Sahara, Jérusalem même combat ?

Publié le par Abdelkarim Chankou

Ce que l’on prévoyait depuis février dernier est en fin arrivé. La politique du président américain Barack Obama sur les dossiers du Sahara dit « occidental » et le Moyen-Orient qui traînent les pieds respectivement depuis 34 et 61 ans est bien différente de celles de ses prédécesseurs, particulièrement Bush Junior. Le message-réponse adressé par celui-ci au Roi Mohammed VI en témoigne sans ambages.
Ce revirement politique de l’ex-Sénateur de l’Illinois n’est pas dû à ses origines afro-musulmanes, mais bien au nouvel ordre mondial qui s’est installé sans être invité depuis la mi-septembre 2008, date de l’annonce officielle de la crise financière internationale, conséquence directe de la crise des « subprimes » américains qui ont pollué l’économie globale.

Or pour résoudre rapidement la crise qui ravage actuellement la plus puissante économie du monde, il faut absolument que certains conflits hérités de la guerre froide soit également résolus.

Le statu quo pour ne pas dire statu « KO » qui perdue au Proche-Orient depuis au moins 1948 empêche le développement de la région. Israël vit dans l’isolement progressif du fait du boycott des pays arabes tandis que les Territoires palestiniens s’enfoncent chaque jour que Dieu fait dans la misère et l’ignorance. Or à cause de ce marasme économique mondial ni les Etats-Unis ni les Européens ne peuvent soutenir politiquement et financièrement ad vitam aeternam les deux protagonistes de ce conflit plus que séculaire.

De même le statu quo qui mine le Sahara dit « occidental » depuis 1974 empêche la réalisation de l’Union maghrébine.

Les deux statu quo coûtent chaque année des centaines de millions de dollars et à Washington et à Bruxelles.

Or, il existe une solution pour en finir avec ces deux goulots d’étranglement. Elle est unique et réaliste à la fois.

Pour ce qui est du Proche-Orient, la vision Shimon Peres, exposée à la presse lors du sommet économique tenu su 30 octobre au 1er novembre 1994 à Casablanca, demeure d’actualité. Elle se fonde sur le principe suivant : si on fait reculer la misère chez les palestiniens, l’extrémisme reculera et le pragmatisme finira de l’emporter. De même si l’on fait les garde-fous de l’embargo arabe sur Israël, l’extrémisme reculera dans ce pays. En somme faire jouer la carte du développement économique là où la politique a montré ses limites.

Certains diraient tout ça est beau mais quel est lien avec le message d’Obama.

Très bonne question ! Le lien est évident. La résolution des deux conflits moyen-oriental et nord-africain permettra et d’économiser des milliards de dollars au contribuable américain qui verse rien qu’à Israël, à l’Egypte et à la Jordanie quelque 6 milliards de dollars par année sous forme d’aide militaire. Une somme pareille peut servir à d’autres fins plus urgentes dans un contexte de crise économique.

Pour arriver à la paix dans les deux régions suscitées, le rôle de certains pays est important. Si le rôle du Maroc dans la résolution de la crise du Sahara dit « occidental » dépend de la bonne volonté de deux autres acteurs, en l’occurrence l’Algérie et le Polisario, par contre, son rôle dans l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient est déterminant. Plus d’un demi-million d’Israéliens juifs sont d’origine marocaine et gardent des liens affectifs avec le Maroc et le Roi du Maroc préside le Comité Al Qods crée par l’Organisation de la conférence islamique.

Cette position du Maroc sur l’échiquier moyen-oriental est soulignée par Obama dans sa lettre au Souverain marocain. « J'espère que le Maroc, comme par le passé, sera un leader dans la promotion de la réconciliation entre Israël et le Monde arabe. », écrit notamment le président démocrate qui, fait inédit, lie les deux dossiers. « Je réalise l'importance que revêt la question du Sahara occidental pour vous, votre Royaume et toutes les populations qui ont souffert à cause de ce conflit. », lit-on dans un passage de ladite missive présidentielle.

Si certains observateurs ont lu dans ce lien fait par Obama entre deux questions bien distinctes une sorte de chantage sur le Maroc pour le pousser « dans le sens de la fin de son isolement [Israël : Ndlr] dans la région », le plus probable c’est qu’Obama a une vision globale des conflits dans le monde.

Qu’importe ! L’essentiel c’est de savoir si le Maroc a encore les moyens de retrouver son rôle d’antan dans les tentatives de dépassionner les relations entre l’Etat hébreu et le Monde arabe.

A cette question sensible je crains de répondre par un « peut-être » au mieux. Non pas que Rabat n’est plus chaud pour jouer les bons offices dans ce conflit mais parce que le Maroc a depuis la mi-décennie 1990, date où l’Europe, prise par la fièvre de l’élargissement, commença à lui tourner le dos au bénéfice des pays de l’Est, a été contraint pour sauver sa mise d’ouvrir ses frontières aux capitaux arabes. La réforme bancaire de 1993 et le boom immobilier qui s’en est suivi avec l’ambitieux programme des « 200.000 logements » mis de l’eau à la bouche des pétrodollars qui malgré le qu’ils aient officiellement abandonné l’idolâtrie ont gardé leur amour pour la pierre. Il faut dire que ça paye.

Les attentas du 11 septembre 2001 ont dopé les flux de capitaux vers le Maroc. Maltraités aux Etats-Unis, première destination qu’il adorait après la Mecque, les pétrodollars se sont rués sur le Maroc où ils pouvaient fructifier leur argent tiré d’une richesse non renouvelable.

Revers de la médaille : contrairement aux européens qui investissement au Maroc dans des secteurs productifs comme l’industrie et le savoir, les investisseurs du Golfe, excepté de rares cas isolés, investissent en plus de la pierre (dans le deux sens, la joaillerie et l’immobilier), presque tous les secteurs de service où l’ont gagne plus en misant moins.

Pire : dans leurs bagages, ils ont apporté avec eux leurs traditions. La corruption, le chantage et l’esclavage. Par ce trio infernal ils visent à mettre le pays d’accueil à genou. Parallèlement ils investissent les forces vives de la nation. Ils achètent des hommes politiques et noyautent la communauté des avocats et ainsi de suite c’est-à-dire les médias et autres... Le but final c’est d’arracher définitivement le Maroc à l’Occident qui est son ami naturel tout en le dissuadant d’aider à la résolution du conflit israélo-arabe ; car ce conflit est devenu avec le temps un vrai fonds de commerce pour les pétro-familles. En effet, lorsque la paix s’instaurera entre Arabes et Israéliens, les quelques familles golfiques qui accaparent les richesses de leurs pays auront du mal à justifier que c’est pour l’effort de guerre…
Publicité

Publié dans Edito

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
<br /> Je ne sais pas ce que vous prenez avant de rédiger vos articles, mais il faut d'urgence arrêter. Quelle nullité, c'est affligeant, aucune analyse, des raccourcis incroyables...même votre français<br /> laisse à désirer.<br /> Je ne sais qui vous paye, sûrement ceux que vous mettez tant de zèle à défendre, mais même eux doivent être déçu du niveau de vos papiers.<br /> Ne vous donnez pas de mal à tenir un blog, vraiment, il ne sert à rien.zéro pointé.<br /> <br /> <br />
Répondre
<br /> Merci.<br /> <br /> <br />