morceau de ce territoire dont plusieurs aspects culturels, ethniques et géographiques rappellent les terres du Golfe. Et pour finir à ce qui avancent l’argument de l’éloignement géographique du Maroc de l’Arabie saoudite, soit d’une distance de 8100 km, pour décrier ce rapprochement, je leur rappelle que la distance de 15 169 km qui sépare Londres de l’Australie n’empêche pas ce continent de faire partie du Commonwealth.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

Pourquoi le ballon rond est dans le viseur du terrorisme de masse

Publié le par Abdelkarim Chankou

Stade de France, le 13 novembre 2015.

Tout terroriste qui veut faire un maximum de victimes avec un minimum de moyens, à l’aide d’une ceinture explosive artisanale par exemple, choisira un espace où sont rassemblées des dizaines de milliers de personnes. Un stade de football de dimension moyenne ou grande (au moins 40.000 spectateurs) est une cible parfaite. Le terroriste qu’il soit un apprenti sorcier ou un pro aguerri sait d’avance que la détonation qui ne fera directement pas plus d’une dizaine de morts fera des centaines de tués indirectement en créant un grand mouvement de panique dans la foule. Pressés de vider les lieux des spectateurs se feront piétinés mortellement par d’autres… « Le stade, lieu par essence de joie, de fraternité, de socialisation, lieu devenu familial et de partage de la jeunesse, ambiance festive par excellence, donc cible de choix pour les terroristes » écrit Libération. Seulement les stades ne sont plus ce lieu de convivialité et de fête ; même les pays comme le Maroc sont désormais contaminés par le fléau du hooliganisme. Et les autorités ont décidé finalement de rompre avec le laxisme en prenant le taureau par les cornes. « Dans le souci des autorités publiques de veiller à la sécurité des citoyens de leurs propriétés et de préserver l'ordre public, il a été décidé d'interdire les activités de l'ensemble des +ultras+(*) des clubs sportifs qui agissent en dehors du cadre de la loi », apprend un communiqué publié après les affrontements entre supporters ont fait deux morts et 54 blessés samedi 19 mars soir à Casablanca, la plus grande ville du Maroc. Evidemment une grande surface, un aéroport ou une porte de métro peuvent aussi faire l’affaire, les derniers attentats commis à Bruxelles, le 22 mars dernier, le prouvent ; mais le lavage de cerveau et le conditionnement idéologique que le terroriste a subi le pousse à tuer plutôt des mécréants ; c’est-à-dire des non musulmans. Or comment savoir si une personne de type arabe ou africain est musulmane ou pas ? L’attaque d’un hypermarché, d’une station de métro ou d’un aéroport risque de faire des morts parmi des musulmans « innocents » qui fréquentent ces lieux publics. Ce dilemme les terroristes, agissant au sein de groupes autonomes organisés ou à leur propre compte (loups solitaires), l’ont résolu. La solution étant de viser tout simplement les espaces où les foules qui les peuplent sont considérées toutes comme constituées de méchants mécréants (kouffar ou kafara).

 

Le football est classé par plusieurs

imams qui écument la toile

comme une création de Satan

 

Comme le football est classé par plusieurs imams qui écument la toile comme une création de Satan alors il devient la cible toute désignée dont l’attaque ne risquera pas de donner de fâcheux remords ou à réfléchir au kamikaze au moment où il s’apprêtera à appuyer sur le détonateur. Certains diront alors pourquoi jamais des concerts de musique bien que celle-ci soit également considérée comme un produit satanique ? A cette bonne question la réponse est que les organisateurs en plus de l’important dispositif de sécurité déployé à l’occasion de tels événements musicaux avec des policiers en civils glissés parmi les spectateurs veillent à ce que toutes les franges de la société soient représentées parmi les fans : des femmes en djellabas ou voilées placées aux premiers rangs, précaution qui a pour effet d’éloigner le mauvais sort… «Celui qui écoute de la musique risque d'être transformé en singe ou en porc» (imam Rachid Abou Houdeyfa) page officielle Twitter D’où le fait que le stade de football où les spectateurs sont en quasi majorité des jeunes « hallucinés », vêtus d’une « façon satanique » se présente comme la cible idéale d’un attentat. Ceci d’autant que les stades sont devenus le théâtre de violences souvent mortelles. Mieux : même les joueurs qui sont devenus déjà des idoles (qui distraient les jeunes de l’adoration d’Allah) se comportent désormais en assassins ! Le 22 mars dernier un gardien de buts poignarde gravement son homologue lors d’un match du championnat espagnol de 3e division Dernier attentat-suicide contre un match de football après celui du Stade de France, le 13 novembre dernier, celui qui a « fait au moins 30 morts, vendredi 25 mars, après un match de football dans le village d’Al-Asriya. » Un capitaine de police a déclaré à l’AFP qu’ « Ils étaient en train de décerner le trophée aux vainqueurs quand le kamikaze s'est fait exploser dans la foule. » Le village se situe près de la localité d'Iskandariyah, à environ 40 km au sud de Bagdad. Puisqu’on est en Irak, restons-y ! Abou Abdallah al Hussein Al Qahtani, ne mâche pas ses mots : « Le football est un jeu crée par Satan et popularisé par le colonialisme ! » dixit ce jeune imam irakien de 40 ans, né dans à Al-Kadhimiya et ayant fait ses études dans la ville sante de Nadjaf. On peut multiplier les exemples, mais une chose semble certaine : le ballon rond est dans le viseur du terrorisme de masse.

 

(*) Les Ultras sont des associations de supporters à l'image des sodalités qui dans la Rome antique regroupaient les fans des gladiateurs. Ces clubs ont été utlisés à la fin de la république comme des réservoirs d'électeurs ; de meme les ultras servent de nos jours de machine à voter pour certains pattis poltiques.

Publié dans Opinion

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 > >>