Ces Juifs marocains qui ont pris le maquis pour leur pays
C’est certes parce que le mouvement de la résistance marocaine et les Forces armées royales qui en sont issues dès 1956 ne comptent pas
beaucoup de combattants ou de soldats que les Juifs marocains ont souvent été accusés de « collabos ». Une sale et grave accusation qui a été vulgarisée par les militants du parti de l’Istiqlal
et certains officiers de la résistance acquis aveuglement aux idées panarabistes et antijuives de l’Egypte de Nasser, elle-même noyautée par la confrérie Musulmane. N’oublions pas la première
ébauche des Forces armées royales a été crée avec l’aide de l’armée égyptienne qui leur « avait fourni les premières médailles et insignes » me confiait, il y a neuf ans, feu le général de
division Driss Benomar dans un premier entretien en vue d’un livre testament qui, malheureusement, n’a jamais vu le jour. N’oublions pas aussi que ces idées nassériennes avaient failli coûté la
vie deux fois- voire trois fois- à feu Hassan II. Fermons la parenthèse.
Je disais que si les soldats ou les résistants Juifs n’étaient pas légion dans l’armée ou la résistance marocaines ce n’étaient sûrement pas parce qu’ils n’aimaient pas assez leur pays, le Maroc, ou qu’ils étaient des fanatiques admirateurs de l’occupant. La vérité et autre. D’abord elle est historique. Pendant très longtemps, les Juifs marocains avaient été interdits de propriété ; ils ne pouvaient même pas posséder un cheval, animal réservé à la noblesse Musulmane. Ils avaient juste le droit d’avoir un âne ou une mule ! Et ce n’est pas en chevauchant des bêtes de somme qu’on apprend à être un guerrier. Puis comme d’aucuns peuvent en convenir, la structure de la famille juive marocaine à l’instar de certaines familles berbères est matriarcale ; dans le sens que le rôle de la mère y est prépondérant. En clair, un garçon Juif très attaché à sa mère (la relation est réciproque) n’ira jamais s’engager dans une armée ou une police ; non pas par lâcheté mais par peur de ne plus pouvoir revoir sa mère aussi le plus souvent et aussi par peur de la perdre (1)… Il est de notoriété publique que le métier des armes prend énormément de temps.
Enfin, il faut le dire, on ne s’engage dans l’armée que si on appartient à une communauté ou ethnie qui a longtemps été un réservoir pour le recrutement militaire ou bien si on a besoin de gagner sa vie quand touts les portes sont fermées. Or les Juifs marocains bien que majoritairement indigents non seulement éprouvaient rarement le besoin de porter le treillis, les mécanismes de solidarité intercommunale jouant bien leurs rôles, étaient loin de faire partie d’une quelconque communauté réputée fournir les rangs des armées en hommes.
Néanmoins il y a quelques exceptions. Lesquelles ne peuvent que prouver que lorsque les conditions sociales et familiales et sociales dans lesquelles il vit le permettent, le Juif marocain réagit à l’appel des armes comme n’importe quel autre de ses compatriotes Musulmans. L'ancien résistant Juif marocain Messaoud Benbrahim Levy est un exemple. Longtemps ignoré du public, son nom fut médiatisé pour la première fois le 1er février 2008 quand le haut commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération, Mustapha El Ktiri, lui a remis, à Rabat, le Ouissam d'Al Moukafaa Al Watania de l'ordre de Commandeur (2).
Lors d'une cérémonie organisée au musée national de la résistance, M. El Ktiri a souligné que cette distinction royale constitue un gage de fidélité et de reconnaissance à l'un des pionniers de la résistance pour les actions louables et les sacrifices qu'il a consentis pour la libéralisation du Maroc.
Faisant partie des membres de la résistance dans la ville de Taza (Nord), Messaoud Benbrahim Levy a été parmi les grands soutiens à la lutte de l'armée de libération contre l'occupant, a-t-il ajouté.
De son côté, le président de la communauté Israélite du Maroc, Serge Berdugo, a estimé que cette distinction royale décernée par S.M.. le Roi Mohammed VI à M. Levy, âgé aujourd'hui de 90 ans, « est pour notre communauté un magnifique présent que nous allons faire vivre », soulignant que dans la nation marocaine, il n'existe aucune distinction entre Juifs et Musulmans car, en définitive, « il n'y a que des Marocains ».
Trois années plutôt, c’était un autre Juif marocain qui a eu droit à une décoration royale pour avoir combattu dans les rangs de la résistance nationale. Il s’appelle Simon Levy. Ancien professeur de linguistique à la Faculté de Rabat, il s’occupe aujourd’hui, entre autres, du musée du judaïsme marocain à Casablanca.
Alors cessons de dire que les Juifs marocains sont des collabos ou des gens qui ne cherchent qu’à quitter leur pays le Maroc. D’ailleurs les Juifs marocains vivant à l'étranger ne sont que moins d’un million contre 3,2 millions de Musulmans. Cherchez l’erreur.
(1) C’est vrai que Tsahal compte beaucoup de Juifs marocains, mais le passage par l’armée est un acte nécessaire pour affirmer sa citoyenneté et presque tout le monde est assujetti à cette obligation nationale.
(2) Médaille du Mérite national de l’ordre de Commandeur.

En photo : de gauche à droite : Simon Levy, Abdelkarim Chankou, Gabriel Axel Soussan au Musée juif de Casablanca (novembre 2006).
Je disais que si les soldats ou les résistants Juifs n’étaient pas légion dans l’armée ou la résistance marocaines ce n’étaient sûrement pas parce qu’ils n’aimaient pas assez leur pays, le Maroc, ou qu’ils étaient des fanatiques admirateurs de l’occupant. La vérité et autre. D’abord elle est historique. Pendant très longtemps, les Juifs marocains avaient été interdits de propriété ; ils ne pouvaient même pas posséder un cheval, animal réservé à la noblesse Musulmane. Ils avaient juste le droit d’avoir un âne ou une mule ! Et ce n’est pas en chevauchant des bêtes de somme qu’on apprend à être un guerrier. Puis comme d’aucuns peuvent en convenir, la structure de la famille juive marocaine à l’instar de certaines familles berbères est matriarcale ; dans le sens que le rôle de la mère y est prépondérant. En clair, un garçon Juif très attaché à sa mère (la relation est réciproque) n’ira jamais s’engager dans une armée ou une police ; non pas par lâcheté mais par peur de ne plus pouvoir revoir sa mère aussi le plus souvent et aussi par peur de la perdre (1)… Il est de notoriété publique que le métier des armes prend énormément de temps.
Enfin, il faut le dire, on ne s’engage dans l’armée que si on appartient à une communauté ou ethnie qui a longtemps été un réservoir pour le recrutement militaire ou bien si on a besoin de gagner sa vie quand touts les portes sont fermées. Or les Juifs marocains bien que majoritairement indigents non seulement éprouvaient rarement le besoin de porter le treillis, les mécanismes de solidarité intercommunale jouant bien leurs rôles, étaient loin de faire partie d’une quelconque communauté réputée fournir les rangs des armées en hommes.
Néanmoins il y a quelques exceptions. Lesquelles ne peuvent que prouver que lorsque les conditions sociales et familiales et sociales dans lesquelles il vit le permettent, le Juif marocain réagit à l’appel des armes comme n’importe quel autre de ses compatriotes Musulmans. L'ancien résistant Juif marocain Messaoud Benbrahim Levy est un exemple. Longtemps ignoré du public, son nom fut médiatisé pour la première fois le 1er février 2008 quand le haut commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération, Mustapha El Ktiri, lui a remis, à Rabat, le Ouissam d'Al Moukafaa Al Watania de l'ordre de Commandeur (2).
Lors d'une cérémonie organisée au musée national de la résistance, M. El Ktiri a souligné que cette distinction royale constitue un gage de fidélité et de reconnaissance à l'un des pionniers de la résistance pour les actions louables et les sacrifices qu'il a consentis pour la libéralisation du Maroc.
Faisant partie des membres de la résistance dans la ville de Taza (Nord), Messaoud Benbrahim Levy a été parmi les grands soutiens à la lutte de l'armée de libération contre l'occupant, a-t-il ajouté.
De son côté, le président de la communauté Israélite du Maroc, Serge Berdugo, a estimé que cette distinction royale décernée par S.M.. le Roi Mohammed VI à M. Levy, âgé aujourd'hui de 90 ans, « est pour notre communauté un magnifique présent que nous allons faire vivre », soulignant que dans la nation marocaine, il n'existe aucune distinction entre Juifs et Musulmans car, en définitive, « il n'y a que des Marocains ».
Trois années plutôt, c’était un autre Juif marocain qui a eu droit à une décoration royale pour avoir combattu dans les rangs de la résistance nationale. Il s’appelle Simon Levy. Ancien professeur de linguistique à la Faculté de Rabat, il s’occupe aujourd’hui, entre autres, du musée du judaïsme marocain à Casablanca.
Alors cessons de dire que les Juifs marocains sont des collabos ou des gens qui ne cherchent qu’à quitter leur pays le Maroc. D’ailleurs les Juifs marocains vivant à l'étranger ne sont que moins d’un million contre 3,2 millions de Musulmans. Cherchez l’erreur.
(1) C’est vrai que Tsahal compte beaucoup de Juifs marocains, mais le passage par l’armée est un acte nécessaire pour affirmer sa citoyenneté et presque tout le monde est assujetti à cette obligation nationale.
(2) Médaille du Mérite national de l’ordre de Commandeur.

En photo : de gauche à droite : Simon Levy, Abdelkarim Chankou, Gabriel Axel Soussan au Musée juif de Casablanca (novembre 2006).
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