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Le dialogue des cultures doté d'une vraie feuille de route

Publié le par Abdelkarim Chankou

maroc-bresil-azoulayMême pour le Traité de Rome fondateur de l’actuelle Union européenne on ne l’a pas fait ! En 1957, personne ne savait à quel point les populations respectives des futures nations qui composeront la CEE étaient prêtes à mettre leurs systèmes économiques en commun. Plus tard avec Maastricht, Schengen, Nice ou Lisbonne on n’était pas plus avancé. D’ailleurs les scores des consultations référendaire sur les deux derniers points montrent que l’on n’est loin de l’unanimité rêvée des pères fondateurs de l’Europe unie. Non seulement ces scores allaient de quelque 51% à 67 mais ils sont si flous et vagues que l’on ne pouvait pas se faire une idée précise sur le degré d’acceptation des Européens à mettre leurs destins économique et politique en commun. On était convaincu que le critère géographique er religieux primait sur les autres facteurs politique et culturel. Résultat : l’Europe peine à mettre au point un système de défense commune, les Anglais roulent toujours à droite et préfèrent rester en dehors de la Zone Euro et les pays membres de ce club monétaire sont inapte à s’entendre unanimement sur la méthode idoine pour préserver l’union monétaire du danger qui la guette.

Si l’Europe des Quinze ou des Vingt-cinq est incapable de régir avec la célérité requise pour affronter les défis du moment faute d’une assise populaire unifiée qui ferait pression sur les hommes politiques de chaque pays pour mettre de côté la sempiternelle spécificité pou préférence nationale, alors que dire d’une Espace de 43 pays où les membres ne sont pas tous géographiquement européens. L’UPM, mise sur les rails le 13 juillet 2008 à Paris, regroupe en plus des plusieurs pays membres de l’Union européenne, des Etats des Balkans, du Moyen-Orient, et d’Afrique du Nord sans oublier la Turquie. Comment faire en sorte que ce méga projet cher au président français Nicolas Sarkozy et auquel le Maroc est le premier pays à y adhérer corps et âme ne soit pas un vœu pieu ? Réponse : il faut qu’il soit voulu par l’ensemble des peuples qui le composent y compris Israël et les pays arabes. Car la volonté politique des dirigeants ne suffit pas. Mais comment savoir à quel degré les sociétés civiles des 43 pays de l’UPM sont prêts à vivre ensemble ? Réponse : il faut leur demander. C’est aussi simple que ça. Et c’est tout le travail qu’a fait la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures que préside André Azoulay. Un boulot aussi inédit que remarquable.

Ce travail qui porte sur les relations interculturelles en Méditerranée contient la première enquête d'opinion sur les tendances et valeurs interculturelles réalisée à l'échelle des 43 pays de l'Union pour la Méditerranée. Le lancement officiel Rapport Anna Lindh sur « les Tendances Interculturelles » est programmé pour la mi-septembre 2010, mais sa publication a d'ores et déjà éveillé la curiosité de nombreux décideurs politiques, leaders de la société civile, ainsi que de la communauté académique. Notamment à l’occasion de la 3e édition du Forum de l'Alliance des Civilisations qui s'est ouverte ce week-end à Rio de Janeiro avec la participation d'une délégation marocaine, conduite par Mme Latifa Akharbach, secrétaire d'Etat auprès du ministre des affaires étrangères et de la coopération.

Le Rapport Anna Lindh sur les « Tendances Interculturelles » est un instrument unique pour faire face à la xénophobie et au choc des cultures, a souligné André Azoulay, conseiller de SM le Roi Mohammed VI et président de la Fondation Anna Lindh et co-fondateur de l'Alliance des Civilisations qui a pris part à une session spéciale de cette réunion annuelle de l’Alliance des civilisations.

« Pour la toute première fois, la communauté internationale dispose d'un outil scientifique permettant de mesurer non seulement l'évolution de nos relations avec l'Autre, mais aussi de dresser une feuille de route concernant les actions prioritaires à mettre en place afin de renverser la tendance actuelle qui va vers davantage de discrimination, de xénophobie et de clashs idéologiques », a indiqué André Azoulay.

Sûr : cet outil scientifique servira d’astrolabe à l’équipage du navire UPM pour ne pas naviguer à vue. De même, servira de lanterne à d’autres projets similaires.

La cérémonie d'ouverture du Forum a été présidée par le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, en présence notamment du Premier ministre turc Recep Tayip Erdogan et du haut représentant des Nations Unies pour le dialogue des civilisations, l'ancien président portugais Jorge Sampaio.

Le 4e Forum de l'Alliance des civilisations est prévu en 2011 au Qatar.

Publié dans Dialogue des cultures

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L'islamisme au Maroc ou halal quand ça me convient !

Publié le par Karim El Maghribi

Burqa1L’islamiste marocain est clérical quand ça l’arrange et anticlérical quand ça le dérange. Il est tout le temps gagnant. Il a toujours le beau  rôle. S’il tombe beaucoup de pluie c’est grâce à lui à ses prières, s’il la sécheresse sévit c’est à cause des autres, les mécréants qui ne font pas et ne sont pas comme lui. Evidemment cette posture de ni grillée ni mouillé a la baraka, donne longue vie et protège contre les mauvais coups plus que les cinq prières et le ramadan ensembles.

 

L’islamiste marocain honnit le jeu du hasard et la loterie mais tolère  la tombola pour aller à la Mecque, surtout quand c’est sa boule qui monte. De même que la loterie pour fuir aux Etats-Unis. Ah ! la Green Card elle est belle est en plus elle est bien verte.  Le pays de l’Oncle Sam c’est la terre du grand Satan, mais il fait bon d’y vivre ou flâner. Normal que le plus gros bataillon de la secte de Adl Wa Al Ihssane se terre aux USA. Normal qu’une bonne partie des inscrits dans les centres culturels américains du Royaume soit de la même graine ou d’obédiences similaires. Les Yankees ne sont pas des ingrats : sensibles à cet amour que leur portent les islamistes, ils leur rendent bien si bien qu’il est plus facile pour barbu d’obtenir un visa pour l’Amérique qu’un hippie aux cheveux gras ayant gravé en lettres de feu « I Love New York » sur ce qui lui sert de T-shirt.

 

Un islamiste marocain, je ne parle ici que d’eux,  déteste  que sa banque lui accorde un prêt avec un taux d’intérêt à 4.5 % mais est content que son compte sur carnet ou bloqué lui ponde quelques bénéfices trimestriels. Un  islamiste marocain exècre de voir une femme demi vêtue mais est à son aise quand il bourlingue avec sa dachdacha made in Pakistan qui laisse transparaître son slip et parfois plus. Aïe !

 

Un islamiste marocain abhorre l’idée qu’un chanteur homosexuel comme Elton John vienne se produire au Maroc et le crie sur les toits, mais ne pipe mot quand  l’homo est un politique en vue ou un businessman  plein aux as. Où donc est le « mâle » ?

 

Un islamiste marocain vomit la musique rap ou métal : c’est satanique et ça produit un boucan  infernal, mais il trouve normal qu’un muezzin se mette à faire peur aux bébés dès trois heures du matin par ses incantations amplifiées par des hauts parleurs à réveiller un mort.

 

Bref un islamiste marocain ça trompe énormément… 

 

Publié dans Coup de gueule

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L’Europe, Elton John, le Maroc

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou1.jpg

Le titre de ce billet pourrait faire penser à un charabia sans nom. Mais ce n’est guère le cas.

Je commence par l’Europe et la crise où elle s’enfonce depuis que la zone Euro commença à vaciller suite à la découverte médiatique du déficit budgétaire abyssal de la Grèce qui a dépensé plus de 9 milliards d’euros pour organiser les Jeux olympiques de 2004. Maintenant ce sont des pays comme l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et le Portugal qui doivent serrer la ceinture avec à la clef le gel des salaires des fonctionnaires pour plusieurs années, le non remplacement des fonctionnaires partis en retraite, la fausse des impôts etc.

Mais comment en est-on arrivé là tout en sachant que d’autres pays de l’Union européenne pourraient emboîter le pas à ce premier groupe ?

Mas réponse est que la principale raison de cette bérézina qui fait déjà sourire les Américains qui depuis fort longtemps savaient que la « vieille Europe » allait trinquer d’un moment à l’autre est que les « pères héritiers » du Traité de Rome ont voulu aller plus vite que la musique. On élargissait à tour de bras si bien que l’on fermait les yeux sur les critères d’adhésion. Dès 1981, l’adhésion de la Grèce à l’ex-CEE était mal préparée. Mais il fallait à tout prix que le berceau de la civilisation européenne et byzantine à la sauce Charlemagne (le premier Européen de l’histoire) soit membre du « club de Bruxelles ». Peu importe si Athènes était prête ou non.

Cette hâte à faire l’Europe sur le modèle américain a été la trame de l’histoire de l’UE depuis 1957 jusqu’à nos jours.
En octobre 2009, après un non à un projet de Constitution européenne, révisé à la baisse (Traité de Lisbonne), l’Irlande, forcée par une forte pression médiatique bien orchestrée, a fini par lâcher un « petit oui » à 67,13 % lors d’un référendum qui a peu mobilisé. Quant à la France et le Luxembourg, pour ne citer que ces deux pays, le « oui » a dominé respectivement pour 55 % et 56 %. Autant dire rien.

Pire cette hâte à faire adhérer de nouveaux pays à l’Union ou leur voter des nouveaux traités ignorait et les problèmes politiques desdits pays (l’Irlande venait tout juste de s’unir) et les attentes des pays voisins de la rive sud de la Méditerranée.

Pour ce qui est du Maroc qui a bénéficié du « statut avancé » que l’UE lui octroyé en octobre 2008, s’il n’y a pas encore de crise de valeurs mobilières comme en Europe, il y a un début de crise des valeurs tout court. Les valeurs que le Maroc veut partager avec l’Europe. Depuis plus d’un mois, l’actualité est faite essentiellement de la venue ou non du chanteur britannique Elton John pour participer à la 9e édition du festival Mawazine Rythmes du monde qu’abrite Rabat du 21 au 29 Mai courant.

Elton John de son vrai nom Reginald Kenneth Dwight est montré du doigt aussi bien par les islamistes marocains qui lui reprochent d’être un homosexuel marié à un homme et d’avoir blasphémé le Christ en disant qu’il était également un homosexuel que par les moralistes et les bigots de la politique politicienne. Ces derniers veulent son interdiction et citent en exemple la décision du Syndicat des musiciens égyptiens qui a réussi à obliger les autorités à lui barrer l’accès au pays.

Si au Maroc on est sûr que l’artiste britannique ne sera pas déprogrammé, on s’étonne  tout de même que son nom soit longtemps oublié par les capsules publicitaires diffusées par les télés publiques marocaines : il fallait en effet attendre la veille de son concert, hier mardi 25 Mai, pour en entendre parler …

Publié dans Edito

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Maroc/Ecologie : le Plan Vert de Mohamed Farès

Publié le par Karim El Maghribi

saoul3« Le parti fait de la politique autrement pour faire de la question environnementale un projet de société ». C’est le coordonnateur général du Parti de la gauche verte, un nouveau venu sur le paysage politique national, qui parle. Ma parole !
Mohamed Farès qui s’exprimait sur le plateau de l'émission « Tiyarate» diffusée, lundi 17 mai soir, par la chaîne de télévision 2M, ajouta entre autres que « Le parti de la gauche verte a lancé une nouvelle dynamique et s'est ouvert sur plusieurs acteurs qui s'intéressent à l'environnement pour moraliser, rationaliser l'action politique et rajeunir les élites ». Autrement dit, rien de nouveau sous le soleil.
Car les partis, une trentaine actuellement en activité sans compter une dizaine en hibernation, non seulement s’intéressent tous à la question environnementale mais affichent tous la volonté de s’ouvrir sur tous les acteurs et pas uniquement ceux s’intéressant à l’environnement : Faute de militants et de cadres, le moindre « particule » recevra n’importe quel nouvel adhérent les bras ouverts et les yeux fermés, même si ce dernier a un passé puant le soufre.
Dans un contexte où la jeunesse boude la politique pour autre chose, on ne fait ni la fine bouche ni la sourde oreille. Alors de quoi parle M. Farès ?
Visiblement euphorique même si Mohamed Chorfi, le journaliste choisi pour lui donner la réplique s’est montré parfois agressif, M. Farès cachait à peine son enthousiasme et sa fierté d’avoir tenu récemment son congrès constitutif (sous le thème « le Maroc de la citoyenneté et de la quiétude est possible ») en présence de représentants de partis politiques, de syndicats, d'associations, et de mouvements des Verts européens. Son seul crédit pour l’instant. Car pour s’imposer en 2012 ou avant si l’équipe de Abbas El Fassi est balayée par une motion de censure, il ne suffira pas d’être vert pour survivre: il faut être carrément polychrome avec des couleurs qui changent selon le moment comme un bon caméléon sait le faire. En effet, la perspective d’une débâcle électorale qui reléguera le PGV aux oubliettes comme l’ont été une vingtaine de particules en 2007 et 2002, ne semble pas être ignorée par M. Farès. Loin s’en faut.
Sinon ce dernier ne serait pas rattrapé en édulcorant ses déclarations enthousiastes en nuançant que son parti « appartient à la grande famille de gauche ». Une assurance vie au cas où…

Publié dans Focus

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Maroc : Vers un contrôle plus strict des étrangers

Publié le par Karim El Maghribi

http://www.liste-tourisme-maroc.com/blog/passaportes/passaporte-30-31.jpg


Plus de six mois après que le conseil de gouvernement ait adopté le projet de décret n° 2-09 607 portant application de la loi 02-03 relative à l'entrée et au séjour des étrangers au Maroc et à l'immigration irrégulières, ladite loi demeure toujours en sursis d’exécution, faute d’un texte qui définira les caractéristiques des imprimés à remplir par les demandeurs de cartes de séjour.


Actuellement on bute sur le type de questions que comportera ledit imprimé.


Le projet de décret adopté le 5 novembre dernier après avoir été présenté par l’ex-ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, organise et réglemente le séjour des étrangers sur le territoire marocain et contribue également au renforcement des mesures et dispositions de contrôle du territoire national tout en fixant les conditions juridiques et les procédures relatives aux demandes de la carte de séjour au Maroc pour les ressortissants étrangers, ainsi que les modalités de son renouvellement. Il distingue ainsi trois types de cartes de séjour : « catégorie visiteur », « catégorie affaire » et « catégorie étudiant ».


Le ressortissant étranger désireux obtenir la carte de séjour ou de résident doit disposer d'un visa d'entrée portant l'une de ces catégories, ou présenter une demande à ce sujet au plus tard dans un délai de 90 jours à son entrée au Maroc, pour les étrangers non soumis aux formalités d'obtention du visa.


Le projet de décret vise également dans une conjoncture de crise économique mondiale favorable à l’entrée des étrangers au Maroc, souvent pour trouver du travail, d’éviter aux autorités l’expulsion des étrangers en séjour régulier de longue durée pris en flagrant délit de violation de la loi en vigueur comme ce fut notamment le cas avec les missionnaires américains et européens. Ainsi avec des permis de séjour de courte durée et des délais plus long pour leur délivrance, les autorités concernées auront plus de temps pour décider de refuser ou d’expulser des étrangers déclarés non grata.

 


Publié dans Sécurité

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Crise de l'Eurozone : Le Maroc pourrait en appeler à la solidarité arabe

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chankou1.jpgMalgré les déclarations rassurantes des uns et des autres quant à la non contamination du Maroc par la crise économique qui fait des ravages en Grèce, Portugal, Italie et Espagne, les trois derniers pays entretenant  des relations économiques  étroites avec le Royaume chérifien, il est très probable que ce dernier subisse de plein fouet les conséquences indirectes du marasme européen.

 

Rabat, certes, voyait la crise venir mais pas aussi vite. Et l’emprunt obligataire de 400 millions d'euros sur 10 ans que Rabat s’apprête à lancer sur le marché international avant juin prochain  risque de faire grincer des dents, surtout que le pays avait déjà lancé deux importants emprunts en 2003 et 2007, mais ce deux années étaient fastes et propices à ce genre de financement. Et même si Rabat obtient ce prêt, ce qui est acquis, il sera  vite absorbé par la lourde masse salariale des fonctionnaires de l'Etat  qui reprend du poil de la bête avec l’augmentation sans précédent des salaires de quelque 50.000 policiers  (hors Forces auxilaires et Gendarmerie) sans perdre de vue ce que va coûter au budget de l’Etat , déjà lourdement déficitaire,  la suppression des bas échelons, de 1 à 4, de la Fonction publique.

 

Face à ce tableau peu reluisant, on ne voit pas comment l’Etat  marocain pourrait s’en sortir tant l'avenir est sombre, sauf à recourir encore une fois à la traditionnelle solidarité arabe. Car trop solliciter les Instituts de Brettons Woods risque de faire réassujettir  le Maroc aux douloureux Programmes de réajustement structurel dont le pays porte  encore les stigmates.

Publié dans Edito

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Kirghizistan : La révolution de Rosa

Publié le par L.-Cl. Renaud François

http://fr.beta.rian.ru/images/18645/04/186450445.jpg

Par le lieutenant-colonel (e.r.) Renaud François Chercheur associé à l’Esisc
Le 24 mars dernier, à la veille du cinquième anniversaire de la révolution des tulipes qui l’avait porté au pouvoir, le président Kourmanbek Bakiev déclarait, devant le Kurultai Soglasyia (1) - le « Congrès du consensus » - qu’il avait lui-même convoqué, que « le Kirghizistan n’est pas fait pour un système politique démocratique reposant sur un processus électoral et des droits humains individuels (2) ». Sans la moindre ambiguïté, les propos du président Bakiev confirmaient ce que le monde entier avait pu constater depuis son accession au pouvoir. À savoir, son peu de considération envers les notions de démocratie et des droits de l’homme. Estimant inadaptées les institutions issues du modèle de démocratie libérale, il annonçait son intention de les remplacer par des institutions informelles basées sur les « traditions séculaires de la nation kirghize » et regroupées sous le vocable, indéfini et vague, de « démocratie délibérative ».

L’histoire n’aura pas laissé le temps aux analystes et observateurs de la vie politique kirghize de trancher la question de savoir si cette idée de « démocratie délibérative » était à considérer comme une réelle volonté politique ou plus simplement comme une idée lancée en
l’air par un gouvernement désireux de connaître le sentiment de sa population sur ce sujet (3).

Deux semaines plus tard, une révolution, la deuxième en cinq ans, enflammait les rues de Bichkek et des principales autres villes du pays. Débordé par une foule en colère qui, malgré les morts (au moins 84) et les nombreux blessés (plus de 1.500), s’empare rapidement de tous les bâtiments officiels, le gouvernement s’effondre. Le 8 au matin, le président Kourmanbek Bakiev quitte à la hâte son palais présidentiel assiégé et trouve, un temps, refuge dans son bastion du sud du pays, la province de Jalal-Abad d’où il est originaire.

Immédiatement après, le « gouvernement du peuple » placé sous l’autorité de l’ancienne ministre des affaires étrangères, Rosa Otounbaïeva, annonce avoir pris le contrôle de la situation et du pays. Le 8 après-midi, le premier ministre, Daniyar Usenov, démissionne et le gouvernement intérimaire est aussitôt reconnu par la Russie, de loin le partenaire le plus
important du Kirghizistan.

La rapidité avec laquelle les évènements se sont déroulés, l’émergence quasi miraculeuse d’un gouvernement du peuple « clés en main et prêt à servir », la reconnaissance russe alors même que le président Bakiev n’avait toujours pas officiellement démissionné, les premières déclarations, ouvertement russophiles, du gouvernement intérimaire, tout porte à croire, hormis le silence assourdissant de l’administration américaine dont l’absence de réaction immédiate montre à quel point elle a été dépassée par cet événement, que cette révolution n’est pas aussi spontanée qu’on pourrait le penser.

À défaut de porter un nom de fleur ou de couleur, cette révolution « éclair » sonne le glas des révolutions de couleur. Il y a à peine deux mois, les électeurs ukrainiens enterraient pacifiquement la révolution orange. La fin sanglante du régime Bakiev attire l’attention sur un pays d’Asie centrale qui, certes, s’il ne dispose pas, comme ses riches voisins, de ressources énergétiques immenses, n’en occupe pas moins une position originale. Position qu’une boutade locale - « les Kirghizes ont l’habitude de prendre leur petit déjeuner avec les Chinois, de déjeuner avec les Russes et de dîner avec les Américains ! (4) » - décrit parfaitement. En raison du bouleversement qui vient de se produire, la « révolution de Rosa » ne manquera pas d’avoir de sérieuses conséquences sur l’équilibre géostratégique régional et le Grand Jeu international autour des formidables ressources énergétiques centrasiatiques….


(1) Un kurultai est un rassemblement traditionnel des élites, un conseil des « sages », qui traite des problèmes de la société kirghize. Historiquement parlant, le kurultai fait partie des traditions du Turkestan, l'ancien nom d’une région d'Asie centrale conquise au VIème siècle de notre ère par les Kok Turks (les Turcs bleus). Le Turkestan se partageait entre Turkestan occidental, couvrant le territoire des cinq républiques centrasiatiques actuelles et Turkestan oriental, correspondant, de nos jours, à la province chinoise du Xinjiang.

(2) http://www.rferl.org/content/Kyrgyz_President_PoohPoohs_WesternStyle_Democracy/1992380.html

(3) http://ipp.kg/en/analysis/politics/811/

(4) http://www.russiaprofile.org/page.php?pageid=International&articleid=a1270751961


Lire la suite sur esisc.org

Copyright©ESISC 2010

Publié dans Analyse

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Le Maroc et l’Espagne condamnés à coopérer ensemble

Publié le par A.C.

http://4.bp.blogspot.com/_YE7ImYdANME/SwnA-KqUs2I/AAAAAAAAAdA/QSywt_EVEQ8/s320/S.M.+MOHAMED+VI+Y+ZAPATERO.jpg

Au lieu de se laisser bercer par l’inertie en se lamentant sur le coût du non-Maghreb ou en se focalisant sur quelques points de discorde bilatéraux, le Maroc et l’Espagne doivent agir vite sans perdre une seule seconde pour transformer ces moments difficiles marqués par la récession en Europe et en Amérique en pari gagnant.


Rabat n’a pas intérêt à voir Madrid s’enfoncer dans la spirale de la crise et vice versa. Au delà des relations culturelles et historiques qui lient les deux royaumes durant plusieurs siècles, la réalité est que plus de 2,5 millions de Marocains traversent chaque année l’Espagne pour rentrer au pays dont 700.000 vivent en terre ibérique. Dans l’autre sens, il est dans l’intérêt de Madrid à ce que le Maroc maintienne un taux de croissance raisonnable autour de 4 à 5 %. Ce rythme profite aussi bien au Maroc qu’à l’Espagne. Dans ce sens qu’il permet la réalisation d’un double objectif : les entreprise espagnoles en difficulté peuvent se « refugier » ou immigrer au Maroc avec la garantie de pouvoir y écouler une partie de leur production. En dessous de 3 % de taux de croissance, la consommation passe en bas régime. De même avec cette cadence de création de richesse, une partie de la classe moyenne marocaine maintiendra ses habitudes de passer ses vacances en Espagne et d’y faire du shopping. Sans oublier qu’un Maroc en petite forme économique cessera de servir de zone tampon aux hordes d’immigrés africains attirés par le rêve européen comme un aimant attire la limaille de fer.
Par ailleurs, il y une autre raison plus vitale qui plaide pour un partenariat privilégié entre Rabat et Madrid : Le Maroc est en passe de redevenir le grenier de Rome. Le Maroc redevient le grenier de Rome.
En effet, après avoir été pendant longtemps le grenier de Rome, l’ancienne Maurétanie tingitane pourvoyait l’empire latin en vin, grain, gibier et poisson, de nouveau le Maroc est appelé à jouer ce rôle. Mais cette fois le Maroc gagne aussi dans l’affaire. L’Europe a vu son nombre de paysans et surface destinées à l’agriculture diminuer comme une peau de chagrin depuis 1945. L’industrie et l’immobilier, plus rentables, ont pris le pas sur le travail de la terre. C’est sans cette optique que Rabat mit au point en 2009 le très stratégique Plan vert doté de 147 milliards de dirhams sur 10 ans. Un plan 100 % gagnant car l’Europe malgré la concurrence espagnole compte sur l’agriculture marocaine pour satisfaire ses besoins dans les prochains années. Preuve : les quelques jours d’interruption de fret aérien entre le Maroc et Paris à cause du nuage volcanique islandais ont suffi pour vider les étals du marché du gros des fruits et légumes francilien de Rungis. Donc au lieu de voir dans l’agriculture marocaine une menace, les travailleurs de la terre ibériques peuvent apporter leur savoir faire au Maroc en apportant leur contribution au Plan vert. Bref, il n’y a pas de meilleur antidote à la crise que le pragmatisme. Cette anecdote : les textiliens américains asphyxiés par la concurrence chinoise ont préparé une grande manifestation avec des slogans du genre « A bas le textile chinois ». Au moment d’un responsable chinois à Washington, on compris trop tard que les t-shirt et les casquettes sur lesquels étaient inscrits les slogans antichinois étaient fabriqués à Shanghai et qu’ils éteint importés massivement par des Américains vu leur bas prix qui permettait une confortable marge de bénéfice !
Je ne fais pas appel à cette blague pour dire que les Marocains sont pour les Espagnols ce que sont les Chinois pour les Américains ou les Européens. Il y a bien longtemps que les deux voisins des deux rives de la Méditerranée ont compris qu’ils sont condamnés à coopérer ensemble dans tous les domaines. L’Andalousie et la Catalogne ont été à ce titre plus parfaites. Mais des régions comme la Castille- La Manche ou la Galice sont restées frileuses. Mais pas pour longtemps. Avec un taux de croissance moyen en Europe de 0,7 %, le Maroc avec ses 4 à 5 % est en position de force.
« Le Maroc et l'Espagne s'attellent désormais à la consolidation des acquis et à la définition d'une stratégie qui donnera à la décennie à venir, un nouveau souffle qui permettra aux deux pays d'aller ensemble encore plus loin dans leur coopération économique, industrielle et commerciale », a souligné, jeudi 6 mai à Casablanca, le Conseiller de SM le Roi, M. André Azoulay à l’occasion de la tenue à Casablanca de la première édition de « Dialogues de voisinage dans un monde global », organisée par le Cercle de l'Economie (Espagne) et la Fondation Tanja.
M. Azoulay, qui s'exprimait aux côtés de M. Pedro Solbes, ex-Vice-Président du Gouvernement espagnol et ministre de l'Economie, a rappelé qu'entre l'an 2000 et 2010, le Maroc et l'Espagne allaient quasiment doubler leurs échanges commerciaux en passant en l'espace de 10 ans, de 33 milliards dirhams à plus de 60 milliards dirhams. Et d’ajouter que « la même dynamique se retrouve dans le tourisme, le nombre de visiteurs espagnols au Maroc ayant plus que triplé en une décennie avec le cap des 700.000 touristes qui sera probablement franchi en 2010 alors qu'il était de 200.000 en l'an 2000. » L’espoir est sauf !

Publié dans Stratégie

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Affaire Benchimol ou quand la charité se moque de l’hôpital !

Publié le par Abdelkarim Chankou

La destruction par les autorités de Tanger de l’un des plus veux hôpitaux de la ville sous prétexte que le bâtiment « constitue un danger pour la sécurité des citoyens » fait autant rire que pleurer. Mais on sait que la bureaucratie à ses raisons que la raison ignore. Mais tout de même le bâtiment rasé n’était pas banal : c’était quand même l’hôpital Haim Benchimol crée en 1904 par l’association philanthropique éponyme et dont le corps médical servait à soigner bénévolement les malades qui s’y rendaient. C’est que vrai qu’au fil du temps l’hôpital a perdu de son activité à cause de la baisse du nombre des juifs Tangérois dont beaucoup sont partis à l’étranger. Si bien que le bâtiment est devenu ces dernières années un refuge pour vagabonds et autres SDF  (avant d’avoir servi quelque temps comme hospice), un autre argument avancé par les autorités qui ont exécuté la décision de démolir. Ce qui a été suivi par une volée de bois vert  et un déluge d’indignation de la part de beaucoup de juifs comme de musulmans dans le monde et aussi au Maroc.  Et il y a de quoi  se lamenter. Voici pour les faits tel qu’ils ont été rapportés par les médias et que nous avons recoupés on y ajoutant nos propres informations.

http://i69.servimg.com/u/f69/11/69/22/03/dsc02510.jpg

Notre commentaire :

1-On a rarement au Maroc vu les autorités locales s’émouvoir de la sécurité des citoyens en rasant un bâtiment délaissé qui plus est ne comporte aucun étage et paraissant d’après des images  (voir photo) récentes encore solide ;

2- Les SDF et les vagabonds qui s’y refugiaient  n’avaient certainement pas d’autres alternatives sinon ils n’auraient pas élu domicile à l’hôpital Benchimol ;

3- Ce sont d’abord les membres de la communauté juive tangéroise ou ce qui en reste ou encore les héritiers  Benchimol qui ont le droit de se plaindre du squat de l’hôpital par les SDF. A notre connaissance il n’en était rien, une preuve de la bonté du cœur des propriétaires  de feu l’hôpital Benchimol ;

4- Si l’ancien hôpital rasé ne comportant aucun étage était vraiment un danger pour les citoyens alors que peut-on dire du bâtiment Boisseau dit Hôtel Lincoln qui non seulement s’élevait très haut mais s’est déjà partiellement effondré ratent de justesse des passants. Cet édifice datant presque de la même époque que l’hôpital Benchimol est toujours à sa place malgré toutes les procédures de démolition engagées notamment d’expropriation. C’est vrai que la façade a été classée « monument historique » à la fin des années 1990, mais ça n’explique pas tout, surtout que non seulement l’immeuble Boisseau enlaidit l’un des plus belles artères de Casablanca, le boulevard Mohamed V, mais  y a carrément fermé la circulation !

5-La nouvelle de démolition de l’hôpital a été d’autant douloureuse  qu’elle est intervenue entre deux moments de fêtes juives : la Mimouna et la Hailoula.

 

Photo : dafina.net

Publié dans On en parle

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Médias au Maroc : Ça presse la vraie réforme !

Publié le par Abdelkarim Chankou


 Chankou1.jpgPlus de 17 ans  après le Premier colloque national sur l’information et la communication (mars 1993) et plus de 16 ans après  que la Journée mondiale de la liberté de presse eut été instaurée par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1993 qui en a fixé le 3 Mai comme jour de célébration, la presse écrite et audiovisuelle marocaine a connu de grands changements positifs. Liberté de ton renforcée, plus de  créativité et d’indépendance dans le choix et le traitement des sujets et des thèmes, design à la page des titres, des rédactions, des régies, de studios et des plateaux, situation  sociale et matérielle des journalistes améliorée… Bref un grand pas aura été franchi depuis 17 ans avec une accélération de la cadence du changement depuis l’avènement du Roi Mohammed VI  sous le rège duquel de nombreuses lignes rouges et mêmes infrarouges  ont considérablement reculé.

Cependant, force et de constater que la profession est toujours prisonnière de l’ornière de certains problèmes qui en entachent et l’image et la crédibilité tout en freinent le développement. Cet état de fait est la conséquence logique de plusieurs négligences et erreurs de l’Etat. En voici les plus significatives.

1-            Après plusieurs années de dirigisme où les rédactions  recevaient des instructions précises sur ce qui devait être traité ou non s’agissant de sujets sensibles, la profession a été subitement lâchée, la tutelle étatique croyant que cette dernière est devenue assez mûre pour se débrouiller toute seule. Résultat : à part certains médias ayant évité le dérapage par en s’autocensurant soit par complaisance soit par obséquiosité soit par peur d’aller en taule, le gros du lot a perdu les pédales. La course effrénée au chiffre, la concurrence féroce et souvent inégale ou déloyale entre les médias ont fait le reste ;

2-            L’Etat n’ayant pas encore totalement rompu avec sa propension à considérer les journalistes comme des « fouteurs de merde » pour ne pas dire des « fouille-merde »  et la presse comme un genre mineure continue de fermer les vannes d’accès à l’information officielle. Ce qui a donné libre cours aux supputations et aux constructions de l’esprit les plus fantasmagoriques. Il faut bien noircir du papier et justifier son salaire, aussi maigre soit-il ;

3-            Ayant concocté dans la hâte son plan de modernisation de la presse écrite, l’Etat a défini des critères de sélection des entreprises ayant droit à ses subsides totalement faux. Dans nombre de cas l’argent du contribuable au lieu d’aller à l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises de presse est allé dans les poches des directeurs de ces dernières. Résultat : des « boss » roulent 4x4 alors que leurs employés roulent dans la poussière ;

4-            L’Etat n’a jamais songé à réformer la réglementation en vigueur relative à la création d’un journal. Du coup la procédure administrative et judiciaire pour  créer un canard est la plus simple  qui soit au Maroc et dans le monde. N’importe quel Marocain pouvant justifier d’un certificat de nationalité peut déposer un dossier au tribunal  de première instance et se voir ensuite autorisé, dans 99 % des cas, de sortir son journal. Résultat : des  analphabètes ou des repris de justice se sont vus délivrer le reçu pour devenir des directeurs de publication qui quotidiennement ou périodiquement signent des « idiotoriaux » en réalité écrits par des nègres souvent payés au noir. A signaler que contre ces cas d’usurpation d'identité et de fonction aucun  procureur n’a encore jamais osé lever le petit doigt. Pas plus contre la fraude fiscale et le non respect de la législation sur le travail que ces escrocs pratiquent avec ferveur comme s’il s’agissait d’une religion ;

5-            L’Etat qui visiblement voit dans la presse un tremplin pour occuper les désœuvrés et autres « jobless » n’a jamais songé à fixer un niveau d’instruction minimum pour le métier de journaliste. La carte professionnelle est délivrée à n’importe quel scribouillard au bout d’un an d’exercice. Or, aujourd'hui, un niveau minimum de Bac + 4 est nécessaire pour intégrer le métier professionnellement ;

6-            Les pouvoirs publics n’ont jamais pensé à catalyser l’existence de plusieurs syndicats de la presse. Résultat : la profession vit sous le régime  du « syndicat unique ». Un anachronisme flagrant.

Conclusion :

Ça presse la réforme !

 

Publié dans Edito

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