Maroc : vers un déficit de trésorerie sans précédent

Publié le par Abdelkarim Chankou

Chute du commerce extérieur, repli considérable des rentrées de devises par les touristes ou les Marocains de l’étranger, fonte des recettes fiscales, augmentation de la masse salariale dans la fonction publique qui a rendu caduc l’ambitieux et non moins coûteux programme des départs volontaires,  baisse des cours mondiaux des minerais et des phosphates, baisse des investissements directs étrangers…

 

En bref l’Etat marocain est en proie à un assèchement historique et sans précédent  de sa trésorerie, d’autant que cette fois la crise mondiale qui sévit dans les pays riches n’encouragera pas les bailleurs de fonds internationaux à voler au secours  de l’Etat marocain. Lequel s’il n’a pas encore tiré la sonnette d’larme c’est grâce à la conjonction de deux facteurs presque providentiels : le retour des pluies et la baisse de la facture énergétique due à la chute des cours du brut.  Mais ces deux cadeaux du ciel ne suffisent pas dissuader l’inflation de repartir à la hausse du fait de la hausse du coût de la vie et du renchérissement des taux d’intérêt bancaires.

 

Pire : en parallèle à ce sombre tableau de bord, la société marocaine semble renouer avec ses vieux démons : le retour conjugué de la ferveur religieuse intéressée, des croyances populaires dont le charlatanisme.

 

Pour l’avis des spécialistes, seul  un miracle pourra éviter une catastrophe sociale, que la crème des entreprises a été privatisée et à part la Royal Air Maroc (dont l’attractivité et l’image ont été écornées par les grèves sauvages et répétées des pilotes de ligne) et les offices des Chemins de fer, de l’eau, de l’électricité et des phosphates, il n’y a pas grand-chose à vendre pour renflouer les caisses de l’Etat.

 

L’Etat osera-t-il à se séparer de ses dernier bijoux pour sauver la mise pour période dont personne ne sait la durée ?

 

En tout cas le miracle existe bel et bien et il s’appelle « rigueur ». Rigueur dans la gestion du denier public. Autrement dit l’Etat doit déclarer  la guerre à la gabegie, à l’informel, à la fuite des devises et à la fraude fiscale. Sans oublier tous les autres vices et fléaux responsables de l’érosion du PIB comme la corruption et les accidents de la circulation qui font perdre chaque année au pas près de 900 millions d’euros et quelque 4.000 âmes. Tout en veillant, bien entendu, à  l’amélioration constante et permanente de la valeur ajoutée de l’industrie de sous-traitance, de l’agro-industrie et des services. Amen.

Publié dans Edito

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