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51 articles avec societe

Indemnité pour Perte d’Emploi au Maroc: comment ça marche?

Publié le par Abdelkarim Chankou avec Cnss.ma

Indemnité pour Perte d’Emploi au Maroc: comment ça marche?

A cause de la faiblesse des demandes de la part des salariés malgré un budget de 500 millions de dirhams, la CNSS prévoit très prochainement de revoir les démarches administratives en les simplifiant relatives à l’indemnité pour perte d’emploi entrée en vigueur depuis plus de deux ans. Les chiffres de novembre 2017 montrent que seuls 8976 employés sur 21388 qui ont déposé leurs dossiers ont bénéficié de l’indemnité, soit moins de 42 %.

En attendant la révision annoncée des démarches, voici un résumé de ce qu'est cette indemnité pour perte d’emploi :

La CNSS assure au salarié qui perd de manière involontaire son emploi, et qui est en recherche active d’un nouvel emploi, un minimum de revenu appelé Indemnité pour Perte d’Emploi (IPE), et ce pendant une période pouvant aller jusqu’à 6 mois. Cette indemnité constitue l’un des mécanismes mis en œuvre pour accompagner le bénéficiaire à réintégrer de nouveau le marché du travail. En gros 14619 salarié ont bénéficié de l’indemnité en deux ans alors que l’objectif est de 30 000 par année.

*Qui en bénéficie ?

Le salarié du secteur privé ayant subi une perte d’emploi dans des conditions indépendantes de sa volonté,  et qui cherche activement à réintégrer le marché du travail.

*Conditions pour en bénéficier

Le salarié qui a cumulé 780 jours de déclarations de salaires pendant les trente six derniers mois précédant la date de perte d’emploi dont 260 jours durant les 12 derniers mois précédant cette date et qui a perdu son emploi dans des circonstances indépendantes de sa volonté.

Montant

Le montant mensuel de l’indemnité est égal à 70% du salaire de référence (salaire mensuel moyen déclaré des 36 derniers mois) sans excéder le montant du salaire minimum légal.

*Le tableau ci-après donne le niveau de l’indemnité pour certains salaires de référence.

Salaire de référence (DH)   Montant mensuel de l'indemnité

1 647                                               1 153 

2 344                                               1 641

6 000-10 000                     Salaire minimum légal      

*Délai de dépôt des demandes

L’intéressé remplissant les conditions précitées doit déposer une demande à l’agence CNSS de son choix, dans un délai ne dépassant pas 60 jours à compter de la date de perte d’emploi.

 

*Pièces à fournir

•        Le Formulaire Réf.310-1-26 : « Demande d’Indemnité pour Perte d’Emploi » dument complétée par le dernier employeur;

•        Carte d’immatriculation à la CNSS ;

•        Carte nationale d’identité.

Source : cnss.ma

 

 

 

 

Publié dans Société

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Maroc : Le montant de vos indemnités en cas de licenciement

Publié le par La Vie Eco

Comment calculer les indemnités dues à un licenciement (Titre d'origine)

 

Le salaire brut est le montant servant de base pour le calcul de tout droit reconnu. En plus de la prime d’ancienneté, tous les avantages en espèces entrent en ligne de compte pour le calcul du salaire. Le droit de résiliation doit, comme tous les droits, être pratiqué sans abus.

M’hamed El Fekkak

 

Les indemnités de licenciement sont calculées sur la base du salaire perçu pendant les 52 dernières semaines et de la durée de travail passée au service de l’employeur. S’agit-il du salaire brut ou net ? Les primes, les gratifications, la mise à disposition d’une voiture, d’un logement, etc., entrent-elles en ligne de compte pour le calcul du salaire ? Et la durée de travail, comment la calculer ? Faut-il que le travail soit effectif ? Si oui, les périodes de repos des femmes en couches, de congé annuel, de maladie, etc., sont-elles exclues ? Explications.
 

Que comprend le salaire ?

Le salarié perçoit, en contre partie du travail qu’il fournit, une rémunération appelée salaire. Celui-ci n’est pas dépourvu d’ambiguïté et tout semble conçu pour en brouiller l’analyse : le droit du travail, le droit fiscal et celui de la sécurité sociale recourent à des concepts qui réservent parfois un traitement différent, et c’est bien la raison pour laquelle le code du travail a évité de donner une quelconque définition du salaire, il s’est plus intéressé au principe de la fixation de son montant. En effet, l’article 345 du code dispose que le salaire est librement fixé par accord direct entre les parties ou par convention collective de travail, mais son montant est, le plus souvent, déterminé par l’employeur en fonction de la qualification reconnue au salarié à l’embauche.
Le salaire servant de base pour le calcul de tous droits reconnus au salarié est bien le salaire brut, celui-ci comprend la prime d’ancienneté et toutes autres primes, gratifications, avantages en nature et en espèces.

Prime d’ancienneté

Le salaire comprend plusieurs éléments dont la prime d’ancienneté. Celle-ci est fixée à 5%, 10%, 15%, 20% et 25% après respectivement 2, 10, 15, 20 et 25 années de service. Elle est calculée tant sur le salaire proprement dit et les majorations pour heures supplémentaires que sur les accessoires du salaire.
Néanmoins, les accessoires suivants sont, en vertu de l’article 353 du code, exclus dans le calcul du montant de la prime :
- Les prestations familiales ;
- Les pourboires, sauf pour le personnel exclusivement payé en pourboires ;
- Les gratifications accordées soit sous forme de versements fractionnés, soit sous forme d’un versement unique en fin d’année ou en fin d’exercice, y compris les gratifications calculées en pourcentages des bénéfices ou du chiffre d’affaires de l’entreprise ;
- Les participations aux bénéfices, le complément de rémunération accordé dans le système dit “du salaire proportionnel” et, d’une manière générale, de toute libéralité à caractère aléatoire et imprévisible ;
- Les indemnités pour remplacement temporaire à un poste d’une catégorie supérieure à celle du salarié ainsi que pour travail exécuté temporairement dans un poste où le salarié effectue un travail exceptionnel ;
- Les indemnités ou primes qui constituent un remboursement ou un dédommagement, de frais ou de dépenses, d’une responsabilité, d’une situation défavorable, ou de l’accomplissement de travaux dangereux ou pénibles.
Concernant le calcul de la durée du travail effectif de chaque période, sont considérées comme période de travail effectif et ne peuvent être déduites de la durée des services entrant en ligne de compte pour l’attribution de la prime d’ancienneté :
- La suspension temporaire du travail résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ;
- Les jours de congé de maladie ;
- Le repos légal des femmes en couches ;
- Les périodes de congé annuel ;
- Les absences autorisées ;
- L’interruption temporaire du travail par suite d’un arrêt de fonctionnement de tout ou partie de l’entreprise résultant d’un cas de force majeure tel que sinistre, panne ou réduction du contrat, pénurie de matières premières.
Les périodes de service, continus ou non, ne sont pas prises en considération pour le calcul de la prime d’ancienneté si elles sont déjà entrées en ligne de compte pour le calcul de l’indemnité de licenciement octroyée antérieurement.
Lorsque le salarié est rémunéré, en totalité ou en partie, au pourcentage, à la commission, au rendement ou aux pièces, la prime est calculée sur la base de la moyenne de la rémunération nette perçue durant les trois mois précédant l’échéance de ladite prime.

Avantages en espèces

Outre la prime d’ancienneté, tous les avantages en espèces entrent en ligne de compte pour le calcul du salaire. Les primes, les gratifications et les avantages en nature sont dus lorsqu’ils sont prévus par la loi (prime d’ancienneté, prime pour travaux dangereux), par le statut du personnel (salariés des entreprises publiques à vocation industrielle ou commerciale), par le contrat individuel de travail, par la convention collective, par l’engagement unilatéral de l’employeur ou encore par l’usage constant général et fixe.
Une prime peut répondre à un des trois objectifs :
- Rémunérer la stabilité du salarié dans l’entreprise (prime d’ancienneté, d’assiduité...) ;
- Rémunérer un effort particulier imposé par la nature du travail (prime pour travaux dangereux, pénibles, salissants..) ;
- Rémunérer un effort particulier dans l’accomplissement du travail (prime de rendement, de responsabilité..).
A défaut de disposition légale, conventionnelle ou unilatérale, la jurisprudence recourt à la notion d’usage attestée par la généralité, la constance et la fixité du versement. Les tribunaux considèrent qu’un versement ou même deux ne caractérisent pas un usage.
De même, des versements qui n’obéissent pas à une règle précise et objective permettant aux salariés d’en connaître approximativement le montant à l’avance ne caractérise pas un usage dès lors que le montant varie de façon importante d’une fois à l’autre.
En tout cas, la réunion des trois critères (généralité, constance et fixité) est nécessaire pour que la prime ou la gratification aient le caractère de salaire.
Une gratification, généralement inspirée par une intention libérale, prend la forme allouée au salarié en raison de sa seule qualité de salarié sans corrélation  nécessaire avec la prestation du travail. La gratification trouve aussi son origine dans la volonté de l’employeur de manifester sa satisfaction après un exercice satisfaisant (prime de bilan, 13e mois...).
Les événements familiaux constituent l’occasion de son versement (naissance, mariage, prime de scolarité, départ en vacances..).

Avantages en nature

L’octroi d’avantages en nature prend différentes formes : nourriture, logement, voiture de fonction, etc. Il traduit la volonté de l’employeur de rémunérer de cette manière une partie de la prestation accomplie par le salarié. Il ne saurait être confondu avec une simple faculté ou tolérance accordée à l’occasion de l’exercice des fonctions, telle une voiture mise à la disposition du salarié pour les besoins du service.
Les avantages en nature sont constitués, le plus souvent, par la fourniture de la nourriture ou du logement ou encore de la voiture de fonction ou de tous ces avantages à la fois. Mais ils peuvent aussi revêtir d’autres aspects. La valeur représentative des avantages en nature est à ajouter à la rémunération en espèces pour le calcul du salaire.
En principe, la nourriture est retenue pour sa valeur réelle. Toutefois, dans les hôtels, restaurants et assimilés, la valeur de la nourriture est calculée à partir du salaire horaire minimum légal assorti d’un coefficient allant de 1 à 2,5 suivant le niveau du salaire réel en argent servi aux employés à l’exclusion de toutes primes ou indemnités. Pour les salariés payés à la journée, à la semaine ou au mois, la valeur d’un repas est représentée forfaitairement, selon le cas, par : 1/8e du salaire journalier (8 heures ouvrables), 1/48e du salaire hebdomadaire (6 jours ouvrables), 1/192e du salaire mensuel (26 jours ouvrables). La valeur d’un petit-déjeuner est fixée à 1/4 de la valeur d’un repas.
La valeur du logement est égale à la valeur locative réelle du logement augmentée des autres avantages qui lui sont liés tels que l’eau, l’éclairage, le chauffage, le téléphone, ainsi que la domesticité et le gardiennage (quand ceux qui les assurent ne sont pas déjà déclarés à la CNSS au même titre que l’ensemble du personnel de l’entreprise).
A défaut d’une valeur locative réelle, celle-ci est estimée à partir de la valeur déterminée pour l’évaluation de la taxe urbaine augmentée de l’estimation des autres avantages.
La mise à disposition, par l’entreprise, d’une voiture de fonction implique la prise en charge également des frais d’assurance, de vignette, d’entretien, de réparation, de garage, etc.
Il est dans l’intérêt des deux parties que la mise à disposition et les frais y attachés soient évalués, le montant de l’évaluation devra s’ajouter au salaire perçu par l’employé bénéficiaire.

Comment calculer l'indemnité de congé ?

En cas de résiliation du contrat de travail, l’indemnité compensatrice de congé payé est due au salarié quels que soient les motifs de résiliation. Cette indemnité est calculée sur la base de 1 jour et demi pour chaque période de 26 jours, même lorsque la période minimum de 6 mois de service n’est pas atteinte à condition, cependant, que le salarié justifie avoir été occupé chez le même employeur pendant une période de temps équivalent à un minimum d’un mois de travail.
Le temps de travail effectif retenu pour la détermination de la durée du congé comprend non seulement les périodes où le salarié a réellement travaillé, mais aussi celles non travaillées et assimilées expressément par la loi à un travail effectif. Ainsi, sont considérés, selon l’article 239 du code, comme périodes de travail effectif :
- La durée des congés payés de l’année précédente ;
- La durée de la période de préavis en cas de résiliation ou d’expiration du contrat de travail ;
- Les périodes pendant lesquelles l’exécution du contrat de travail a été suspendue, c’est-à-dire : pendant la durée de l’absence du travailleur pour maladie ou accident dûment constatée par un médecin, durée n’excédant pas 180 jours consécutifs ; pendant la période qui précède et suit l’accouchement dans les conditions prévues par le code ; Pendant la période d’incapacité temporaire du travailleur résultant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle ; pendant la durée des absences diverses du travailleur prévues par le code ; pendant la durée de la grève ou de la fermeture volontaire par l’employeur dite “lock-out” ; pendant les périodes durant lesquelles l’exécution du contrat de travail a été suspendue pour cause de chômage, d’absence autorisée ne dépassant pas dix jours par an, ou de fermeture temporaire de l’établissement par décision administrative ou pour cas de force majeure.

Comment calculer l'indemnité de préavis ?

Le calcul de l’indemnité de préavis ne pose aucun problème particulier . Il est fait sur la base de la durée de travail du salarié dans l’entreprise, soit, pendant la 1e année, à raison de 8 jours pour les ouvriers et les employés et 1 mois pour les cadres. Pendant la période de 1 à 5 années, la durée est de 1 mois pour les premiers et de 2 mois pour les seconds. Au-delà, la durée est de 2 mois pour les premiers et de 3 mois pour les seconds.
Le salarié, licencié ou démissionnaire, doit un préavis à l’employeur. Lorsqu’il refuse de fournir sa prestation de travail pendant le préavis alors qu’il n’a pas été dispensé d’exécuter son obligation, il sera condamné à verser à l’employeur une indemnité égale aux salaires qu’il aurait reçus s’il avait continué à travailler jusqu’à l’expiration du préavis.
Par contre, l’employeur qui s’oppose à ce que le salarié continue à fournir sa prestation de travail pendant le préavis résultant d’un licenciement ou d’une démission, et qui refuse de verser à ce dernier les salaires et avantages qu’il aurait reçus s’il avait continué à travailler, sera condamné au paiement de l’indemnité compensatrice de préavis.

Comment calculer l'indemnité de licenciement ?

Lorsque le salarié fait l’objet de licenciement, alors qu’il compte au moins six mois de service effectif dans le même établissement ou dans la même entreprise, il peut prétendre à une indemnité de licenciement. L’ancienneté prise en compte pour le calcul de l’indemnité court depuis l’entrée en fonction dans l’entreprise jusqu’à l’expiration du préavis, même si celui-ci n’a pas été travaillé.
En vertu de l’article 54 du code, sont considérées comme périodes de travail effectif :
- les périodes de congés payés ;
- les périodes de repos des femmes en couches ;
- la durée de l’incapacité temporaire de travail lorsque le salarié a été victime d’un accident du travail ou a été atteint d’une maladie professionnelle ;
- les périodes de travail pendant lesquelles l’exécution du contrat de travail a été suspendue, sans que le contrat ait été résilié, notamment pour cause d’absence autorisée, de maladie autre que professionnelle, de fermeture temporaire de l’établissement par décision administrative ou par cas de force majeure.

Salaire servant de base au calcul de l’indemnité

Le salaire servant de base pour le calcul de l’indemnité comprend le salaire proprement dit et les accessoires suivants perçus pendant les 52 dernières semaines :
- Les avantages en nature ;
- Les commissions et les pourboires ;
- Les primes et indemnités liées au travail à l’exception des indemnités constituant un remboursement ou un dédommagement de frais ou de dépenses ; des indemnités constituant le dédommagement d’une responsabilité sauf les indemnités de fonction telles que les primes de chef d’équipe ou de groupe ; des indemnités pour travaux pénibles ou dangereux ; des indemnités constituant un dédommagement pour un travail exécuté dans une conscription géographique défavorable ; des indemnités pour remplacement temporaire d’un agent d’une catégorie supérieure ou pour un travail exécuté temporairement ou exceptionnellement, sauf les indemnités pour heures supplémentaires.
L’indemnité “légale” de licenciement n’a aucun caractère salarial, elle n’est, de ce fait, soumise à aucune retenue et n’est assujettie à aucun impôt en vertu de l’article 76 du code du travail.

Calcul de l’indemnité

Le montant de l’indemnité de licenciement correspond pour chaque année, ou une partie de l’année de travail effectif à :
- 96 heures de salaire pour la première période de 5 ans d’ancienneté ;
- 144 heures de salaire pour la période d’ancienneté allant de 6 à 10 ans ;
- 192 heures de salaire pour la période d’ancienneté allant de 11 à 15 ans ;
- 240 heures de salaire pour la période d’ancienneté supérieure à 15 ans.

Comment calculer les dommages intérets lies à la résiliation abusive du contrat ?

Comme la résiliation du contrat de travail est faite sous contrôle judiciaire, les tribunaux, lorsqu’ils sont saisis de l’affaire, décident si effectivement le droit de résiliation ainsi pratiqué a été entaché d’abus entraînant un préjudice matériel auquel cas la partie lésée aura droit à la réparation dudit préjudice.
Le caractère abusif du licenciement est démontré au cours de l’enquête ordonnée par les tribunaux sociaux
La réparation du préjudice correspond au salaire d’un mois et demi pour chaque année d’ancienneté, ou partie d’année. Le montant total qui ne peut dépasser 36 mois de salaire est déterminé en fonction du salaire brut et de la durée de travail tels qu’ils sont ci-dessus calculés.

 

La Vie éco
www.lavieeco.com

2013-04-18

Publié dans Société

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Un juif brésilien sur cinq est d'origine marocaine

Publié le par Harissa.com d'après MAP

 

20% des juifs du Brésil sont d'origine marocaine (titre d'origine)

 

Si les relations entre le Maroc et le Brésil sont aussi anciennes qu'exemplaires, la diaspora juive marocaine établie dans le pays "de l'ordre et du progrès" y est pour beaucoup.

Estimés à près de 20% des juifs brésiliens, ces ambassadeurs du Royaume, fiers de leurs origines, se sont distingués par le rôle important qu'ils ont joué dans la vie économique et sociale de ce pays d'Amérique latine, gagnant le respect de toutes les composantes de la société brésilienne.

Parfaite illustration de cette contribution notable: l'existence au Brésil d'une ville nommée Nova Mazagao (nouveau Mazagan) qui fut construite par les Portugais dans l'embouchure de l'Amazone au Sud-Est au niveau du Rio Mutuaca, ou encore d'un saint juif originaire du Maroc prié par les chrétiens au cimetière Saint Jean-Baptiste de Manaus, capitale de l'Etat de l'Amazonas (Nord-Ouest), au cœur de l'Amazonie. Il s'agit du tombeau du rabbin Shalom Imanuel Muyal, enterré depuis 1910, et qui est arrivé à la plus grande ville amazoniennes dix ans plus tôt, quelques 200 ans après le début de la migration vers l'étrangers des juifs marocains.

Dans son livre "Mazagao, la ville qui traversa l'Atlantique: du Maroc à l'Amazonie (1769-1783)", Laurent Vidal écrit: "la forteresse portugaise de Mazagao, construite au cœur des terres du Maroc, est abandonnée en mars 1769 (...) à peine évacués, les habitants de la forteresse sont envoyés en Amazonie fonder une nouvelle Mazagao. Ce voyage sans retour pour le Nouveau Monde prend alors la forme d'une longue odyssée".

L'histoire des juifs du Brésil remonte en fait à une période bien plus lointaine. Elle est en effet liée aux voyages de Gaspar De Gama, un juif de naissance, kidnappé enfant, puis baptisé de force. Il accompagnait l'amiral Pedro Alvares Cabral, le célèbre navigateur portugais qui découvrit, en 1500, les terres d'un Nouveau Monde, le futur Brésil dont il prit possession au nom du roi du Portugal.

C'est ainsi qu'il ouvrit la voie aux juifs fuyant l'inquisition espagnole pour s'installer en tant que Conversos (juifs convertis au christianisme) et développer avec succès des plantations de cannes à sucre en dépit du harcèlement constant de l'inquisition brésilienne.

En 1624, la Hollande conquit une large partie du nord-est du Brésil et les juifs y vivent libres et sans contrainte, amorçant une vague d'immigration, avant que la communauté juive, qui s'enrichit grâce à l'industrie de la canne à sucre, ne puisse ériger la première synagogue Kahal Zur, à Recife, devenue capitale de la colonie hollandaise.

En revanche, à Sao Paulo, les juifs subissaient la pression de l'inquisition. Les persécutions portugaises contre les juifs s'intensifièrent, poussant une partie de la communauté à s'enfuir vers l'intérieur des terres brésiliennes, alors que le symbole de la communauté juive, la synagogue Kahal Zur ferma ses portes.

Ce n'est qu'en 1773, qu'un décret royal mette fin à la discrimination contre les juifs, ouvrant la voie à une vague importante d'immigrants juifs originaires du Maroc qui débarquèrent à Belém, au nord du Brésil, où ils construisirent, en 1824, une synagogue baptisée Porta da Ceu (porte du ciel) et une seconde à Manaus, au bord de la rivière amazonienne.

Les juifs marocains, descendants directs des communautés expulsées d'Espagne par les rois catholiques, arrivent au Pernambouc, à Bahia et surtout en Amazonie, où ils s'installent autour de 1810.

Avec l'économie extractive pour principale activité économique, ces pionniers s'établissent d'abord à Belém do Pará et, de là, remontent le cours du rio Amazonas et de ses affluents et colonisent de nombreuses localités des Etats du Pará et de l'Amazonas, passant par Manaus et remontant jusqu'à Iquitos, au Pérou, où existe encore à ce jour une communauté juive organisée.

Ils s'enfoncent dans les forêts, luttant contre les préjugés, les difficultés de langue et les maladies pour espérer voir leurs descendants poursuivre vers une vie meilleure et émigrer vers les villes, une fois la fortune accomplie.

Des historiens estiment que l'existence d'une ligne maritime régulière entre Tanger et Belém aurait facilité les départs d'une population qui vient surtout de la région du Nord du Maroc (Asilah, Tétouan, Tanger et Larache).

A Pará, la communauté de Belém est jusqu'à nos jours particulièrement active et attachée aux traditions marocaines, parlant hakétia et préservant leurs habitudes alimentaires.

Un centre y existe depuis 1918. Créé par des descendants des premiers juifs marocains, cette institution, qui comprend une école, deux centres d'activités culturelles et sociales (société d'entraide) et deux synagogues, continue de fédérer les communautés du Pará. Force est de constater qu'actuellement leur intégration à la société brésilienne est incontestable.

Parmi les célèbres personnalités d'origines marocaines figurent Abraham Ramiro Bentés, un général de l'armée brésilienne, président de la communauté juive marocaine et écrivain, le député Ruben Medina, réélu six fois au Congresso Nacional depuis 1967 et président du parti Frente Liberal (PFL).

Une étude génétique de l'Université Fédérale du Minas Gerais avait révélé que 16% de la population d'Amazonie qui se déclare blanche descend de juifs, et reste très attachée aux principes du judaïsme. Cette proportion est plus importante qu'à Sao Paulo, où vivent 60% des 120.000 juifs brésiliens.

Harissa.com d'après (MAP)

 

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En 2014, un village au nord d'Espagne porte encore un non controversé : Tue les Juifs !

Publié le par harissa.com

Le village espagnol "Tue les Juifs" pourrait changer de nom (Titre d'origine)

 
 

Par Pauline Hofmann avec AFP

DUR A PORTER - Les habitants de Castrillo Tue les Juifs Matajudios vont voter pour modifier le nom de leur village en un autre, qui célébrerait son héritage juif.

LE RÉFÉRENDUM. Les 56 habitants en âge de voter du village espagnol de Castrillo Tue les Juifs (Castrillo Matajudios en espagnol) vont voter le 25 mai pour remplacer ce nom lourd à porter.

"Aujourd'hui, quand les gens entendent parler de Castrillo Matajudios, ils s'exclament : 'Quel village! Ils tuent des Juifs là-bas. Vous avez tué des Juifs'", témoigne le maire de la commune, Lorenzo Rodriguez, à l'origine de ce référendum. "Il y a des habitants du village, des hommes d'affaires, qui vont en Israël, qui voyagent et qui évitent dans ce cas de montrer leurs passeports. C'est un nom qui aujourd'hui n'est pas acceptable", ajoute-t-il.

Un hommage à l'héritage juif. Si les habitants du village, dans le nord de l'Espagne, acceptent de changer son nom, ils pourront choisir de rendre hommage à son héritage, en optant pour Mota Judios ou Mota de Judios

Le village doit en effet sa création en 1035, au fait que des Juifs, dépossédés de leurs biens et expulsés de leurs maisons ailleurs en Espagne, s'étaient réfugiés là, sur une petite colline, "mota" en espagnol, selon Lorenzo Rodriguez. Ils y étaient restés jusqu'en 1492, lorsque les rois catholiques ordonnèrent l'expulsion d'Espagne de tous les Juifs qui refuseraient de se convertir au catholicisme. La mairie veut désormais tenter de récolter des fonds pour financer une étude et des fouilles archéologiques afin de retracer l'histoire du site.

 

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1500 juifs marocains en pélerinage à Essaouira

Publié le par Lematin.ma d'après MAP

http://www.hevratpinto.org/tsadikim_n/images/mausole_de_rabbi_haim_pinto.jpg

Près de 1 500 pèlerins juifs venus des quatre coins du monde se sont retrouvés, mercredi soir à Essaouira, pour célébrer la hilloula de Rabbi Haim Pinto. Le premier jour de ce moussem annuel a été marqué par l'organisation d'une réception en présence d'André Azoulay, conseiller de S.M. le Roi, du gouverneur de la province d'Essaouira, Abdelouahab El Jabri, des élus et des représentants des autorités locales, ainsi que d'autres personnalités.  À cette occasion, les participants à ce moussem de quatre jours ont imploré Dieu d'accorder à S.M. le Roi Mohammed VI santé, bonheur, longue vie et gloire et de couronner de succès les actions que le Souverain entreprend pour le bien de la Nation. L'assistance a également prié le Tout-Puissant de combler le Souverain en la personne de S.A.R. le Prince Héritier Moulay El Hassan et S.A.R. la Princesse Lalla Khadija, ainsi que de l'ensemble des membres de l'illustre Famille royale.  Dans son allocution à cette occasion, le rabbin David Pinto a réitéré le ferme attachement des membres de la communauté juive à leur Mère-Patrie, le Maroc, un fort sentiment d'appartenance, a-t-il souligné, qui est inculqué aux jeunes générations. Il s'est également félicité de l'accueil chaleureux qui a été réservé aux pèlerins et des dispositions prises par les autorités locales pour le bon déroulement de cette fête religieuse. Pour sa part, M. El Jabri a indiqué que le Maroc, sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI, est porteur de messages de paix et de tolérance, ajoutant que le Royaume milite inlassablement pour l'instauration du dialogue des civilisations et demeure engagé en faveur d'une paix juste et durable au Proche-Orient.  Soulignant les réformes institutionnelles et constitutionnelles opérées pour consolider le processus démocratique, il a mis en exergue la relation exceptionnelle qui marque le rapport entre musulmans et juifs au Maroc et qui a permis de construire un «champ positif et unifiant» sur les plans culturel, spirituel et patrimonial.

 

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« Une mer des mots » pour conjurer une déferlante de maux

Publié le par avec menara.ma

http://2.bp.blogspot.com/-RqZ3My_ImNc/T94TQ2M_XsI/AAAAAAAAG20/IbQFbJ723cM/s400/0000.jpg

« Une mer des mots », une de ses idées lancées par la Fondation Anna Lindh en association avec l'Institut Européen de la Méditerranée pour conjurer la déferlante des maux qui menace de submerger le monde et particulièrement la région méditerranéenne. Le concours constitue un moyen d'expression des jeunes et par les jeunes qui encourage la solidarité intergénérationnelle, l'évolution des valeurs et des sociétés et l'expression des différentes sensibilités et des réalités des jeunes de la région.

 

La Fondation Anna Lindh lance la 6e édition du concours « mer des mots » (titre d’origine )

 

Le Caire, 30 avril 2013 (MAP) - La Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures a annoncé, mardi, avoir lancé la sixième édition du concours littéraire « Une mer des mots, dont l'objectif est de contribuer à la promotion du dialogue entre les peuples et à l'échange de connaissances et de vécus entre les différentes traditions locales et internationales. S'inscrivant dans le cadre de l'Année européenne de la Citoyenneté, la sixième édition du concours a choisi un thème qui met en valeur la vision et les attentes des jeunes en ce qui concerne la citoyenneté et sa construction dans les différents pays de l'espace euro-méditerranéen. Le concours vise la production de contes et récits ayant pour thème la création ou la consolidation de dynamiques destinées à promouvoir le volontariat, un élément fondamental de la citoyenneté active qui encourage la solidarité intergénérationnelle, l'évolution des valeurs et des sociétés et l'expression des différentes sensibilités et des réalités des jeunes de la région, selon la Fondation basée à Alexandrie. Lancé en collaboration avec l'Institut Européen de la Méditerranée (IEMed), le concours vise aussi à promouvoir la production littéraire, qui constitue « un moyen fondamental d'expression et de description de faits, d'idées et d'émotions pouvant être directement transmis pour les jeunes et par les jeunes de toute la région euro-méditerranéenne ». KA---BI. JB

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Sud marocain : Démolition d’une ancienne école juive à Inezgane

Publié le par Karim El Maghribi

 

Ecole

Depuis  samedi matin, l’ancienne école Al Fadila (La vertu) n’est plus qu’un amas de ruines après que les bulldozers aient démoli son aile jouxtant le Café Tazi. Fermée depuis le milieu des années 1980, elle a servi de local aux œuvre sociales de l’éducation nationale et occasionnellement de centre de dépistage du Sida. Sous prétexte qu’elle menaçait ruine et constituait de ce fait un danger public, un arrêté préfectoral en a ordonné la démolition pour construire à sa place un centre de soin et un jardin public.

Mais les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. En publiant un communiqué où ils dénoncent la décision de démolition, ils appellent le public à un sit-in, demain lundi 18 février à 18h30, devant l’école (communiqué ci-joint). En fait les syndicats et la société civile soupçonnent que  derrière l’acte de démolition se cachent de puissants lobbys de l’immobilier.

Ayant vu le jour dans les années 1940, elle accueillait durant les années du protectorat les enfants marocains de confession juive et ceux de la communauté française. S’étendant sur 3500 m2, elle était située au mellah (quartier juif) à côté de la synagogue d’Inezgane, l’un des fiefs du parti islamiste PJD, au pouvoir.

 

 

Communiqué :

https://ajax.dedikam.com/ajaxplorer/public/6b3a8b6991dc2b6041349de0e1928506.php?dl=true

 

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Ramid déçoit les étrangers désireux d'adopter un enfant marocain

Publié le par Karim El Maghribi

La présidente de l’Association solidarité féminine qui a déclaré il y a quelques jours que dans 20 ans un enfant sur deux né au Maroc sera «un enfant naturel » ; c’est-à-dire qu’il ne connaîtra pas ses parents. Mme Ech-Chenna espérait, en lâchant cette bombe sociale, attendrir le gouvernement en attirant son attention sur ce phénomène bien étrange aux Maroc. Mme Ech-Chenna qui réclame toujours au gouvernement les milliards d’aides qui lui aurait promis, espère aussi qu’une reforme de la loi sur l’adoption vienne rapidement pour baisser la pression sur les centres d’accueil des enfants et bébés abandonnés, totalement débordés. Mais la réponse de Mustapha Ramid est allée dans le sens contraire des souhaits de Mme Ech-Chenna et celles des autres ONG similaires.

http://achnoo.com/wp-content/uploads/2012/09/aicha-ech-chenna.jpeg

La décision du ministre PJD de la Justice et des Libertés a donc refroidi sec tout espoir de Mme Aïcha Ech-Chenna et consorts. La circulaire de M. Ramid aux procureurs du Roi est venue donc tuer dans l’œuf le débat sur les adoptions internationales, dans un contexte où le débat sur la légalisation de l’avortement prend une tournure novelle avec l’initiative (avortée par les autorités) de l’ONG Mali (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles) de faire appel à Women on waves (une association hollandaise) pour aider des femmes marocaines enceintes à se faires avorter.

 

La circulaire en question invite discrètement les procureurs (les premiers à donner un avis favorable ou non pour un début de kafala), à demander expressément aux tribunaux des mineurs de rejeter systématiquement toute demande d’adoption faite par des étrangers qui n’ont pas leur résidence permanente au Maroc. Pour justifier cette décision de rejet automatique, ladite circulaire explique notamment que si un enfant se rend avec sa nouvelle famille adoptive à l'extérieur du Maroc, cela rend impossible son contrôle légal par le service des orphelins du tribunal, chose qui est contraire même à l'esprit de la «kafala» en islam, estime la circulaire.

 

Le Maroc comme de nombreux pays musulmans prohibe l’adoption dans le cas des orphelins ou des enfants abandonnés et ne reconnaît que la tutelle.

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D'où viennent les Juifs d'Afrique du Nord ?

Publié le par dafina.net

 

Temple.jpg

Illustation ajoutée par Croque Cactus : bas-relief romain  relatant une épisode de la destruction du temple de Jérusalem et sa mise à sac par les légions de l'empreur flavien Titus.

 

L'origine des Juifs d’Afrique du Nord (Titre d'origine)

Yigal Bin-Nun, Professeur

 

Les habitants de l’Afrique du Nord sont tous à l’origine des Berbères. La conquête arabo-musulmane n’a laissé sur place que peu de soldats venus de l’Arabie et de l’Orient arabisé. Néanmoins, la civilisation arabe et la religion musulmane réussirent à s’implanter dans les villes, à les arabiser, et à les islamiser. Par contre, de grandes franges de la population autochtone sont restées berbérophones jusqu’à ce jour. Il va sans dire que la scolarisation et les media tendent à propager de plus en plus l’arabisation officielle, qui souvent s’affronte à un mouvement de renouveau berbériste. Je n’utilise le terme de berbère, que pour plus de commodité, à la place du terme plus précis, des Imazighen.


Quand à l’origine des Juifs d’Afrique du Nord, il est impératif d’élucider un mythe assez répandu dans les medias actuels. Est-il nécessaire de préciser qu’une présence juive en Afrique du Nord ne peut être possible avant l’époque romaine, pour la bonne raison qu’un judaïsme, dans le sens propre du terme, n’existait point avant cette époque ? La présence de Sidoniens, de Phéniciens ou de Puniques sur les côtes méditerranéennes n’a rien avoir avec la religion monothéiste juive. Il en est de même pour les colonies Israelites ou  Judéennes à Yeb (Éléphantine) ou en Basse Égypte qui ne sont qu’un reflet du culte monolâtrique israélite de l’époque monarchique pré deutéronomiste. Par contre, avant même la destruction de Jérusalem et de son temple en l’an 70 par les Romains, et la perte de l’indépendance, une diaspora judéenne florissait déjà en Afrique du Nord, surtout à Alexandrie où fut traduite la Bible trois cent ans environ avant n. e. et en Cyrénaïque. En plus de ces Judéens, il faut prendre en compte l’attrait qu’avaient les gentils, ou les païens, pour l’antique culte judéen, ses traditions ancestrales, sa longue histoire et ses fêtes. Cet attrait engendra un vaste mouvement de conversion à la religion juive, qui fut aussi renforcé par de nombreux païens, des sebomenoï, ou des « craignant Dieu », à la marge de ces convertis, qui avaient une grande admiration pour le Judaïsme, mais qui ne s’étaient pas convertis.


L'accroissement progressif des adhérant à la secte des « partisans de Jésus », devenus plus tard, les Chrétiens, terme qui n’existe quasiment pas dans les textes du Nouveau Testament, est due entre autres au passage de la plupart de ces nouveau Juifs et des « craignant Dieu », sous les règnes des empereurs Constantin et Justinien, du Judaïsme au Christianisme, qui était moins exigeant dans ses pratiques rituelles. Il ne fait plus de doute, comme le précise Maurice Sartre, qu’un grand mouvement de conversions au judaïsme traversait tout le monde romain. Plus de 10% de la population de ce monde, surtout en Afrique du Nord et en Orient, sont Juifs, sans compter les sympathisants de cette religion. Néanmoins on ne peut parler du Judaïsme de l’époque comme d’une religion prônant un prosélytisme actif, ceci, malgré quelques judaïsations forcées en Galilée et en Judée, sous les rois hasmonéens. Mais contrairement à l’avis de l’historien Shlomo Sand et du linguiste Paul Wexler, rien ne prouve que tous ces nouveaux convertis réussirent à surmonter les pressions de l’empereur Justinien au VIe siècle, et encore plus de la conquête militaire musulmane, et restèrent juifs. Les seuls qui pouvaient, à la rigueur, s’accrocher à leur religion ne pouvaient être que les Juifs qui l’étaient par ascendance familiale, kata sarka et non par adoption tardive.


Avec l’avènement de l’Islam au VIIe siècle, la majeure partie des habitants autochtones de l’Afrique du Nord, les Imazighen, convertis d’abord au Judaïsme, puis au Christianisme, furent pratiquement tous contrains à s’islamiser. Ce qui rend très probable, à mon avis, la constatation que les seuls nord-africains qui sont restés juifs ne devaient être que ceux qui, à l’origine, avaient émigrés de la Judée et de la Galilée. Aussi, la thèse défendue par l’historien tunisien Ibn Khaldoun (1332-1406) dans son livre l'Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, selon laquelle les Berbères seraient des descendants de Cananéens ou que le personnage de Dihya el Kahina serait d’origine juive a été largement réfutée par les historiens Abdelmajid Hannoum et Gabriel Camps. Malgré le mouvement berbériste qui cherche à s'affranchir du joug de la culture arabo-musulmane, en mettant en avant les origines juives des Berbères ou l’origine berbère des Juifs nord-africains, il faut se rendre à l’évidence et ne pas prendre des mythes pour des vérités historiques. Malgré la sympathie que ressentent actuellement les Juifs d’Afrique du Nord pour certains de ces mouvements représentés dans le Web, les Juifs nord africains, dans leur grande majorité, ne seraient donc pas des Berbères convertis mais principalement des anciens Israelites et Judéens émigrés de leur pays, avant et surtout après la révolte contre les Romains.


Dernièrement, Shlomo Sand dans un livre pamphlétaire prôna l’inexistence d’un peuple juif qui à son avis fut inventé de toute pièce par le mouvement sioniste. Ce qui assez dissimulé dans son livre c’est  le fait qu’il ne fait que répéter ce qu’avaient déjà dit quasiment tous les historiens du peuple juif  bien avant lui. En outre, aucun historien sioniste n’a jamais prétendu que les origines des Juifs étaient ethniquement, biologiquement  ou génétiquement exclusives ou que tous les Juifs devaient obligatoirement avoir des ascendants remontant aux populations des royaumes d’Israël et de Juda.Les brassages constants de populations à travers les siècles ont effacé toute possibilité d’évoquer une définition à base ethnique du peuple juif et de quasiment toutes les populations des états-nations actuelles. Il serait aussi ridicule, comme essaient de le faire certains généticiens peu scrupuleux de la rigueur scientifique,  de vouloir prouver à tout prix l’existence d’un dominateur génétique commun à tous les Juifs du monde actuel.


Durant tout le Moyen âge, l’Afrique du Nord et l’Espagne ne formaient qu’un seul domaine culturel et les lettrés juifs à l’époque voyageaient  facilement d’une communauté à l’autre. Ce brassage de population ne permet plus de distinction ethnique entre les Juifs d’Espagne et ceux de l’Afrique du Nord. Cependant, avec l’expulsion des Juifs d’Espagne et du Portugal, après 1492, les Juifs de la péninsule ibérique, devenue chrétienne, émigrèrent en partie en Afrique du Nord et composèrent une communauté distincte par ses origines et son particularisme. On les appelle les megorashim, les expulsés, par rapport aux toshabim, les autochtones, termes que l’on retrouve principalement dans les actes de mariages, les ketubot. Grace à ces nouveaux venus qui constituèrent une aristocratie locale, le dialecte judéo-arabe marocain, dans toute sa diversité, est encore truffé d’espagnol dans le domaine lexical. Jusqu’au XIXe siècle, on continua même de traduire à Meknès dans des textes du droit juif, dans les responsa (les she’elot u-teshubot), certains termes de l’hébreu en espagnol, pour qu’ils soient mieux compris par le lecteur.

 

Brève bibliographie

Camps Gabriel, Berbères, mémoire et identité, Actes Sud, Paris 2007, publié précédemment aux éditions Errance, 1987.

Hannoum Abdelmajid, « Historiographie et légende au Maghreb : la Kâhina ou la production d'une mémoire », in L’invention historiographique, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 54e année, n° 3, mai, juin 1999, p. 667-686.

Le Bohec Yann, « Bilan des recherches sur le judaïsme au Maghreb dans l'Antiquité », Espacio, Tiempoy Forma, Série II, H. Antigua, t.6, 1993, p. 551-566.

Oufkir Raouf, Kahena la princesse sauvage, Tome I, L'impératrice des songes, Flammarion, Paris 2010

Sand Shlomo, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, Paris 2008

Sartre Maurice, L’Orient romain. Provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères (31 avant J.-C. – 235 après J.-C.), éd. Le Seuil, Paris 1991

Schroeter J. Daniel, La découverte des Juifs berbères, in Relations Judéo-Musulmanes au Maroc : perceptions et réalités, edited by Michel Abitbol, Éditions Stavit, Paris 1997, p. 169-187

Wexler Paul,The Non-Jewish Origins of the Sephardic Jews,  State Universityof New York, Albany1996

 

Texte d’une conférence à Marseille le Mercredi 5 mai 2010 à 19h30, Au Centre Culturel Edmond FlegJUDAÏ-CITE, 4 Impasse Dragon 13006 Marseille, diffusé à Radio JM à cette occasion

 

Commentaires

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Que la majorité des berbères judaisés aient été convertis au christianisme et à l'Islam semble assez logique. Néanmoins, les berbères judaisés ont du se mélanger en partie avec leurs voisins judéens. Donc il semble logique qu'il y ait une petite composante berbère chez les juifs d'Afrique du nord et une petite composante juive parmi les Imazighen.

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Tinghir-Jérusalem, les Echos du Mellah

Publié le par www.2m.ma

Un bon film est celui qui fait parler de lui. Retour sur un excellent documentaire de Kamal Hachkar, diffusé sur 2M TV le 08 avril 2012.

Ce documentaire nous emmène à la croisée des cultures en suivant le destin de la communauté juive ayant quitté le petit village de Tinghir entre les années 50 et 60.


 

 


En réalisant ce film, Kamal Hachkar, un passionné des cultures juive et arabe explore les mémoires plurielles de Tinghir. « Enfant, j’ai grandi dans l’idée que tous les berbères étaient musulmans. C’est au travers des récits de mes grands-parents sur l’histoire de ma ville natale Tinghir que j’ai découvert que d’autres berbères étaient juifs et que la ville avait abrité une importante communauté juive ».


Et de continuer : « Les échos de ce Mellah, aujourd’hui vidé de ses habitants, résonnent encore dans les chants berbères qui demeurent dans les mémoires. Habité par cette absence, je cherche dans le labyrinthe de ma propre identité franco-marocaine les traces de cette altérité juive, que je vis comme une perte ».


Une identité marocaine, une brisure dans l’histoire


Du Maroc à la France en passant par Israël, ce film part à la recherche de ceux qui, à Tinghir ont connu cette présence juive, ainsi que des Juifs de la ville installés majoritairement en Israël aujourd’hui.


Le film interrogera également des personnalités: historiens, écrivains, chercheurs et psychanalystes, qui par leurs œuvres et travaux essaient d’exhumer l’identité du Maroc et tentent de conceptualiser cette brisure dans l’histoire du Maroc.
Regards singuliers et précieux, qui mêlent passé et présent, mémoire collective et individuelle.
Il s’agit par cette évocation d’un monde disparu d’exhumer, une part enfouie de la mémoire et de l’identité marocaine.

www.2m.ma 

 

 

 

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