Liban : perdre ne signifie rien !

Publié le par Abdelkarim Chankou

En Orient et particulièrement au Liban, le mot « perdre » n’a pas forcément la même signification ni acception qu’en Occident. Si le pays du cèdre perd une guerre contre Israël, elle dira que c’est à cause du soutien de l’Amérique à l’Etat hébreu. Si au contraire il la gagne, il dira que c’est parce que Allah a été cette fois de son côté ! Bref, on ne gagne jamais contre un adversaire qui sait jouer le rôle de la veuve et de l’orphelin quand ça va mal et celui du général conquérant quand ça marche.

 

Ce raisonnement est parfaitement valable en contexte de paix. Les élections générales du 7 juin 2009 qui ont donné la victoire à l’Alliance anti-syro-iranienne  dite « du 14 mars » contre le front opposé, constitué par la « trinité » :  le Hezbollah, le Mouvement Amal et le parti chrétien du général Michel Aoun, ne doivent pas être considérées comme la fin de l’extrémisme au Liban. Bien au contraire.

 

D’ailleurs si  cette « triade » a perdu les élections, ce n’guère à cause d’un quelconque manque de soutien ou de sympathie de la part de la majorité des Libanais mais surtout à cause du discours fleuve du président américain prononcé quatre jours plus tôt à la grande Université du Caire où  Barack Obama a fait la danse du ventre aux Musulmans.

 

Une autre raison pour se méfier de ces élections est le fait que le mandat électoral en Orient à la vie courte. Contrairement en Occident, ce mandat peut avoir une durée de vie de quelques minutes. Autrement dit un Libanais qui a voté  pour Hariri à 12h00  peut tout à fait le regretter à 12h05. Il suffit pour cela qu’un drone israélien ait survolé le sud Liban ou qu’un  responsable iranien ou syrien ait annoncé la découverte d’un réseau d’espionnage pour le compte d’Israël…

 

Cette transhumance ou migration incessante, tradition bien orientale qui fait qu’un électeur peut passer politiquement du coq à l’âne en cinq minutes dans un mouvement qui peut être sinusoïdal est le principal obstacle à l’enracinement sain et durable de la démocratie dans le monde arabe et assimilé.

 

Tant que la culture de l’engagement politique y demeurera relative ou sujette aux humeurs changeantes des unes et des autres, le geste d’un bulletin jeté dans une urne n’aura pas plus de sens que le sourire jaune d’un mauvais vendeur d’aspirateurs.

 

Moralité : méfiez vous du Hezbollah qui dort !

Publié dans Edito

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