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Pourquoi le « cirque romain » des temps modernes est médiatico-politique

Publié le par Abdelkarim Chankou

Face aux grands défis du siècle et les grandes interrogations et peurs qu’ils suscitent chacun cherche ses repères, son refuge, ses boucs émissaires où il peut étouffer ou noyer ses craintes et doutes. L’Occident n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. « Les 1% les plus riches possèdent plus du quart de la fortune totale en Europe. Et 10% des ménages européens les plus riches détiennent plus de la moitié du patrimoine du Vieux Continent ! » Cette mécanique inexorable qui appauvrit les pauvres et la classe moyenne pour engraisser les riches est à l’origine de l’exacerbation de ces craintes et doutes, nés de la résurgence ou recrudescence de maladies graves et dévastatrices apparemment incurables comme l’Ebola, la grippe aviaire ou le Sida. Le pauvre smicard qui se réjouissait de pouvoir se payer un pack de lait par jour, quelques boîtes de légumes en conserve et un peu de charcuterie est aujourd’hui choqué d’apprendre que tous ces produits et bien d’autres sont nuisibles à la santé humaine. Les légumes déjà contaminés par les pesticides sont conservés grâce à d’autres produits chimiques aussi néfastes alors que les viandes transformées mécaniquement (saucisses, jambons compactés, pâtés…) ne sont pas meilleures pas plus que celles fraîchies bourrés d’hormones, sans oublier le lait UHT comme le frais qui est censé provoquer des cancers notamment à cause des œstrogènes et pesticides qu’il peut contenir… En bref les sans le sou et autres indigents se sentent cernés de tous parts et Dieu ne semble pas vouloir « intervenir » pour rétablir la justice. Mais « que fait le bon Dieu ? » est le juron que l’on entend prononcer souvent face à des situations de désespoir… Adieu les Trente Glorieuses, loin l’époque de « Tout le monde est bien tout le monde il est gentil », bonjour l’ère de « Le monde n'est pas facile, il n'est pas gentil » pour reprendre une formule fraîche- et ô combien révélatrice d’une certaine réalité- de François Hollande . Oui pour le consommateur moyen de base rien ne sera plus comme avant. Plus d’espoir que la situation s’améliore un jour, désormais il faut se résigner et apprendre à vivre avec les nouvelles craintes du XXIe siècle… Heureusement que les complots réels ou supposés pour détourner l’attention du vulgum pecus ou noyer ses craintes ne manquent pas, de même que les boucs-émissaires. Mais ces « dérivatifs d’opinion » ne sont pas toujours l‘arabe ou l’immigré ou encore les hordes de migrants clandestins aux portes de l’Occident ! Ils s’appellent aussi Daesh, montée du niveau des océans et des températures sans perdre de vue les probables conflits entre puissances susceptibles d’écourter le chemin vers la fin du monde tel que le conflit en Ukraine ou le nucléaire iranien… Cependant l’Occident n’est pas le seul terrain de ces craintes et peurs que l’ont essaye de dévier bon an mal an. Le Tiers monde est également de la partie. Mondialisation oblige. Au Maroc à chaque période délicate les vieux démons refont leur apparition comme par enchantement. Les plus qualifiés pour amuser la galerie sont le sionisme, Israël, la Palestine et d’autres sujets aussi stériles comme la légalisation de l’avortement ou l’âge du mariage, la polygamie, l’homosexualité… Dernier épisode en date. Cette information rapportée par le site israélien JSS News selon quoi « les joueurs et le staff technique de l’équipe nationale d’Israël de Judo, sont retenus, leurs passeports confisqués, dans un aéroport marocain, probablement, l’aéroport international Mohammed V de Casablanca. » Le média israélien a précisé que « la police des frontières marocaine aurait interdit à l’équipe israélienne d’entrer au Maroc, accompagnée de gardes armés, mesure de sécurité que l’entité sioniste imposerait à ses équipes qui se rendent dans les pays arabes. » Un argument qui tient la route. Seulement il se trouve que bien des princes et émirs du Golfe amateurs de la chasse au faucon viennent chaque année au Maroc y exterminer l’outarde - un oiseau rare pourtant protégé par les lois internationales - équipés de leurs véhicules tout terrain et surtout de leurs gardes armés jusqu’aux dents.

Mais ces « dérivatifs d’opinion » ne sont pas toujours l‘arabe ou l’immigré ou encore les hordes de migrants clandestins aux portes de l’Occident !

Aussi, dans les années 1980, l’ex-dictateur Saddam Hussein assistait-il à des sommets arabes abrités notamment par le Maroc avec son flingue posé devant lui ! A l’heure de la rédaction de ces lignes, l’équipe israélienne qui est « au Maroc pour prendre part au 5e Judo Master mondial qui se tient du 23 au 24 mai à Rabat en perspective des qualifications aux jeux Olympiques de Rio de 2016 », serait toujours retenue. Mais d'autre sources ont une autre version : L'équipe ne disposaient pas d'un visa d'entrée au Maroc et il fallait leur en faire sur place ; quant à la rétention du groupe et la confiscation de leurs passeports il n'en était rien. En tout cas, c'est une péripétie de plus pour distraire la populace à quelques semaines des élections communales et dans un contexte de blocage total du dialogue social. Concomitamment à cette histoire de judokas indésirables une autre pas moins « excitante ». Il s’agit d’un feuilleton qui a commencé au début de 2015 : « Plusieurs associations, syndicats et associations professionnelles au Maroc ont créé une coalition pour que la société maritime israélienne [transport maritime] ZIM quitte le pays estimant que « le transporteur est un +instrument logistique de la normalisation économique+ avec Israël. » Une vingtaine de jours avant ces deux histoire, un autre roman aux allures de mauvais thriller : « La levée de bouclier général contre l’arrivée de l'ancien président israélien Shimon Peres qui était attendu à Marrakech dans le cadre du forum Clinton Global Initiative du 5 au 8 mai. Face à la pression médiatique orchestrée par les professionnels du slalom politico-idéologique son invitation a finalement été annulée. » Mais ça n’a pas été la fin du monde. En réalité ces appels au boycott d’Israël (il y a des dizaines d’exemples qui vont de la datte israélienne commercialisée au Maroc pendant Ramadan aux couches de marque Dalaa made in Israël en passant pas la société de sécurité privée anglo-danoise GS4 plc, accusée d’être israélienne et qui possède une filiale au Maroc) sont autant de pets dans le désert. Sur le terrain du réalisme les relations entre le Maroc et Israël ou vivent plus de 500 000 Israéliens d’origine marocaine vont bon train. La preuve. « Le Bureau central des statistiques israélien annonce que durant les cinq premiers mois de l'année 2014, les exportations du Maroc vers l'Etat hébreux se sont établis à 5,3 millions de dollars, tandis que les importations ont totalisé 3,2 millions de dollars. Ces dernières ont enregistré un bond de 18% par rapport à 2013. » C’est vrai que c’est rien. Mais c’est un bon début !

Publié dans Opinion

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Presse écrite : un corps sain en soins palliatifs !

Publié le par Abdelkarim Chankou

« La presse écrite c’est has been, ça salit les mains, ça coûte de l’argent, ça pompe de l’espace, ça détruit les forêts et en plus les infos ne sont pas toujours fraiches ! » C’est là l’une des justifications qu’on entend ici et là quand on veut faire le panégyrique des nouveaux médias dont la presse électronique et les réseaux sociaux. Il est vrai que sur les PC, tablettes et smartphones, l’information, véhiculée par les sites électroniques, se lit pour gratuitement, en temps réel et sans salir les mains. Mais la presse sur papier demeure tout de même exclusivement avantageuse sur un certain nombre de points dont les défenseurs du support papier ne parlent que très peu pour ne pas dire jamais. Quand on lit un journal de formats berlinois, tabloïde ou magazine on a la certitude- à moins d’être pisté par une barbouze affectée aux kiosques, sociétés de portage ou bureaux postaux- que ce qu’on lit ou regarde ne risque pas d’être espionné par des yeux indiscrets ; alors que tout ce qu’on consulte sur les écrans des « nouveaux médias » (1) est susceptible d’être pisté en temps réel et sans grand effort ! Et nul besoin d'être grand clerc pour deviner la destination de la moisson. Soit la Maison Poulaga soit les sociétés de marketing. Vous regardez une vidéo d’un viol sur Youtube, attachée à un article de presse apparemment innocent, à l’autre bout du fil on sait que vous êtes un coureur de jupons, et si d’aventure vous la revoyez deux ou trois foi ou la partagez on sera encore plus sûr de vos tendances obsessionnelles réelles. Loin le temps où des cadres BCBG tirés à quatre épingles n’osant pas même regarder une femme ou un homme dans les yeux lisaient en cachette l’Echo des savanes ou New Look dans les toilettes fermées à double tour. Personne n’était au courant pas même l’épouse ou l’époux ! Deuxième avantage de la presse écrite : le risque de lire une info bidouillée ou modifiée après piratage est presque nulle. Alors que sur les sites des journaux électroniques- y compris les plus prestigieux- ce risque est aussi réel que grand, si bien que même les sites les plus protégés sont l’objet de hackage. Et pour ce qui est des réseaux sociaux comme Facebook c’est carrément le foutoir où l’intox le dispute au délire. Inconvénient aggravé par le copié-collé. Autre avantage de la presse sur papier, et je me limiterai à ce 3e exemple, la publicité y est moins agressive que dans la presse sur écran. Le bandeau de réclame ne vous empêchera jamais de lire jusqu’à à bouger pour vous cacher le texte ce qui est en soi une forme de non liberté… Mais tous ces avantages et bien d’autres ne semblent freiner ni la démode du papier journal ni sa descente aux enfers. Les nouveaux médias semblent être vus par les nouveaux consommateurs comme le tabac : on sait que l’addiction à la nicotine mène au désastre mais on fume quand même. Et plus le paquet de clopes est joli et son prix augmenté, plus l’addiction gagne en résilience ! En France où la presse écrite est comparée à « la sidérurgie à la fin des années 1970 », on assiste carrément à une bérézina. « La presse écrite semble gravement menacée par la crise économique profonde qu’elle traverse depuis de nombreuses années. La Tribune, France-Soir, Libération, Le Figaro, Le Monde … aucun de ces journaux n’échappe à sa restructuration : concentration sur l’offre numérique et arrêt de la version papier, plan social, redressement judiciaire ou clé sous la porte.» Une bérézina qui s’est accélérée deux années après l’avènement officiel de la crise mondiale des subprimes, en 2008, et surtout après que le grand New York Times (3 millions d’exemplaires par semaine) ait annoncé, comme beaucoup d'autres grandes publications à travers le monde, avoir « enclenché une transition vers le numérique. » Transition qui lui devait permettre de « réduire ses pertes de 50% par rapport à 2013. » En 2010, l’hebdomadaire américain a été vendu pour 1 dollar symbolique à un milliardaire, avant de fusionner avec un site internet d’informations.

Le bandeau de réclame ne vous empêchera jamais de lire

jusqu’à à bouger pour vous cacher le texte

ce qui est en soi une forme de non liberté

Le Maroc pour ne citer que ce pays en voie de développement ne déroge pas à la règle. Ce pays où l’analphabétisme touche encore 40 % de la population, où le tirage total quotidien (toutes publications confondues) peine à sortir de l’ornière des 300 000 exemplaires et où le phénomène de la location des journaux est érigé en culture nationale, non seulement la presse gagne chaque jour du terrain mais elle est encouragée par le gouvernement qui compte subventionner la presse numérique dès 2016. « L'avenir appartient aux médias numériques et à la presse électronique » , dixit le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.» Et le ministre islamiste d’enchaîner que le nombre d'abonnés à internet qui « est passé en deux ans (2012-2014) de moins de 4 millions à plus de 10 millions et le nombre de pages Facebook « à 9 millions » Et comme un malheur n’arrive jamais seul, sur le modeste budget publicitaire total qui a été de quelques 540 millions d’euros en 2013, la presse écrite, qui se plie en 4 pour en grignoter à peine le quart, est cernée de tous parts par les hordes du hors médias. Les panneaux d’affichage poussent comme des champignons partout, les bus urbains ne tiennent plus que par la pub et bientôt les taxis rejoindront le club des véhicules-sandwich ! Comme si ce n’est pas assez ! En 2006, année du boom immobilier notamment à Casablanca et Rabat, les façades d'immeubles « sont louées à des annonceurs par des agences de communication à 500 000, 700 000 dirhams voire 2 millions de dirhams par an » (2) écrivait La Vie Economique en décembre 2007. Et l’hebdo casablancais d’ajouter : « le coût de revient est souvent très bas. Elles sont louées à des syndics de copropriété en moyenne entre 60 000 et 100 000 dirhams l'année. » Tout un monde qui s’écroule !

(1) En France notamment des télévisions publiques contribuent à l’enfoncement de la presse écrite. Dans le cadre de son émission Le Débat, France 24 programme une revue de presse quotidienne des sites numériques. Et le comble des combles en présence de journalistes sur papier !

(2) 1 Dirham marocain = 0,09 €

Publié dans Opinion

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Azoulay parmi les intervenants de la 1ère Université de la Paix de la CIUP

Publié le par Manare Barchi

«Université de la Paix : vivre ensemble dans la diversité culturelle»  (Titre d'origine)

A l’occasion de son 90ème anniversaire et fidèle à ses valeurs de tolérance et de solidarité, la cité universitaire de Paris organise pour la première fois l’Université de la Paix, un projet ambitieux organisé par la Maison Heinrich Heine avec la participation de nombreuses autres maisons de la cité.

14 Mai 2015 à 12h02 | Manare BARCHI | 0 avis

diversité, culture, université, Paris

Les jeudi 21, vendredi 22 et samedi 23 mai 2015, cette première proposera au grand public et aux résidents de la cité internationale une réflexion commune autour du thème « vivre ensemble dans la diversité des cultures ».

L’Université de la Paix bénéficie du Haut-patronage de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, et de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et ancienne résidente de la cité internationale.

Première édition au cœur de l’actualité

Sensibles à l’actualité internationale et aux grandes questions sociétales, désireux de s’engager dans la promotion des droits humains et de la paix, les 12000 étudiants et chercheurs de tous pays qui résident chaque année à la cité internationale mais aussi les étudiants parisiens et le grand public pourront ainsi rencontrer des chercheurs, historiens, sociologues, philosophes, économistes, auteurs, journalistes et personnalités de haut niveau pour dialoguer avec eux, mieux comprendre les tensions qui caractérisent le monde actuel et chercher ensemble comment agir.

Parmi les intervenants, André Azoulay, Alfred Grosser, Jacques Toubon, Jean-Louis Bianco, Dominique Schnapper ou encore Heinz Wismann.

L’Université de la Paix propose de débattre de thèmes aussi variés que l’impact des migrations, le défi des appartenances religieuses ou encore la redéfinition des valeurs démocratiques.

Ensemble, public, résidents et experts discuteront de la « Mondialisation et du vivre ensemble : perspectives interdisciplinaires », mais aussi de la « diversité culturelle dans la monde, 10 ans après le vote de la convention de l’UNESCO ». L’ouverture d’esprit sera également questionnée avec « l’Union Européenne dresse-t-elle de nouveaux murs ?, Comment faire tomber les murs d’aujourd’hui ? » ou « Peut-on encore être universaliste… » La question du rapport à l’autre et à la différence sera soulevée avec « Comment répondre à l’affirmation des identités religieuses ? »

Par ailleurs, des étudiants liront des extraits de livres de Tahar Ben Jelloun, « Le racisme expliqué à ma fille » et « L’Islam expliqué aux enfants ».

Une initiative exceptionnelle

L’université de la Paix est un projet qui permet de perpétuer les valeurs humanistes à l’origine de la création de la cité internationale, comme le rappelle Marcel Pochard, Président de la Cité Universitaire de Paris :

« La Cité avait été créée dans le mouvement pacifiste qui a marqué la fin de la 1ère guerre mondiale, l’idée était de créer la paix, en se fondant sur les jeunes élites venues du monde entier en les faisant vivre ensemble, dialoguer, se comprendre, échanger, devenir solidaire. Comment faire vivre ces valeurs universalistes ? Nous avons pensé qu’un des moyens était de réunir les résidents les plus motivés sur le sujet. »

Université de la paix à la Cité internationale universitaire, du 21 au 23 mai 2015.
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

Azoulay à l’ouverture du Forum sur les femmes d’Afrique (18e édition du Festival Gnaoua, 14 mai 2015, Essaouira) : le Festival de la musique Gnaoua est le seul à faire cohabiter sur une même scène des artistes juifs et musulmans, et le drapeau palestinien a toujours été présent depuis la première édition.

Azoulay à l’ouverture du Forum sur les femmes d’Afrique (18e édition du Festival Gnaoua, 14 mai 2015, Essaouira) : le Festival de la musique Gnaoua est le seul à faire cohabiter sur une même scène des artistes juifs et musulmans, et le drapeau palestinien a toujours été présent depuis la première édition.

Publié dans Dialogue des cultures

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Le bombardement du Yémen par les Arabes absout de facto Israël de tout «crime contre l’humanité»

Publié le par Abdelkarim Chankou

Ali Abdellah Saleh devant les ruines de sa résidence

Ali Abdellah Saleh devant les ruines de sa résidence

Par le nombre des victimes civiles dont des enfants et même des handicapés qu’ils ont faits, les milliers de frappes aériennes, effectuées par les pilotes de la coalition de 10 pays arabes dont le royaume saoudien qui la commande, les opérations Tempête décisive et sa version « light » Restaurer l’espoir, sauf quelques détails, n’ont rien à envier aux bombardements israéliens sur Gaza ou le sud Liban. Autrement dit le bombardement du Yémen par les Arabes absout de facto Israël de toute accusation pour « crime contre l’humanité ». Lancée le 29 mars 2015, « Tempête décisive » est déclenchée par l'Arabie saoudite et une coalition de 9 pays arabes, à la demande du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, suite au coup d'Etat opéré par les milices d’Abdelmalek Al Houthi. Le général saoudien Ahmed Al-Assiri, porte-parole des coalisés, a annoncé, mardi 21 avril, la « fin de l'opération +Tempête décisive+à la demande du gouvernement et du président yéménites (…) Selon la télévision officielle saoudienne, le pays et ses alliés sunnites estiment avoir atteint leurs objectifs militaires et éliminé avec succès les menaces pesant sur l'Arabie saoudite et ses voisins grâce à leur intervention. » Fin mais pas cessez-le-feu ! Le 22 avril suivant sera celui du lancement de l’opération « Restaurer l’espoir ». Selon un communiqué de la coalition, relayé par l’agence de presse saoudienne, « l’opération + Restaurer l’espoir+ visera la reprise du processus politique conformément à la Résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies (2216), de l'initiative des pays du Golfe et les conclusions du dialogue national. Elle consistera aussi en la poursuite de la protection des civils et la lutte contre le terrorisme. » Seulement Restore Hope se révélera presque aussi meurtrière que Decisive Storm.

La montée de leur moral, les rebelles houthis le devraient

à la destruction le 10 mai dernier de la résidence du colonel

Saleh à Sanaa par les coalisés

Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) « a tiré mardi [5 mai dernier] la sonnette d'alarme face aux nombre croissant de victimes civiles du conflit au Yémen et s'est dit particulièrement préoccupé par le sort des personnes handicapées dans le pays. Entre le 26 mars et le 3 mai 2015, 646 civils, dont 50 femmes et 131 enfants, ont trouvé la mort et 1.364 autres civils ont été blessés dans les combats au Yémen, a déploré l'agence de l'ONU lors d'un point de presse à Genève. Le HCDH a également fait état de nombreuses destructions de domiciles civils lors de frappes aériennes, en particulier ceux dont les propriétaires seraient affiliés aux Houthis. » En effet, rien que pour la journée du lendemain de la publication du communiqué alarmant du HDCH, à avoir le 6 mai, les combats de Restore Hope « ont encore fait 32 morts parmi les civils. » Et ce n’est guère fini ! Le sentiment d’être « agressés » par une coalition de 10 pays arabes donne de la force aux rebelles houtis et renforce leur détermination surtout qu’à leurs côtés il y a les milices l’ex président déchu le colonel Ali Abdallah Saleh et peut-être d’une façon moindre et discrète le Hezbollah libanais, la main de Téhéran. La montée de leur moral, les rebelles houthis le devraient à la destruction le 10 mai dernier de la résidence du colonel Saleh à Sanaa par les coalisés (photo ci-dessus). Le bombardement A aussi blessé un certain nombre de Yéménites. L’image de la télé yéménite qui a fait le tour des médias mondiaux montrant Ali Abdallah Saleh se lamentant devant les ruines de sa résidence n’est pas sans rappeler celle d’un Yasser Arafat posant devant les décombres de la Mouqataa (quartier général de la présidence palestinienne), détruite au bulldozer par l’armée israélienne en automne 2002, à Ramallah en Cisjordanie, renforce le sentiment de victime des rebelles houthis et de leurs alliés que sont les troupes du colonel Saleh qui est de rite zaydite (proche du chiisme). Les Zaydites représentent plus du tiers de la population du Yémen. Ali Abdallah Saleh a été obligé d'abandonner son poste en 2011 après ce qui semblait être une révolte yéménite influencée par les printemps arabes. En janvier 2015, son successeur - qui est aussi son ancien vice-président -, Abd Rabbo Mansour Hadi, a été contraint à son tour d’abdiquer sous la pression des Houthis et de militaires traîtres, et a présenté sa démission au parlement, qui l'a refusé. Il est toujours le président par défaut du Yémen ou de ce qui en reste… Faut-il pour autant assimiler les bombardements aveugles de l’armée israélienne sur Gaza ou la Cisjordanie à ceux de la coalition arabe sur le Yémen du Nord ? Même si une certaine homothétie de fait peut se profiler entre les deux images c’est un pas que je ne franchirai pas. Pour moult raisons évidentes, dont le fait que les rebelles chiites de Abdelmalek Al Houti et leurs alliés sunnites ou zaydites commandés par le colonel Ali Saleh ne se battent pas contre une puissance qu’ils estiment être « occupante », et le terrain de la guerre n’est pas non plus exigu et verrouillé que Gaza. Cependant, les frappes contre les rebelles houthis et leur alliés ont été dictées par un besoin d’éviter qu’un le voisin saoudien soit envahi un jour par des hordes de chiites hostiles. Un même sentiment de menace qu’ont les Israéliens face à leurs voisins de Gaza…. En tout cas une chose est sûre : après cette guerre arabe contre les yéménites houthis et ses importants dégâts humains parmi les civils dont des enfants et des handicapés, il sera indécent- du moins pour tout Arabe raisonnable- de critiquer les anciens- ou les futurs- bombardements israéliens sur Gaza ou le Liban sud. De même qu’il sera incongru de parler de poursuites pénales contre les généraux de Tsahal pour crimes contre l’humanité.

Publié dans Opinion

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La « Pax Hebraïca » ouvre la voie aux ventes du Rafale

Publié le par Abdelkarim Chankou

La France "alliée majeure du royaume saoudien hors CCG"

Certes le travail en coulisses des conseillers de commerce extérieur en poste dans les ambassades françaises ainsi que la baisse de l’euro face au dollar sont autant de chances ayant fertilisé le terrain mais n’ont pas été les catalyseurs déterminants qui ont abouti au dénouement surprise du blocage commercial du super-chasseur Dassault Rafale dont 24 exemplaires ont été enfin vendus à l’Egypte en février 2015 , après 13 années de traversée du désert (1). Ce dénouement a ouvert la voie à une série de contrats similaires en « rafale » avec d’autres pays : l’Inde prendra également 24 unités en avril suivant (cinq fois moins que prévus) et le Qatar qui signera lui aussi pour la même quantité avec la condition que sa compagnie de transport, Qatar Airways, qui dessert déjà Paris, puisse désormais desservir Lyon et à Nice, « vraisemblablement trois fois par semaine » écrit le Monde du 4 mai 2015. Le véritable catalyseur qui a ouvert un boulevard dans le monde arabe au chasseur français et dont personne ne parle ou n’ose parler est le fait que Israël n’oppose plus de veto aux ventes d’armes sophistiquées par ses alliés américains et européens aux arabes, du moins du Moyen-Orient. En effet en dépit de ses capacités opérationnelles qui ne suffisent pas à expliquer son soudain succès commercial, les Etats arabes riches auraient toujours bien voulu mettre la main à la poche, du temps de Chirac et de Sarkozy présidents, ne serait-ce que pour gagner l’estime et le soutien politique de Paris (même si le Rafale du fait qu’il est biréacteur, « consomme par conséquent plus de kérosène et voit ses missions raccourcies d'autant (…) et possède moins d’autonomie que ses adversaires, et doit donc abréger le combat plus rapidement ») mais le veto israélien a toujours réussi à bloquer les contrats de vente. Seulement, depuis 2012 au moins, il s’est créé une alliance objective entre les pays arabes du Moyen-Orient et Israël. Le nouveau commun iranien a rapproché l’Etat hébreu de ses anciens ennemis arabes en tête le royaume saoudien avec sa nouvelle configuration. Plus éloquente que des fatwas de cheikhs saoudiens qui ont clamé publiquement maintes fois que « l’Iran est le vrai danger et non Israël », cette déclaration d’un prince influent de la cour wahhabite : Courant 2013, l’influent et non moins richissime prince saoudien Al-Walid Ben Talal Ben Abdel Aziz lâcha cette petite phrase qui résume tout en expliquant bien des choses : « Nous, les Musulmans sunnites, sommes avec Israël contre l’Iran » a-t-il dit. Cet aveu princier officialisa ce qui était encore officieux à savoir la fin de la guerre sourde entre les Arabes et Israël qui se matérialise d’un côté par le boycott économique arabe de l’Eta hébreu et de l’autre par le veto systématique israélien sur les contrats d’armes importants. Il fait savoir qu’Israël ne ruinait pas seulement les transactions d’armes négociées par les pays arabes non signataires d’un accord de paix avec lui mais également avec les Etats arabes qui ont liés par accord de paix avec lui, à leur tête l’Egypte ! Ainsi après avoir (à titre d’exemple) fait capoter en 2007 un contrat de vente d'armes US sophistiquées à l'Arabie (comprenant des armements guidés par satellite), en 2010, rapportait le quotidien israélien Haaretz, « Israël tentait d’empêcher la conclusion d’un vaste contrat d’armement entre Washington et Riyad. Il portait sur la livraison de plusieurs dizaines de chasseurs-bombardiers F-15, ainsi que sur la modernisation de 150 appareils du même type qui figurent, déjà, dans la flotte aérienne saoudienne. » En 2011, ce sera le tour de l’Egypte de pâtir du véto israélien. Cette fois la cible à détruire était « un projet de vente de deux sous-marins allemands à l'Égypte.»

Le véritable catalyseur qui a ouvert un boulevard dans le monde arabe au chasseur français et dont personne ne parle ou n’ose parler est le fait que Israël n’oppose plus de veto aux ventes d’armes sophistiquées par ses alliés américains et européens aux arabes

Seul hic cette Pax Hebraïca qui bénéficie aux marchands d’armes autant qu’il embête l’Iran, ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique israélienne anti-arabe. Particulièrement les faucons alliés de Netanyahu comme l’ex ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, qui veut bombarder l’Egypte, vient d’annoncer qu’il rejoint l’opposition et donc ne fera pas partie du prochain cabinet de coalition nationale dirigé par Netanyahu. Le tonitruant chef du parti Yisrael Beitenu a justifié sa volte-face qui va fragiliser davantage son allié d’hier par le fait que le gouvernement que le Premier ministre Benjamin Netanyahu est en train de former « n’est pas une coalition +nationale+ mais une coalition +opportuniste+ et +conformiste+.» « Le projet de loi sur l’Etat juif qui était si important lors de la dernière Knesset - soudainement personne n’en parle », a déploré Lieberman qui avait menacé en 2013 de bombarder le barrage d’Assouan pour inonder l’Egypte !

(1) Il semble que malgré le fait que le nouveau roi saoudien Salman, nommé par un décret publié le 29 avril matin, son fils et ministre de l'Intérieur Mohammed ben Nayef, (55 ans, jusqu'ici second dans l'ordre de succession et allié sûr de Washington), au poste d’héritier du Trône en lieu et place de son demi-frère Moqren, le poids de Riyad aux Etats-Unis ne cesse de baisser. Le rapprochement économique entre le royaume saoudien et l’Europe d’un côté et de l’autre la lune de miel politique avec Israël en sont-ils la raison ? Est-ce que pour calmer la Maison Blanche que Riyad s’est abstenu d’acheter des Rafales en se rattrapant par la permission donnée au président Hollande d’assister (une première) au sommet du CCG à Riyad en tant qu’invité d’honneur ? En tout cas connaissant le poids de Riyad aux Etats Unis et notamment au Texas, un concours de caricature sur le prophète Mahomet (qui faillit tourner au drame) n’aurait jamais lieu (qui faillit tourner au drame) n’aurait jamais lieu : les pétrodollars saoudiens l’auraient avorté dans l’œuf !

Publié dans Zoom

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