La réalité du danger de l'ultra-gauche violente

Publié le par Esisc


A noter 



L’ESISC publiera et diffusera dans les semaines à venir une note « grand public » sur le phénomène de l’ultra gauche violente et, dans le courant du premier trimestre 2009, nous mettrons à la disposition de nos clients et partenaires un rapport confidentiel exhaustif sur ce phénomène.

 

 

Dans son édition datée du jeudi 4  décembre 2008, le quotidien « Le Monde » consacre une page à « L’Obsession de l’ultragauche » qui caractériserait le ministre de l’Intérieur, Mme Alliot-Marie et les services de la DCRI. Le quotidien y relativise fortement le risque présenté par l’ultragauche au prétexte qu’il n’y aurait aucune « preuve dans le dossier » ni « trace d’attentat contre des personnes ».

 

A l’ESISC, nous suivons le phénomène de la résurgence de l’ultragauche violente depuis plusieurs années et, sans nous prononcer sur le fond du dossier COUPAT/SNCF, il nous semble intéressant de souligner les points suivants :

 

1)     La radicalisation d’une frange « autonome » du mouvement contestataire est un fait constaté depuis la fin des années quatre-vingt-dix. Cette radicalisation se traduit à la fois la recherche systématique de l’affrontement physique avec les forces de l’ordre en marge de certaines manifestations (CPE, sans-papiers, mal-logés, G8 etc.) et par des actions de sabotage et des « micro-attentats » ;

 

2)     Depuis 2005, des dizaines d’actes de sabotage et de micros-attentats attribuables à cette mouvance ont eu lieu en Europe en au moins une quinzaine en France ;

 

3)     La mouvance autonome, quoique peu organisée et se regroupant par réseaux informels affinitaires est très présente en France (plusieurs centaines de sympathisants et membres actifs) et en Europe (des milliers de sympathisants, entre autres en Grèce, en RFA, en Espagne et, bien entendu, en Italie);

 

4)     Cette mouvance a tissé des liens internationaux étroits. Ainsi il est frappant de constater que la « répression » qui frappera des membres de la mouvance dans un pays se traduira très rapidement par des actions de  solidarité (cfr le micro-attentat contre l’AFP à ATHENES, ce mercredi) dans des pays tiers. Une forte connexion existe entre autre entre la France, la Grèce (Athènes et Thessalonique), l’Allemagne et l’Italie;

 

5)     Elle est capable de mobilisation internationale rapide ainsi que le prouvent par exemple les incidents de mars 2007 à Copenhague qui ont mobilisé durant plusieurs jours des milliers « d’autonomes » venus d’Allemagne, de France, des Pays-Bas, de Belgique etc;

 

6)     Nous estimons que la crise qui a commencé va permettre à la mouvance autonome de croître en importance car elle permet d’exprimer la « rage » et la « révolte à l’état brut » et offre une alternative à des partis et organisations de gauche et d’extrême gauche et à des syndicats jugés trop « passifs » ;

 

7)     Outre « L’Etat », cette mouvance pourrait s’attaquer au monde la finance, à la grande distribution, au secteur de l’énergie, au secteur du luxe et de l’hôtellerie haut de gamme, au secteur automobile etc;

 

8)   Le fait qu’il n’y ait pas, à l’heure actuelle, « de trace d’attentats contre des personnes » ne signifie rien. D’une part la mouvance peut fort bien continuer à se développer et à exister en pratiquant le « terrorisme rampant » (certains actes de sabotages ont entraîné des pertes de centaines de milliers d’Euros), d’autre part, on se rappellera que les Brigades Rouges ou Action directe ont toutes deux commencé par des actions de « contestation radicale » et des actes de sabotages et ne se sont attaqué aux personnes que dans une deuxième phase quand le cycle action /répression a été bien engagé.

 

 

En conclusion, même s’il ne doit pas être exagéré, le phénomène de l’ultragauche violente ne doit pas être minimisé. Outre le fait que certains de ces noyaux sont susceptibles, à terme, de s’en prendre aux personnes, et, entre autres, aux hauts fonctionnaires et aux grands patrons, la capacité de nuisance financière de cette mouvance et ses capacité de « blocage » (un des principaux axe théoriques autour desquels s’organisent les actes de sabotages et les émeutes)  sont d’ores et déjà très réels.

 

 Pour tout renseignement complémentaire: esisc@esisc.org

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